Conservation work performed with funds from the 1993/94 NEW YORK STATE CONSERVATION/PRESERVATION DISCRETIONARY GRANT PROGRAM FLORE PITTORESQUE ET MEDICALE DES ANTILLES. 3 L %-,? IMPRIMERIE DE J. TASTU* BUE DE YAUGIRARD , N 36, FLOU PITODMS ET MDICALE DES ANTILLES. NEUVIME CLASSE. DES VEGETAUX QUI AGISSENT SPCIALEMENT SUR LES PROPRIETES VITALES DU SYSTEME DE LA CIRCULATION, POUR MODRER L^EXCES DE LA CHALEUR ANIMALE, OU PLANTES DITES RAFRACHISSANTES', SAVOIR! i. Rafrachissantes aqueuses ou dlayantes. 2. Rafrachissantes mulsives ou temprantes. 3. Rafrachissantes acides. SOMMAIRE. .Les fonctions de la chaleur dans le corps vivant , a dit Alibert, sont subordonnes la sensibilit et l'irrita- bilit de nos organes. On pense gnralement , avec Farcliitre , que les forces vitales de l'organe pulmo- naire absorbent le calorique ambiant pour l'appliquer l'entretien du corps ; que les autres parties vivantes n'o- prent ensuite que comme des instrumens secondaires ; que toutes les tempratures particulires des organes drivent du poumon , comme toutes les sensibilits par- ticulires de ces mmes organes drivent du cerveau. Tome V. 77 e Livraison. 1 (a ) C'est ainsi que les divers systmes de l'conomie phi sique participent l'acte de la digestion . quoique cet acte se passe particulirement dans l'estomac et le conduit intestinal ( Alibcrt, Nuiiv. lm. de Thrap. , loin. 1 , pag. 637). D'aprs cet expos , voyons quelle peut tre l'action des rafrachi s san s sur notre conomie, lorsqu'il y a cx- cs de calorique. La circulation augmentant de vitesse par une temprature plus leve que celle habituelle , il s'ensuit de-l que les substances capables de modrer la trop grande activit des fonctions vitales, diminuent d'une manire sensible la chaleur incommode et exces- sive que nous prouvons, soit dans un tat maladif , soit sous l'influence d'une temprature plus leve que celle ordinaire. Les rafrachissans ont pour action celle d'affaiblir les causes qui ont produit l'exaltation du calorique \ mais , comme l'observe Grimaud , il doit y avoir autant de re- mdes de ce genre qu'il y a de causes capables d'aug- menter vicieusement la temprature du corps humain. Par exemple, dans les derniers temps de la phthisie pulmonaire , o une chaleur halitueuse se dclare, et o les sueurs sont excessives , non point par exaltation des forces vitales , mais par dbilit de l'organe prt cesser ses fonctions , les rafrachissans , contraires en pareil cas, sont remplacs avantageusement par les toniques \ tan- dis que les sdatifs, par un moyen oppos, temprent l'exaltation de certaines fivres aigus. Un excs de calorique survenu dans les maladies n- cessite l'emploi des rafrachissans , pourvu nanmoins que l'irritabilit ne soit point trop dveloppe , car dans ce cas certains rafrachissans deviendraient excitans par (3) leurs proprits toniques et astringentes. Ils convien- nent dans les fivres bilieuses pour favoriser des djec- tions supprimes par l'atonie intestinale. On y a recours aussi dans certains cas de fivres adynamiques , comme anti-septiques , et propres ranimer la vitalit languis- sante. Cependant il ne faut pas toujours prendre la soif ardente des malades pour ncessit -de leur administrer des boissons rafrachissantes , qui , dans quelques cas , pourraient causer de graves inconvniens. Certains m- decins ont observ qu'on s'opposait souvent aux efforts de la nature en gorgeant les malades de rafrachissans qui empchaient des crises salutaires. Les rafrachissans tant, ou dlayans , ou acides, ou mulsifs , c'est au mdecin en juger et prescrire l'ap- plication. Tous ces agens ont la facult d'teindre la trop grande chaleur du corps ; de calmer l'effervescence des humeurs et l'rthisme des fibres. On les emploie pour apaiser la soif, et dans les grandes chaleurs , comme moyens prophylactiques des maladies bilieuses ; dans toutes les fivres aigus qui ne sont point inflam- matoires , telles que les fivres bilieuses , ataxiques et adynamiques. Ils suffisent seuls dans les affections gastriques peu intenses, et accompagnes de perte d'applit et de pl- nitude *, les rafrachissans conviennent aussi dans le scor- but, en paississant le sang presque dissous ; contre les vomissemens spasmodiques et certaines affections ner- veuses. i* (4) ^^^v^vv\^vv/v\^VVV\v\x\vv^rt^^Av\^^\^vv>/v\^vv\"v\^,vv^^x\v\^vvvvv\v^^lvv>v^'vvvvv\\vvvv\ COUPtGE pastque. (Rafrachissante aqueuse.) Synonymie. Vulg. Melon d'eau, Pastque. Cucurbita an- guria. Duch. Cucurbita cilrullus. Lin., Moncie syn- gnsie ; Tournef. , Campaniformes ; Jussieu, famille des Cucurbitaces. Anguria citrullus dicta. Bauh. Pin. 3i2. Tourn. icG." Citrullus folio colocynthidis secto ; semine ni- gro. J. B. 2 , p. 235. Anguria indica.Rumpb. Amboine 5, p. 4oo , t. i^.6 , f. . Anguria. Dod. Pempt. 664* Citrul- lus ofFioinarum. Lob. ic. 640. Jac seu anguria. Pis. Bras. 263. Melopepo fol lis fimbriats, fructu viridi, in- ts rubente. Poup.-Desp. Patheca. Caractres gnriques. Genre dplante monoptale , de la famille des Cucurbitaces , ayant beaucoup de rap- ports avec les concombres , dont il est distingu par les semences garnies d'un rebord particulier, et comprenant des herbes rampantes munies de vrilles , feuilles alter- nes , fleurs axillaires et fruits charnus et sueculens. Fleurs mono ou dioques, rarement hermaphrodites 5 calice quinqufide ; corolle monoptale, trois lobes, faisant corps avec le calice intrieur , trois ou cinq ta- mines \ anthres ordinairement tortueuses, parfois adh- rentes -, un style plusieurs stigmates-, ovaire infre; une baie polysperme. Caractres particuliers \ Fleurs monoques. Dans /y. s* > T'Arvf/or*' /^ww//V//v /'tfi.v . /Twv \fczeZp rOT'ftGE PASTOTK. ( 5) les mles, calice cinq dents subues } corolle cinq dcoupures veines \ cinq tamines , dont quatre deux deux, la cinquime libre, oeuvrant une cavit au cen- tre de la fleur. Dans les femelles , calice et corolle idem; trois styles trifides \ une pomme trois ou cinq loges polyspermes \ graines planes, ovodes, entoures d'un rebord saillant. Feuilles dcoupes profondment. Histoire naturelle. Le mot courge, du latin cucur- bitus , vase, a t donn ce genre , cause de la forme de ses fruits, dont plusieurs servent en cette qualit pour les besoins journaliers des beureux babitans de l'Amrique. La plupart des plantes de ce genre sont em- ployes pour la nourri tture et autres usages domestiques. C'est parmi elles que se trouvent es plus gros fruits connus , dont les tiges sont rampantes et rappellent la fable charmante du on La Fontaine. Les Courges en Europe sont annuelles, mais eles deviennent annuelles persistantes sous le climat de la sone torride , leur pa- trie. Les Pastques diffrent des Ppons par plusieurs caractres *, leur feuillage , galement dcoup , est plus cassant, et leur direction plus verticale-, la peau plus fine et mouchete de tacbes toiles <, tandis que dans les Ppons les tacbes sont paralllogrammes. Les graines dans les Pastques sont d'une couleur p!us fonce que la pulpe \ c'est le contraire dans les Ppons. Cette pulpe colore est si juteuse dans les Pastques, qu'on peut les sucer et vider comme un coco par une simple ouverture faite la peau. La fleur est aussi moins vase et moins jaune dans la Pastque que dans le Ppon. Il y a une espce de Pastque chair ferme qu'on cultive en France dans la Charente , et qu'on y appelle improprement (G) Concombre, parce qu'o ne peut la manger qu'aprs l'avoir fricasse. Dans le dpartement de l'Hrault et au- tres circonvoisins , on appelle Pastque celle espce chair Arme, et Melon d'eau la vraie Pastque chair succulente. Le nom brsilien Jac, d'aprs Margrave, annonce que cctle plante y a cl apporte par les Portugais. Prospcr Alpin en a vu en Egypte d'une telle grosseur, qu'un seul fruit faisait la charge d'un homme , et trois ou quatre celle d'un chameau. On obtient en Europe d'assez bonnes Pastques , en semant de trs-bonne heure et repiquant ensuite le plant sur couche sourde, la meilleure exposition. l faut hter la maturit du fruit, afin d'en jouir dans les grandes chaleurs. On taille cette Courge commo les melons , et lorsque les pieds sont gar- nis d'une suffisante quantit rie bras , on les laisse cou- rir en libert, sans arrter ni supprimer aucun des fruits qui y nouent. On les arrose comme les melons. On vend aux marchs des Antilles les melons d'eau par ca- brouets , c'est--dire qu'on en remplit des voitures. Il en est de mme la Espagne , en Italie et dans plusieurs de nos d artemens du Midi. Caractres physiques. La Pastque , ainsi que la Ci- trouille, a une tige trs-allonge , tranante et couvrant un grand espace. Elle est rude ausci bien que ses feuilles vertes en dessus et blanchtres en dessous , profond- ment dcoupes , fermes, cassantes, et dont la direction est plus verticale que dans les Pepons. La fleur a la co- rolle moins vase que celle des calebasses , moins grande , moins campa nule , et plus profondment d- coupe que dans les Ppons. Elle est aussi d'un jaune (7) moins fonc. Le fruit, de la grosseur d'un foit melon, est oblong , ferme, marqu d'un ombilic, et d'appa- rences de ctes, par des raies lgamment festonnes et de couleur vert-pomme et vert trs-fonc. La peau est lisse verte et marbre de jaune. On s'assure de sa ma- turit en le frappant avec le doigt. S'il sonne creux , on le cueille. La pulpe en est blanche, verdtre , ou d'un rose tendre, et comme glace, suivant les varits. Les graines galement sont jaunes ou brunes-violettes , ou noires, mais toujours garnies d'un bourrelet. La saveur de la pulpe est sucre *, mais elle a une odeur fade de concombre qui ne plat pas tout le monde : cependant elle est parfume aux Antilles et dans les autres pays chauds , parce que cette pulpe se rsolvant en eau , elle rafrachit la bouche. Quelle surprise agrable pour un chasseur altr, que la rencontre d'un pied de melon d'eau ! Rien , non rien ne peut galer le plaisir qu'on prouve en savourant lo::^s traits cette pulpe suc- culente et rafrachissante ! Analyse chimique. La pulpe de la Pastque fournit une substance aqueuse que noircit le sulfate de fer. Ce mme suc passe facilement la fermentation , parce qu'il contient une portion considrable de suc. Les grai- nes contiennent un mucilage trs-abondant , trs-propre composer des mulsions. Proprits mdicinales. Le suc aqueux des melons d'eau n'incommode pas -, il est temprant , dsaltrant et rafrachit beaucoup. On le permet dans certaines ma- ladies aigus. Il est d'un grand secours pour calmer l'ardeur des fivres } on permet au malade d'en sucer la (8) pulpe , et ou s'en sert dans les lavemcns. La graine , comme je viens de le dire, sert faire des mulsions. On compose aussi avec les feuilles de Pastque un cata- plasme qu'on doit recommander dans les inflammations de l'abdomen ; on lui associe ordinairement le Pourpier des Savanes et de l'Oxicrat. Ce cataplasme s'applique chaud sur le ventre. Mode d'administration. La quantit de graines pour une mulsion est de douze. Le suc aqueux et les feuilles se prescrivent d'aprs l'tat prsent du malade. EXPLICATION DE LA FLANCHE TROIS CENT CINQ. Le dessin est rduit au quart. \ /Y. ;:, ><>,> '/.'ic't/f/'c />tvt-i>ti/Vi/\ /Y//,v /'{'rrr tJa//l> . i.A'ITITE DE CANAB.A (9) *^VVVVV-VV\^*%W'\*A->AAVV. ( "3) ^^ VVIVVYVV* 4M VVVVY^ VVVVVX %\* V\A^I\AW\ WVVVt ^MJWt WV^ AMARANTHE OLRACE. {Rafrachissante aqueuse. ) Synonymie. Vulg. Epinards marrons , Brdes calalou. Araa ranthus oleraceus. Lin., Moncie pentandrie. Tournef. , Rosaces. Juss. , famille des Amaranthaces. Amaranthus glomeribus triandris pentandrisque, foliis ovatis, obtusissi- mis, emarginatis , rugosis. Lin. Mill. Dict. , n i5. Bli- tum album majus. Bauhin, Pin. 118. Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs incompltes, ayant du rapport avec les Passe-velours, et qui comprend des espces herbaces dout les fleurs sont monoques , fort petites , nombreuses , et colores plus ou moins fortement , mais dont la teinte est triste et peu vive. Etamines sous le pistil. Calice ordinaire- ment color, dcoup profondment en plusieurs par- ties , et souvent accompagn d'caills la base ; etamines dfinies-, un style, un stigmate 5 capsule polysperme, s'ouvrant circulairement ou perpendiculairement en plu- sieurs valves , ou se dchirant. Caractres particuliers. Feuilles alternes , nues. Fleurs monoques. Fleurs mles : calice trois ou cinq divisions profondes, persistantes, aigus \ trois ou cinq etamines. Fleurs femelles mles avec les mles : calice ( *4 ) idem; trois styles simples: capsule membraneuse, s'ou- vrant circulai renient ou se dchirant, unloculaire *, une graine lisse, lenticulaire. Glomrations triandriques et pentandriques \ feuilles ovales, trs-obtuses , margi- nes, rides. (Annuelle.) IIistoiue naturelle. Le mot y marantlie est d- riv des deux mots grecs at/apucrerw , je brille, et de avGo;, fleur. Cette plante, utile et comestible, est trs- commune aux les Antilles. On la rencontre par- tout. Les habitans en mangent les feuilles assaisonnes comme celles des pinards de France , auxquels cette plante ressemble assez par son port. On la fait entrer dans le fameux ragot crole nomm clalou, en lui associant des bourgeons de giraumon , du pourpier, du gombo , de la morelle laman , une volaille , un morceau de jambon , des crabes , des crevisses , et surtout beau- coup de piment. Toutes les espces d'Amaranthes , en Europe , se sment sur couche en juin , et demandent tre garan- ties de la gele dans les premiers temps de leur crois- sance. Lorsqu'elles ont acquis trois ou quatre paires de feuilles , on peut les transplanter demeure. Un lger arrosement leur est ncessaire cette poque pendant quelques jours, et il faut avoir soin de les garantir de la trop grande ardeur du soleil, jusqu' ce qu'elles soient bien reprises. Elles n'ont plus besoin ensuite des secours du jardinier. Les Amarantlies plantes dans des pots , et dont on a coup la tige pendant l't, donnent des fleurs sur la chemine pendant presque tout l'hiver. Suivant Mordant Delaunai, Amaranthe vient du"grec amarantus , compos de a privatif et du verbe maraino , ( '5 ) je me fltris , parce que les fleurs se conservent long- temps. C'est donc tort, dit-il, qu'on a introduit la lettre h dans ce mot. Caractres physiques. La tige de cette Amarantlie est paisse, haute de quatre cinq pieds, et garnie de feuilles d'un vert ple, comme celles de la bette ou poire qu'elles remplacent pour l'usage mdical. Ces feuilles sont en gnral d'une forme allonge , et sem- blent rides par reflet de leurs nervures. Les infrieures sont ovales, trs-obtuses et cliancres , et les autres se terminent par une pointe mousse et fort courte. Les fleurs sont verdtres , la plupart triandriques , quelques- unes nanmoins pentandriques , et sont disposes au sommet de la plante , ainsi que dans ses aisselles sup- rieures , en plusieurs pis un peu grles. Les derniers de ces pis forment une espce de panicule terminale, compose d'pis latraux, sessiles , et sur deux rangs opposs , et d'un seul pi qui termine cette panicule. Analyse chimique. Toute la plante contient beaucoup d'eau , un principe lgrement amer, et une fcule verte un peu doucetre. Proprits mdicinales. Les feuilles remplacent celles de la bette d'Europe pour le pansement des vsi- catoires , de certaines plaies , et de plusieurs affections cutanes. On les emploie aussi dans les lavemens moi- liens et dans les bouillons rafrachissans. On compose une boisson rafrachissante et temprante avec la chico- re blanche du pays {Lactuca canadensis) , les pinards marrons (Amaranthus oleraceus) , et le laman ( Solanum ( '6) nigrwn). On peut ajouter, si l'on veut, et dans le cas dune soif excessive des malades , quelques gousses de tamarin , ou quelques feuilles d'oseille de Guine (Hibiscus sabdariffa) , ou bien encore du jus d'orange amre. Cette tisane est trs-utile dans les maladies in- flammatoires, et o il faut lcher le ventre, adoucir la toux , et les matires visqueuses qui tapissent les mem- branes muqueuses. On croit la simple dcoction de l'Amarantlie olrace , propre augmenter la scrtion du lait des nourrices. Les feuilles de l'Amarantlie pro- curent d'excellens cataplasmes molliens. Mode d'administration. La dose pour les dcoctions est d'une poigne par pinte d'eau. L'eau distille de cette plante , qu'on vante bnvolement, n'a pas plus de pro- prits que l'eau claire. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SEPT. Demi-grandeur. 1. Fleur mle. 2. Etamine. 3. Fleur femelle. 4- Graine ouverte. 7 % muinr r JJIr^riifs-///\ /'//ur /'r/,f Ja<&>, ASOKKLi.*: i,A^A.v ( >7 ) *\>v\vv>^v^vv\vv^\'^ , ^vvv\'vv\vv^vv\'v/^'vv^vv>vv^^v>^^^vv\ v\-> MORELLE LA M AN. ( Rafrachissante aqueuse. ) Synonymie. Vulg. Laman mouzambai. Solanum ngrum. Lin. , Pentandriemonogynie. Tourn. , Infundibuliformes. Juss. , famille des Solanes. Solanum caule inermi , herbaceo , foliis ovatis, dentatis; umbellis simplicibus , mi- tantibus ; fructu nigro. Lam, 111. Gen., n 233j. Sola- num officinarum. Bauhin. Pin. 166. Solanum solani hor- tensis et facie , baccis nigris. Plumier. En carabe , Oa- leoumel , Aquaraquya. En anglais , Blacknfghtshede. En espagnol, Hierba mora. En portugais, Hervamoura. Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs monoptales, diffrant i des belladones par leur corolle en roue et leurs anthres rapproches 5 2 des pimens, en ce que ceux-ci ont leur baie coriace et sche*, 3 et des coquerets, parce que dans ces derniers la baie est renfer- me dans un calice renfl. Herbes ou sous-arbrisseaux feuilles simples , gmines ou ailes avec une impaire*, les fleurs en forme de cloche , et pour fruit une baie. Il y a des espces avec piquans , et d'autres sans piquans Le caractre essentiel est d'avoir une corolle en roue ; les anthres souvent runies , s'ouvrant au sommet par deux trous, et pour fruit une baie deux loges. Tome V. 77 Livraison. 2 ( 8 ) Caractres particuliers. Calice cinq divisions; co- rolle cinq lobes pointus; cinq ctamincs et anthres conniventes, s'ouvrant au sommet par deux pores ; un stigmate simple; une baie deux loges polyspermes, entoure la base par le calice persistant ; graines gla- bres. Tige sans pines, herbace,* feuilles ovales, den- tes , anguleuses ; grappes distiques , penches. ( An- nuelle.) Histoire naturelle. Cette Morelle , qu'on regarde comme suspecte en Europe, est employe journellement aux Colonies comme aliment , et Ton n'a jamais eu s'en repentir. On la rencontre partout dans les lieux incul- tes , sur le bord des chemins, dans les halliers ; mais elle se plat particulirement dans les endroits cultivs. Le nom de Morelle lui a t donn cause de son fruit noir, et le nom latin solanum vient de solari, calmer, comme pour indiquer sa vertu anodine et stupfiante. Les anciens employaient la Morelle comme plante culi- naire ; les Indiens et les habitans de l'Amrique , et mme certains Europens la mangent bouillie en guise d'pinards, ou en salade, ou en marinade. A Saint- Domingue, o elle est trs -commune , ainsi que dans toutes les Antilles, on la mange en calalou, et les Croles vivant Paris , dit Turpin , qui l'ont retrouve en France , la recherchent et en mangent sans en tre incommods. Caractres physiques. La tige de cette Morelle s'- lve la hauteur d'un ou deux pieds \ elle est herbace , anguleuse , et pousse de toutes parts des branches lon- gues et tales. Ses feuilles sont quelquefois solitaires , ( '9) plus souvent deux deux, l'une ct de l'autre. Elles sont molles , ovales , pointues , dentes , anguleuses , vertes et presque glabres , un peu dcurrentes sur leur ptiole. Les fleurs sont places le long des tiges, en ombelles simples et pendantes. La corolle est blanchtre, petite , d'une seule pice, divise en cinq segmens poin- tus, ouverts en rosette, assez souvent rabattus en dehors. Les tamines sont de mme longueur que le pistil. Le fruit est une baie noire , ronde , luisante, mar- que d'un point au sommet. Analyse chimique. La Morelle exhale une odeur nausabonde qui annonce sa vertu narcotique que cor- rigent probablement la cuisson et les condimens qui servent l'assaisonner. Sa saveur est fade et herbace. Il parait que ses vertus actives sont dues la matire amre et vireuse , soluble dans l'alcool , et donnant de l'ammoniaque par son incinration. M. Desfosses, phar- macien Besanon (Jouni. de Pharmacie , aot 1820), a dcouvert l'existence d'une nouvelle base alcaline vg- tale dans les baies de la Morelle. Cette base se prsente sous une forme un peu nacre, peu prs semblable celle de l'acide urique ; la proprit qu'elle possde de ramener au bleu le papier de tournesol, rougi par les acides, sa solubilit dans l'alcool, sa combinaison avec les acides, et sa dcomposition par le feu, doivent la faire ranger dans la classe des nouvelles bases alcalines organiques. Le nom qui parat lui convenir est celui de Solane. Proprits mdicinales. La Morelle laman donne en substance, et suc rapproch, possde une vertu sda- ( ? ) tive el narcotique. C'esl pourquoi on l'emploie avec suc- cs dans les cardialgies , les tranches cl les sensations douloureuses des ulcres rongeans , cancers en suppura- tion, les brlures profondes, et certaines dartres ron- geantes. Applique en cataplasme sur l'abdomen, elle calme l'irritation des voies ui inaires , fait cesser l'ischu- rie et les douleurs nphrtiques. Elle provoque une transpiration insensible. En fomentation, cubain, en cataplasmes, on l'applique sur les panaris, les furon- cles , les phlegmons douloureux , les chancres vnriens, et les hmorrodes dont elle prvient ou calme l'exces- sive douleur. Poupe -Desportes la fait entrer dans les bouillons rafrachi s sans. Mode d'administration. La Morelle sche en poudre se donne progressivement depuis deux grains jusqu' dix. On peut porter jusqu' la dose de deux onces la feuille rcente pour deux livres d'infusion ; le suc la dose d'une once -, l'extrait celle de deux gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT HUIT. La plante est au tiers de sa grandeur naturelle. /y. 3oo / />f4t/orv /)ejiwtfft/\ /V/i.r C S S JK LIA IV K A E A I r ( 2. ) W\ V\ VWW\W\W'W\ WVW W 'Vlw^WMVX VW WVW VWWWMW w wwvtwwwvwwtw ACHIT DES CHASSEURS. (Rafrachissante aqueuse.) Stnontmik. Vulg. Liane eau, Liane chasseurs. Cissus Yenatorum. D. Cissus magnus repens cordifolia. Lin., T- trandrie monogynie. Tourn. , Rosaces. Juss., famille des Vignes. Vitis folio subrotundo, uv corjmbos, cae- rule. Plumier. G. 18, icon. 25o, , f. 3. Vitis vinifera folio non dissecto, seu vitis abutili- folio, acinis atropurpu- reis. PI. , tom. 2 , pi. i re . * Caractres gnriques. Genre de plantes ayant du rapport avec celui des \ igns, et qui renferme des her- bes vivaces et des arbrisseaux sarmenteux et grimpans , munis de vrilles \ calice quatre ou cinq dents \ corolle de quatre ou cinq ptales; autant d'tamines ; un style ou stigmate ; une baie mono ou polysperme. Tiges li- gneuses, sarmentes \ feuilles alternes \ vrilles opposes aux feuilles. Caractres particuliek.s. Calice quatre dents } corolle de quatre ptales libres , tals , caducs } quatre tami- neS; un style nul , un stigmate , une baie deux loges , contenant de une quatre graines. Histoire naturelle. On donne aux Antilles et la Tome V. 78 e Livraison. 3 ( ' ) Guiane le nom fibres en rayons finissant la circonfrence de chaque division. Les fibres radiaires paraissent de substance mdullaire , toute semblable celle qui occupe le centre de la Liane. Elles sont rougetres, tannes. La substance des rservoirs est. blanche, transparente , spongieuse, et comme gommeuse quand la Liane est sche. Le corps de la Liane et ce qui est dans l'intervalle des rayons, ne sont que des faisceaux fibres longitudinales , spares , et comme cribles de pores aussi longitudinaux , comme la substance du jonc, et qui donnent coulement une eau prcieuse dans les champs desschs de la zone torride. Les feuilles sont alternes et sortent une une de chaque articulation. Elles sont d'un rouge pourpre en naissant, un peu rudes et sches au toucher, d'un vert fonc en dessus , blanchtre en dessous , et un peu lisses j de forme elliptique , et se terminant en pointe. Elles sont denteles sur les bords, de distance en distance , et chaque dentelure est garnie d'une petite pointe flexible. J'ai trouv , continue Plumier, de ces feuilles qui avaient un pied de longueur sur six pouces de largeur. Elles taient portes par des ptioles de huit dix lignes de long , charnues , flexibles , arrondies en dessus et en dessous, bordes de chaque ct d'une prolongation de la feuille. La grande cte et les nervures latrales sont jauntres , arrondies en dessus et en dessous. Chaque nervure va aboutir une pointe de la dentelure. Elles ont une odeur et un got herbac. Les fleurs sont disposes en corymbe, et remplaces par des baies rougetres , presque py ri formes , charges d'une pointe leur sommet, et monospermes. Cette Liane fleurit en avril , septembre et octobre. 3* ( *4 ) Analyse chimique* Cette plante contient un suc aqueux doucetre, et la pulpe des baies un principe mucoso- sucr. Proprits mdicinales. On donne l'eau de cette Liane pour apaiser la soif des fivreux qui s'en trouvent sou- lags. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT NEUF. i. Feuille demi-grandeur naturelle. /y :ho. 'Vlfitr/o/'p /)i;i'i-iirtr/i7x / ; /;/.r . /'('/<' f t /JW> V3^K C0T0NEUSJ2 (5 ) ^A.^/vv'VVv\\vv\\'V\'\\'V^(VV^\^vv'v^|^^^\\'l\\'V'^A^\\^\^.>4\^vv^'WAA,^\v^'\^^vvv\1'^\vvwv\^.v^.^v\\lVv VIGNE COTONNEUSE. ( Rafrachissante aqueuse. ) Synonymie. Vulg. Vitis labrusca. Lin., Pentandrie monogv- nie. Tourn. , Rosaces. Juss. , famille des Vignes. Vitis foliis cordatis , subtrilobis , dentatis, subts tomentosis. Lin. , Spec. Plant. , vol. 2 , p. 298. Vitis fructu minore, rubro , acerbo. Sloan. Jam. hist. 2, tab. 210, fig. [\. Vitis labrusca , foliis amplissimis , lato cordatis , sublobato- angulatis , subts incano-tomentosis ; racemis fertilibus, parvulis ; baccis majoribus. Mich. Flor. Boral. Amer. , vol. 2 , p. 23o. Vitis hederae-folio serrato. Plum. Spec. 16 et icon. 269 , f . 1. En espagnol , fid. En portugais, Videira. En anglais , Vine. Caractres gnriques. Genre de plantes dicotyl- dones , fleurs compltes, polyptales, de la famille des Vignes , qui a des rapports avec les Cissus , et qui comprend des arbres ou arbustes exotiques l'Europe, feuilles simples ou ternes , ou digites, ou ailes ; les fleurs disposes en grappes 5 des vrilles munies de fleurs dans certains individus , et dans d'autres espces de p- doncules striles. Le caractre essentiel est d'avoir un calice fort petit , cinq ptales adlirens par leur som- met, cinq tamines , un stigmate sessile, une baie deux loges, deux trois semences dans chaque loge ; ( 6 ) ('.ai. m m RBfl PBTici i 1 1 m. Ptales cohrens par Le som- met, fltris 5 baie cinq spermes, suprieure. I euilles cordiformes, comme trilobes, dentes eu scie, velues ii dessous. ( \ ivace. ) Histoire naturelle. Les chasseurs rencontrent avec joie dans les forts vierges du N ou veau-Monde la Vigne cotonneuse qui leur offre de petites baies dont le suc , lg< icmciii acide, est bien capable d'tancher la soif ar- dente que cause l'ardeur du climat. Si les fruits sont i echerchs par les hommes , le feuillage en est prompte- nient dvor par les chvres sauvages ( cabrits marrons) qui en sont trs-friandes : Errantes on les voit l'ombre se cacher, Dans les arides creux que forme le rocher; Faire l'herbe naissante une aveugle morsure , De la vigne sauvage outrager la verdure. ( Le comte de Valori. ) Caractres physiques. Le duvet cotonneux, blan- chtre et permanent, qui revt la surface infrieure des feuilles de cette plante, en forme le principal caractre. Ses tiges sont sarmenteuses, grimpantes } ses rameaux grles , les ramifications pubescentes , stries *, les feuilles alternes , ptioles , amples , ovales , en coeur : Tchan- crure de la base serre et profonde ; leur contour entier, ou plus souvent divis en trois lobes peu marqus , peine anguleux, denticuls leurs bords; la surface suprieure lisse, d'un vert tendre ; l'infrieure couverte d'un duvet blanc pais -, les nervures du dessous des ( *1 ) feuilles jauntres ; les veines rticules \ les ptioles velus. Les fleurs sont dioques, d'aprs l'observation de Mi- chaux ( car on rencontre la Vigne cotonneuse galement dans l'Amrique septentrionale). Ces fleurs sont fort pe- tites^ verdtres, disposes en grappes courtes , latrales, opposes aux feuilles, ainsi que les vrilles; les pdon- cules velus 5 les pdicelles presque glabres , au moins aussi longs que les fleurs *, les ovaires glabres , ovales ; un style court, un stigmate capit *, les fruits assez gros. On trouve encore aux Antilles, i le Becone des Carabes ( Grenadins) , vitis hecier- folio serrato acinis nigrisj i le vitis folio subrotundo, uv corymbos cru- le (Saint-Domingue)*, le vitis foliis cyclamini uv co- rymbos acinis nigricantibus j 3 le vitis trifolia major, uv corymbos , acinis minoribus rotundis (Martinique) ; 4 et le vitis trifolia minor, uv corymbos , acinis ma- joribus herbinatis. Analyse chimique. La sve limpide de cette Vigne offre un liquide aqueux trs-abondant , transparent, sans odeur ni saveur. Elle contient, ainsi que M. Deyeux l'a observ dans la Vigne cultive en Europe , une matire vgto - animale qui y est dissoute par de l'acide ac- tique et de l'actate de chaux. La racine produit une espce d'huile d'une saveur sucre , acre et pntrante , et d'une odeur suave. Proprits mdicinales. Les empiriques et les com- mres vantent avec enthousiasme la sve de la Vigne cotonneuse contre les ophtalmies*, mais ses parties cons- tituantes servent prouver qu'elle n'a pas plus de vertu ( ** ) crue l'eau pure. Les Jndiens et les babitans de l'Am- rique recommandent pourtant des cataplasmes des feuil- les dans la podagre, et la dcoction des mmes feuilles et des fruits contre les fivres inflammatoires; ils l'admi- nistrent aussi en lavemens dans les phlegmasies des membranes muqueuses de l'abdomen. Les Malabarois, au rapport de Rhede , emploient in- trieurement et extrieurement le suc des fruits contre l'ictre des yeux. Ils font l'application de sa racine bouillie dans du lait sur les aposthmes, les pustules malignes (charbons). Ils composent avec le suc des ra- cines et le sucre un oleo-saccliarum qui est cathartique et hydragogue. Mode d'administration. La dose de Poleo-saccharum est d'une deux onces. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT DIX. La plante est rduite moiti de grandeur, i. Fleur demi-grandeur naturelle. /y. ./// . 7'/tet*W\ WMW*'V\'MVV\'VV\IWV'\AAIV\A'W>V\>\\< \\I\MVMV\> V\VV\\\> VWV\-\>\VV\VVV*\V\\V<\\>'VVMW\\.\>V.VV>A'*V\ VWVVVWIW PHYTOLACCA A DIX ETAM1NES. ( Rafrachissante aqueuse. ) Synonymie. Vulg. Raisin d'Amrique, ou Laque; Morelle grappes; grande Morelle des Indes, ou Vermillon-plante; Herbe de la Laque , ou Mcboacau du Canada. Sola- num racemosum indicum.H.R. P. Solanum magnum vir- ginianumrubrum. Park. tbeat.347 Phytolaccadecandra. Lin., Dcandrie dcagjnie. Tournef. , Rosaces. Juss., famille des Arrocbes. Phytolacca floribus decandris, decagynis. Lin. , Spec. Plant. , vol. 1 , p. 6 3 1 . Caractres gneioues. Genre de plantes fleurs incompltes, de la famille des Arroches , comprenant des sous-arbrisseaux ou herbes dont les fleurs sont dis- poses en pis opposs aux feuilles \ rarement axillaires^ les feuilles entires , souvent calleuses leur sommet. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir un calice color, persistant, cinq divisions*, point de corolle-, une baie suprieure, orbiculaire, plusieurs sillons, /y. 312 . JIYTOJLACCA \ Dl% KTAMIJVKS. ( 33) plusieurs loges, contenant chacune une semence. Feuilles non engainantes. Caractres particuliers. Calice color, cinq divi- sions ouvertes, arrondies-, dix tamines, dix styles; autant de stigmates; baie orbiculaire, comprime en dessus, sillonne dans son contour, divise en huit ou dix loges monospermes. Feuilles termines par une pointe calleuse. Histoire naturelle. Le mot Phjrtolacca donn par Linn cette plante , drive de utov , plante , et de lacca, laque, ce qui veut dire plante rouge comme la laque , et en effet toutes les espces de ce genre ont une teinte rouge. Leurs feuilles deviennent de cette couleur sur l'arrire-saison , aussi bien que leurs fruits, alors pleins d'un suc rouge comme la laque , et que les tein- turiers peuvent fixer jusqu' un certain point au moyen du sulfate d'alumine et de l'ammoniaque liquide. On la cultive en Europe. Cette plante ne peut pas y tre mise dans un parterre, cause de son volume. On la place dans un coin de jardin, au grand soleil , dans une bonne terre un peu lgre , o elle produit un fort bel effet, Ses tiges mourant en automne, il faut couvrir de paille , dit Mordant-Delaunay, l'endroit o restent les racines lorsque les geles se font sentir. Tout terrain lui con- vient. On la multiplie de semences, plutt que de pieds clats : cependant , ce mode de propagation , employ avec prcaution et au printemps, russit assez bien. Cette plante est originaire de l'Amrique septentrio- nale, et se trouve particulirement en Virginie. Elle (34) croit aujourd'hui naturellement on Espagne , en Portu- gal , en Barbarie, et mme en France, dans un bois, prs de Tarbcs, dpartement des Hautes-Pyrnes 5 aux Antilles, dans les colonies de la Martinique, de la Gua- deloupe, de Saint-Domingue (Hati), etc. On mange, en guise d'pi nards , les sommits de Phytolacca , que les dames croles recherchent pour leurs calalous. Quel- ques fraudeurs colorent le vin avec ce suc, qui lui donne un got acerbe et dsagrable. Caractres physiques. Cette plante a de trs-fortes racines paisses , charnues , divises en plusieurs grosses fibres de mme nature , et qui s'enfoncent profondment en terre. Il s'en lve plusieurs tiges herbaces , trs- glabres , stries , hautes de six sept pieds , souvent de couleur purpurine , divises en rameaux dichotmes leur partie suprieure , garnis de feuilles simples , grandes, molles, alternes, ovales, aigus, trs-entires, un peu ondules leurs bords, termines par une pointe calleuse, longues de quatre cinq pouces sur environ un pouce et demi de largeur : leur ptiole n'a gure que deux trois lignes de long. Les fleurs sont petites, disposes en pis solitaires, sim- ples, longs d'environ six pouces, opposes aux feuilles, portes sur un pdoncule commun, fortement stri. Cha- cune d'elles a un calice color , d'un blanc jauntre ou de couleur pourpre, cinq divisions ovales, obtuses, recourbes en dedans leur sommet. Les tamines, au nombre de dix, sont ou de mme longueur, ou mme un peu plus longues que le calice. L'ovaire est sup- rieur, muni de deux stvles trs-courts. Le fruit consiste C 35 ) en une baie d'un noir bleutre , compose de dix douze loges releves en bosse, et disposes circulaire- ment , contenant des semences demi orbiculaires , et attaches un rceptacle central. Les pdoncules parti- culiers sont longs d'environ trois lignes, simples, pars, ouverts, munis leur base de petites bractes su- bules. Analyse chimique. Le suc propre de cette plante est d'un trs -beau pourpre*, il produit un extrait amer et astringent-, plus une partie colorante dont on retire une trs-belle laque. Je connais un fabricant de fleurs artifi- cielles , Paris , qui fait un secret de cette prparation, au moyen de laquelle il rivalise avec la nature pour le ros tendre et lger de la reine des fleurs. Proprits mdicinales. Le suc de la racine offre la mdecine un purgatif assez nergique. Cette plante , quoique trs-cre, est employe extrieurement dans les cataplasmes anodins. L'usage interne en est suspect, quoique plusieurs auteurs recommandent le suc de ses baies comme purgatif. Avant la dcouverte de l'applica- tion de la cigu dans le traitement des cancers et cer- taines maladies chroniques, on employait celui du Phv- lotacca qu'on appliquait sur ces ulcres ouverts, aprs l'avoir tendu sur des feuilles de la mme plante ; mais dans ces cas l'extrait de cigu est prfrable. Mode d'administration. Le suc des baies de Phvto- lacca purge la dose d'une once. ( 36 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT DOUZE. La plante est rduite moiti. 1. Fleur entire. 2. Etamines. 3. Fruit. 4. Graines. /y. 3j3. J&n&re D^r^ur/^ /'/y/.r Pres Seu/p . po~tkiikr DES BOIS (37) kv\ *> v*\^v\\\i\\**\\ POIVRIER A FEUILLES OBTUSES, ( Rafrachissante aqueuse. ) Synonymie. Vulg. Pourpier des bois, des savanes; Petite Queue de Lzard ; Qui Zanoli. Piper obtusifolium , foliis obovatis, enerviis. Lin., Diandrie Trigyne. Jussieu , fa- mille des Orties. Piper foliis obovatis, enerviis, subcar- nosis. Lam. , llustr. Gen. , pag. 81 , n 377. Saururus burailis, folio carnoso, subrotundo, Plum. Amer,, 53i , tab. 70. En anglais, Purstane; en portugais, Beldroega; en espagnol, Verdologa ; en carabe, Chibouloue. Caractres gnriques des Poivriers. Genre de plantes djcotyldones , fleurs incompltes , ayant du rapport avec les Orties. Il renferme des arbustes et des herbes, la plupart grimpa ns , dicliotomes , rameaux presque articuls. Les fleurs sont alternes, ou opposes aux feuilles, disposes en un chaton troit, allong. Le caractre essentiel de ce genre est d'avoir des fleurs ru- nies en un chaton filiforme 5 point de calice , ni de co- rolle -, deux anthres presque sessiles 5 une baie une seule semence. Caractres particuliers. Fleur en chaton; spadice filiforme , couvert de fleurs rarement environnes d'une Tom k V. 79* Livraison. 4 ( 38 ) spathe; calice ou corolle nuls- deux anthres la base do l'ovaire ; style nul } trois stigmates hispides ; une baie monosperme } feuilles ovales sans nervures. Histoire naturelle. Le nom latin piper drive d'un mot indien -, celui de saururus vient de deux mots grecs, cravata , lzard} oupa , queue j de la forme du chaton. Quoique ce Pourpier soit trs-commun, et qu'il o* offre l'il lien de remarquable, il n'en est pas moins re- cherch par les Croles pour mettre en salade et en ca- lalou. Le don d'une plante utile, a dit Bernardin de Saint-Pierre , me parat plus prcieux que la dcouverte d'une mine d'or, et un monument plus durable qu'une pyramide. On ne doit pas ddaigner de dcrire ce que la nature n'a pas ddaign de former. L'tude de la na- ture nous ddommage de celle des hommes ; elle nous fait voir partout l'intelligence de concert avec la bont divine. On peut appliquer ces loges ce Pourpier modeste , Saururus humilis , qu'on trouve communment dans toutes les plages sablonneuses. Caractres physiques. Cette plante pousse de ses ra- cines des tiges paisses , charnues , d'environ un pied de haut , rameuses , garnies de feuilles alternes , paisses , succulentes, ovales, obtuses, rtrcies leur base, longues d'environ deux pouces sur un de large, ner- vures peu apparentes, munies de quelques points trans- parens lorsqu'on les examine au soleil ; les ptioles sont courts et charnus. Les pis sont terminaux , presque solitaires , trs- droits, pdoncules, troits, cylindriques, obtus, longs (3 9 ) de deux trois pouces , de la grosseur d'un tuyau de plume d'oie. Ou rencontre le Poivrier feuilles obtuses, auquel on donne le nom de Pourpier des bois } parce qu'il a beaucoup de rapports avec le Piper portulacodes , dans toutes les forts des Antilles, sur les troncs d'arbres abattus et sur les rocbers mousseux. Jacquin a donn ces deux espces l'pithte obtusifoliam. x^nalyse chimique. Ce Poivrier fournit de l'eau en abondance, sans odeur et presque sans saveur, sinon une trs-lgre acidit mle du mucilage et un prin- cipe amer que dtruit la cuisson } il contient aussi un peu de nitrate de potasse. Proprits mdicinales. Le suc rcent de toute la plante est dou de proprits rafrachissantes, temp- rantes et laxatives \ c'est pourquoi on le prescrit dans tous les cas inflammatoires , surtout dans l'entrite , la nphrite , dans les affections bilieuses et les maladies des voies urinaires. On l'ordonne avec beaucoup d'avan- tages dans le scorbut, en raison de ses parties consti- tuantes. Poupe-Desportes faisait appliquer dans la dys- senterie , comme cataplasme rafrachissant et astrin- gent, deux poignes de ce Pourpier qu'on avait fait bouillir dans du vinaigre. Le docteur Chevalier, autre praticien Saint-Domingue, recommandait les feuilles de ce Poivrier en pi thme dans les cphalalgies : on le renouvelait d'heure en heure. Il assure que ce topique excite la transpiration de cette partie. Une mdication barbare , mais qui russit , est celle-ci : qu'un individu prouve aux colonies une suppression de transpiration , 4' ( 4 ) on emploie l'pithme cit, et on plonge le malade dans l'eau froide , aprs lui avoir donn l'intrieur quelques lasses d'infusion aromatique. Son usage , comme aliment, est trs-salutaire. i MonE d'administration. Le suc de Pourpier se donne depuis deux jusqu' quatre onces ; on peut l'aciduler avec le jus de citron et Tdulcorer convenablement. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT TREIZE, La plante est rduite moiti de sa grandeur. / /lemorr /)rj<'vu/-/i/\ / isuc . AMASA>*TK EPINEUSE ( 4> ) W\ W* VV* W\ \V V\A \.\y VV> VW VV* V\A VV\ W V\> VVIW VVWVIWX VV>W W\ W\%V*W\W\VWWtWv\^ AMARANTHE PINEUSE. ( Rafrachissante aqueuse . ) Synonymie. Vulg. Blette pineuse , pinards marrons pi- neux. Brde du Malabar. En carabe, Coety. Amaran- thus spinosus, racemis pentandris, cylindricis, erectis, axillis spinosis. Lin., Mill. Dict. , n. 10. Moncie Pentan- drie. Tournefort , Rosaces. Jussieu , famille des Ama- ranthes. Amaranthus indicus, spinosus , spic herbace ; Herm. Lugdb. 3i , tom. 33. Blitum spinosum , Rumph. Amb. 5, p. 234, t. 83, f. 1. Blitum amerieanum spi- nosum, Raj. Hist. , p. 199. Amaranthus aculeatus , Plumier. Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs in- compltes , de la famille du mme nom , ayant beaucoup de rapports avec les Passe-Velours et les Amaranthines , comprenant des plantes herbaces fleurs monoques, fort petites, nombreuses et colores plus ou moins for- tement, mais dont la teinte est triste et peu vive-,, ca- lice ordinairement color., dcoup profondment en plusieurs parties , et souvent accompagn d'caills Ja base 5 tamines dfinies -, un style : un stigmate 5 capsule ( 4 ) polysperme, s'ouvrant circulai rement ou perpendicu- lairement eu plusieurs valves , ou se dchirant. Caractri s particuliers. Fleurs monoques. Fleurs mles, calice trois ou cinq divisions profondes, per- sistantes, aigus-, trois ou cinq lamines. Fleurs fe- melles mles avec les mles -, calice, idem; trois styles simples ; capsule membraneuse, s'ouvrant circulairement ou se dchirant , uniloculaire } une graine lisse , lenticu- laire* Caractres nE l'espce. Grappes pentandriques, cy- lindriques, releves 5 aisselles pineuses. (Annuelle.) Histoire naturelle. Le uom Amaranlhe drive des deux mots grecs , apapovw, je brille, et avQo, fleur. Cette plante est recherche par les Croles pour leurs calalous-, on la mle aux bouillons rafrachissans, et on la mange en guise d'pinards. Caractres physiques. La tige de cette plante est haute de deux trois pieds, rameuse, lisse, un peu strie , verdatre , quelquefois lgrement teinte de rouge , feuille , et munie , l'insertion de chaque feuille, d'une couple d'pines stipulaires, longues de trois ou quatre lignes. Les feuilles sont ovales , mousses leur sommet , portes sur d'assez longs ptioles , vertes en dessus, et marques en dessous par des nervures blan- chtres assez apparentes. Ces feuilles sont fort petites , ou au moins d'une grandeur moyenne, relativement celles des autres espces. Les fleurs sont disposes en pis verdtres, droits, terminaux et axillaires. On re- ( 43 ) marque entre les fleurs des cailles en alne et spinu- liformes. On trouve Amboine , Ceylan, en Amrique et aux Antilles , une autre espce appele jmaranlhus in- dicus 9 spinosus, spic purpurescente , Tourn. , s36. Analyse chimique. L'Amaranthe pineuse agit sur les voies urinaires, et favorise la scrtion des urines par le nitrate de potasse qu'elle contient. Proprits mdicinales. L'Amaranthe pineuse jouit aux colonies dune certaine rputation-, on l'emploie, avec raison, comme humectante, rafrachissante et mol- liente; son suc, pris la dose de deux onces quatre, offre un doux laxatif et entretient la libert du ventre. Cette plante entre dans les lavemens qu'on administre aux femmes en couche et dans la suppression du flux menstruel par irritation de l'utrus. La dcoction de cette plante , dans laquelle on a teint un fer rouge , ou dans laquelle on a laiss sjourner de l'oxide de fer, de- vient apritive et emmnagogue. Mode d'administration. On donne le suc exprim de l'Amaranthe pineuse la dose de trois onces \ on l'- dulcore avec le sirop simple ou le sirop d'orgeat; on l'administre en dcoction , et jamais en infusion. explication de la planche trois cent quatorze. La plante est rduite de moiti. ( 44 ) **-W\^ V^'W .*> W VVV> \\ \\^ V \ \A< WV\* VV IWVM W\*WW\ VMWVV^W\V\A VVWVVW* W IN G A SUCKIN ( 45 ) nes , cinq paires de folioles; sans pines; ptiole mar- gin , articul. (\ ivace. ) Histoire naturelle. Le mot inga vient d'un mot in- dien qui signifie doux. Ce bel arbre touffu, l'espoir et l'abri du chasseur et du malheureux Sgre accabl de fatigue , aime ombrager les rivires *, ses racines sont submerges , tantt par des eaux claires ou limoneuses , tantt par celles de rivires ou plutt de ruisseaux, dont les eaux rares ou grossies coulent avec un grand bruit sur des rochers couverts de mousse, ou gazouillent en bouillonnant entre des cailloux de toutes les formes et de toutes les couleurs. Sous le ciel d'Hati, o de ses belles ondes L'Esterre baigne en paix des campagnes fcondes, on ne rencontre pas sans enthousiasme cette magnifique rivire dont le cours est tranquille et les eaux si lim- pides , qu'on y voit distinctement, une profondeur de quinze vingt pieds , des forts de plantes de cinq six pieds d'lvation et semblables des arbres ; on y suit de l'oeil divers poissons, des crustacs, des tortues, et des camans qni sont leur poursuite et se jouent entre ces plantes. C'est un spectacle ravissant. Quel dlicieux repos pour le naturaliste que les rives fleuries et boca- gres de ce fleuve , qui entretient autour de lui des mil- liers de plantes et de fleurs de toutes espces, de toutes couleurs, qui prennent toutes les formes et composent des guirlandes lgantes balances deux fois le jour par la brise du matin et celle du soir, qui embaument l'air de leurs parfums! Enfin, le bonheur pur et indicible (46) que goule en paix le voyageur ami de la nature est inap- prciable et ne peut tre got que par lui. (Voil pour l'amant de la nature; voyons aussi pour celui de la beaut. ) Le murmure des sources , dit Bernardin de Saint-Pierre, le beau vert des ots marins, le souffle toujours gal des vents , l'odeur parfume des velou- tiers , cette plaine si unie, ces hauteurs si bien ombra- ges , semblaient rpandre autour de moi la paix et le bonheur. J'tais fch d'tre seul ; je formais des projets; mais du reste de l'univers je n'eusse voulu que quelques objets anims pour passer l ma vie. Il semblait ap- peler celle qui lui faisait chrir l'existence , et lui dire : Vois ce Sucrin pais Que baigne une onde qui murmure, L, sans tmoins, sous la verdure, Nous pourrons respirer le frais. Le Sucrin , indpendamment de ses fruits doux , four- nit un bois qui offre un excellent combustible destin chauffer les fourneaux , puis des cendres de bonne qualit. Caractres physiques. L'Inga est un grand arbre racine chevelue , fibreuse , grosse et traante ; son corce est gristre , le liber rouge et acre, le bois blanc et dur ; ses feuilles sont simplement ailes , et ont trois cinq paires de folioles fort grandes , surtout celles du som- met , qui ont souvent plus de six pouces de longueur, et sont larges d'environ trois pouces; ces folioles sont ovales, lancoles, entires, lisses , et d'un vert fonc en dessus , nerveuses, un peu velues , et d'un vert clair en dessous, (47 ) et disposes par paires sur un ptiole commun . qui est ail et articul , c'est--dire bord de chaque ct d'une membrane qui commence et finit dans chaque entre- nud ; d'un got acre -, les fleurs sont grandes , le calice d'un vert sombre , et la corolle d'un vert ple ^ elles sont disposes , vers le sommet des rameaux , en bouquets mdiocrement garnis-, elles ont chacune un trs -grand nombre d'.tamines } leur pistil devient une gousse ar- que d'un vert jauntre , longue de cinq six pouces , charnue , cannele , et qui a deux faces opposes , en- fonces en canal dans toute leur longueur. Ce fruit ren- ferme une matire spongieuse, blanchtre, sucre, et dix quinze semences noires et irrgulires , contenues dans un pareil nombre de loges. Chaque graine est bi- lobe , d'un got acre , revtue d'une pellicule blan- chire. Analyse chimique. On retire des corces, des feuilles et des graines , un principe amer et lgrement aroma- tique , du tannin, une espce de cachou , de la gomme, de l'alumine et de la chaux. Proprits mdicinales. La pulpe des fruits de l'Inga est douce et rafrachissante , on l'associe aux plantes de mme vertu pour les tisanes. La dcoction des feuilles et des corces est employe en lavement dans les dys- senteries chroniques. Cette mme dcoction, trs-rap- proche, s'ordonne en injection contre les pertes ut- rines ; on la pratique avec des fomentations pour les des- centes de matrice et la chute du rectum. Mode d'administration. La pulpe des gousses se prs- (48 ) crit la close cl une deux onces pour une pinte de li- quide; celle des feuilles et de l'corce est d'une forte poigne pour une pinte d'eau , cju'on laisse plus ou moins rduire , suivant le cas et le besoin. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUINZE. La plante est rduite au quart de sa grandeur. i. Gousse, ou solique. 2. Graine. />/. 3j6 . T'/it^o/dtre rtSt'/wr/t/*. /*i*r . / <*re*> K'rttZp JAM MPS I R 'WI3I.M K-ISO 8 K ( 49) /^^vv^^\<\^t^v^vv^^^vvv^,>r.- /hwt'ttr/if\. /cri.r /'..rrr . 'l-a/f fllARXArK A PKl. r m,ES I>K 1A0! T RKTTK. ( 53 ) PHARNACE A FEUILLES DE PAQUERETTE. (Rafrachissante aqueuse. ) Synonymie. Vulg. Alsine , ou Mouron blanc. Pharnaceum bellidifolium. Lin., Pentandrie trigynie. Juss. , famille des Caryophylles. Pharnaceum foliis ovato-spathula- tis; caulenudo; racemis paniculatis, multoties dichotomis, Poiret. Alsini affinis, foliis bellidi minoris, caule nudo, Sloan. Jam. , Hist. , vol. i, tab. 129, fig. 2. Alsine foliis radicalibus, sessilibus. Plum. Amer. , p. 12, tab. 21, fig. 1. Pharnaceum spathulatum. Valh. Alsine auriculse- ursi foliis. Plum. Catal, , p. 7. Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs in- compltes , de la famille des Caryophylles , et qui com- prend des herbes dont les feuilles sont souvent verti- cilles , les fleurs axillaires ou terminales. Le caractre essentiel consiste en un calice divis en cinq folioles ; point de corolle ; cinq tamines ; trois styles ; une capsule une loge, et trois valves poly spermes. Caractres particuliers. Calice cinq divisions co- lores-, corolle nulle ; cinq tamines-, trois styles ; cap- sule trois loges , polysperme , trivalve 5 feuilles radi- cales , larges et spatules \ tiges nues. Histoire naturelle. Le nom de Pharnaceum est ce- Tome V. 80 e Livraison' 5 ( H ) lui d'un roi de Pont auquel on a ddi ce genre. Cette plante sert aux Colonies nourrir les oiseaux qu'on lve en cage , et qu'elle rafrachit. Pars d'un plus beau plumage , mais privs du chant harmonieux de nos oi- seaux d'Europe , ces tristes esclaves mnent la vie la plus monotone dans leur ennuyeuse captivit , qu'ils ne cherchent mme pas charmer par leurs chants. L'Al- sine se trouve dans les deux Amriques sur les terrains cultivs. Caractres physiques* Les racines de cette plante sont dures , un peu ligueuses , grles , rousstres en de- hors, presque simples, tortueuses et fibreuses vers leur extrmit. Les feuilles sont toutes radicales , ovales , spatules, glabres , rtrcies en ptiole leur base -, en- tires leurs bords, arrondies leur sommet, nom- breuses et disposes sur la terre en rosette tale , sem- blables celles de la Pquerette commune. Les tiges sont grles , menues , trs - glabres , simples , nom- breuses , divises leur sommet en une panicuie tale, au moins trichotme sa base, dichotme ses autres di- visions. Ces ramifications sont linaires , garnies leur base de deux bractes cailleuses , blanchtres , extr- mement petites, opposes, transparentes. Les pdon- cules propres sont capillaires , simples , termins par une fleur blanchtre , dont le calice est cinq folioles pe- tites , un peu verdtres extrieurement, blanches tant l'intrieur que sur les bords, obtuses, contenant cinq tamines , dont les filamens sont plus courts que le calice. Analyse chimique. Le suc exprim , tant vapor (55) jusqu' siccit , contient une matire animale soluble dans l'eau et insoluble dans l'alcool que le tanin prci- pite , un peu de nitrate de potasse et un lger acide. Proprits mdicinales. Le suc du Pharnace est r- solutif et rafrachissant comme le pourpier. On l'em- ploie , l'extrieur, contre les ophthalmies aigus , ac- compagnes de douleurs de l'orbite. On le prescrit comme temprant dans la phtliisie nerveuse, et l'on voit souvent les malades puiss ou affects de marasme re- couvrer leur sant. Il parait , d'aprs le rapport qui m'a t fait par des praticiens franais et espagnols , que le suc de cette plante modre le flux excessif des hmor- rodes. Poupe-Desportes recommande l'usage du cataplasme suivant dans les inflammations du bas-ventre : Prenez feuilles d'Alsine , de laman , de gpmbo , de verveine , d'anagyre et d'absinthe btarde , de chaque deux poi- gnes 5 eau, quantit suffisante pour un cataplasme niol- lient et rsolutif. Mode d'administration. Le suc de la plante est pres- crit depuis une jusqu' deux onces. La dose de l'herbe frache est de deux poignes pour un cataplasme. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT DIX-SEPT. Le dessin est un peu rduit. . 1. Fleur grossie. 2. Fruit entier. 5* (56) 3. Fruil coup par le milieu. /{. Graines de grosseur naturelle. 5. Graine vue au microscope. G. Feuille de grandeur naturelle. W iW H' W WWM P /y. .;v<' //..v/v-v OetroeurZnAmc J'fSVS .Cv/fc. rALERASSIEK COMESTIBLE (5 7 ) wvvvvvvvv^vv* vvvvvv^vwvvvv* '/v* vvv v\* vvvvvvvv* vvv^x^vvv vvv vvv ^ CALEBASSIER COMESTIBLE. ( Rafrachissante aqueuse. ) Synonymie. Crescentia edulis caule arboreo ; foliis cuneato- lanceolatis, angustis , confertis ; fructibus solitariis, elon- gatis, angulatis, tuberculatis; seminibus rainutis. Desv. , Journ. de Bot. , 4 p * *3. Tussac , Dict. des Se. natur. , vol. 6, p. 34. Lin., Didynamie angiospermie. Jussieu, famille des Solanes. Caractres gnriques des Calebssiers. Genre de plantes fleurs monoptales, de la division des Person- nes, comprenant des arbres d'Amrique dont les feuilles sont simples et alternes ou par paquets , et dont les fleurs irrgulires produisent des fruits charnus. Calice caduc , deux divisions gales, arrondies; corolle irrgulire, tube gibbeux, limbe cinq divisions ingales, dentes, sinues ; quatre tamines didynames , quelquefois cinq 5 un style ; une baie solide , une loge polysperme ; graines biloculaires. Caractres particuliers. Fruits anguleux , couverts ( 58 ) de tubercules , rapprochs de l'extrmit des rameaux. Histoire naturelle. Cetarbre, originaire du Mexique, croit maintenant aux Antilles o il s'est naturalis. On y mange ses fruits en potage et en ragot. Ces arbres, en Europe, ne peuvent supporter l'air libre et doivent tre toujours tenus en serre. On les multiplie de reje- tons et de graines fraches } ils demandent une bonne terre et de frquens arrosemens. Caractres physiques. Cet arbre , de moyenne gran- deur, mentionn par Thierry de Menonville , dans son Voyage Guaxaca, n'avait t dcrit par aucun bota- niste. D'aprs quelques notes de M. de Tussac , M. Des- vaux en a form une nouvelle espce , dont les feuilles ont la mme forme et la mme couleur que celles du Crescencia Cujete; mais elles sont beaucoup plus petites et trs-rapproches vers le sommet des rameaux. Le fruit est anguleux, couvert de tubercules , comme celui du cacao, long de dix pouces sur deux et trois de dia- mtre-, revtu d'une corce mince, flexible, contenant une chair un peu ferme , dans laquelle sont places un grand nombre de semences trs-petites , qui n'ont pas deux tiers de ligne de diamtre , ce qui distingue d'au- tant mieux l'espce des autres Calebassiers connus , dont les graines ont plusieurs lignes de diamtre. Ces fruits sont sains , nourrissans et un peu rafrachissans \ on les mange cuits, apprts de diverses manires \ ils se ven- ( 5 9 ) dent Campche , dans le march public. Ou le cultive dans les bosquets de Quicatlan , o il crot dans les haies nombreuses qui environnent toutes les cultures de cette ancienne capitale de l'Etat du mme nom. (Ency.mth.) On en trouve beaucoup prsent dans toutes les An- tilles. Analyse chimique. La pulpe du Calebassier comes- tible contient beaucoup d'eau lgrement astringente, une matire verte insoluble , de la gomme et du tannin. Proprits mdicinales. Les praticiens des Colonies regardent la dcoction de cette plante comme rafra- chissante et laxative , et ils l'ordonnent pour apaiser l'ar- deur de la fivre et les douleurs de la nphrite*, ils l'emploient dans les bouillons de veau et de poulet , pour ce genre de maladie. Je respecte infiniment l'auto- rit de tous les anciens praticiens des Antilles , mais je doute fort qu'une plante qui contient du tannin et un extrait astringent puisse tre applique comme rafra- chissante. Je ne fais donc qu'indiquer ce Calebassier avec les vertus bnvoles qu'on a bien voulu lui ac- corder, en engageant nanmoins mes confrres les tu- dier et ne pas perdre de vue une espce dont on peut tirer quelques avantages comme substance mdicamen- teuse et comme aliment. Mode d'administration. La pulpe est la seule partie (6o ) du fruit que l'on emploie , surtout la partie aqueuse , qui est videmment dlayante. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT DIX-HUIT. Le dessin est rduit de moiti. . Fleur. 2. Graine. //. ;j. ">s l'Anxorr BesarurA/*. A-sur . ' ' / KOSAT QUENOUIU.BS. (6i ) VV*VVVVVX!tVV**V\\lvV\VVVVVVvVVVVViVVVVVVVVVVVVV\VVVV/VVVW ROSEAU A QUENOUILLES. (Rafrachissante aqueuse. ) Synonymie. Vulg. Canne d'Inde , canne de Provence , Roseau larges feuilles et grappes. PI. Arundo donax. Lin., Triandrie digynie. Juss. , famille des Gramines. Tour- nefort, fleurs tamines. Arundo indica, laconica, ver- sicolor. Moris. , Oxon.j Hist. 3 , pag. 219, 8 , tab. 8 , fig. 9. Arundo versicolor. Miller. Dict. , n 3. Arundo palustris et vulgaris, Poupe-Desportes. Canna indica. Clusii. Rar. Plant. 1. iv, cap. 54* Arundo latifolia fructu echinato. En carabe , Jacap Manboulou ; en malaba- rois , Meeru. Caractres gnriques. Genre de plantes monocoty- ldones , fleurs glumaces , de la famille des Grami- nes , ayant du rapport avec la canne sucre , et com- prenant des herbes dont les chaumes sont la plupart fort levs , pais ; les feuilles larges , les fleurs disposes en une ample panicule munie de poils touffus. Le ca- ractre essentiel de ce genre est d'avoir un calice nu , bivalve , contenant une ou plusieurs fleurs environnes de poils leur extrieur. Fleurs polygames, la sup- rieure hermaphrodite , ayant glume ou baie deux valves sans arte , entoures de soie leur base. (Ca ) Caractres particuliers. Calices quinquflores 5 pani- culc di (l'use ; chaume ligneux. Histoire naturelle. Ce Roseau utile, commun en Am- rique et qu'on a naturalis dans les pays mridionaux de l'Europe, y crot naturellement, mais on le cultive en raison des avantages qu'on en retire, et , quoiqu'il ne fleurisse pas partout, il produit du moins, par ses dra- geons , des chaumes trs-forts que Ton emploie faire des treillages d'espaliers qui durent fort long-temps, ou des chalas, pour en ceindre les habitations. Ces Ro- seaux sont aussi d'un grand usage pour la pche au filet et la ligne. En Guiane et aux Antilles, on les em- ploie pour latter les toits , pour palissader et fermer les cases 5 les plus petits servent faire des flches *, enfin , ces Roseaux fournissent d fort jolies quenouilles et des cannes aussi lgres qu'lgantes, que Ton enjolive, dit Poiret , en les environnant avec des dcoupures de pa- pier ou bien avec des feuilles de persil; on expose alors ces cannes la fume , les parties dcouvertes se noircis- sent , les autres restent blanches. Ces Roseaux , ainsi travaills, ornent en Europe la pannetire du berger 5 souvent aussi , en Amrique on voit sur les bords des rivires , l'ombre des bambous silencieux , le hattier (gardien d'animaux) occup jouer du ranza (espce de guitare ) pour charmer ses loisirs , ou tresser des feuilles de lantanier, Et, plus loin, appuy sur son bton noueux , Veillant son bercail, le chevrier joyeux , Sur son humble roseau , module un air rustique. (De Valory.) (63) On fait encore avec les tiges tierces Roseaux des tuis cure-dents, des chalumeaux, des hanches de haut- bois , de clarinette et de basson. Les rejet ons tendres du Roseau quenouilles peu- vent se manger; les Sauvages de la Guiane emploient les cendres de ce Roseau pour gurir le pian. Dans les jardins paysagistes, ce Roseau est devenu prcieux pour dcorer les parties humides. J'aime voir le zphir agiter dans les eaux Les replis ondoyans des joncs et des roseaux. (COLARDEAD.) (( Les feuilles des plantes aquatiques , a dit Bernardin de Saint- Pierre , paraissent propres, par leur extrme mobilit , renouveler l'air des lieux humides, et pro- duire , par leurs mouvemens , certains desschemens. Telles sont les feuilles des Laiches et des Roseaux , qui se remuent sans qu'on s'aperoive du moindre vent. Il est remarquer aussi que ces plantes sont la plupart aro- matiques , et comme destines neutraliser ou au moins affaiblir le mphitisme des plages marcageuses; elles fournissent , de plus , un abri salutaire aux pois- sons des rives qui viennent se reposer sous leur om- brage. Le mot Donax vient du mot grec Sovia , agito, moveo. Comme ce Roseau , en Europe 9 craint la gele , on coupe en octobre toutes les tiges , pour rpandre dessus de la litire longue ; mais souvent cette prcaution ne suffit pas, et l'on est forc de le faire vgter, pendant (64) l't , dans de grands baquets qu'on met en serre pen- dant l'hiver. Caractres physiques. On voit par tout ce qui pr- cde que ce Roseau est un digne prsent du Crateur pour les besoins de l'homme : c'est , sans contredit , le plus beau et le plus utile que Ton connaisse. Il doit ce double avantage la hauteur, la duret et la lgret de ses chaumes , ainsi qu' la grandeur et la couleur presque argente de ses panicules. Ses racines sont grosses , longues , charnues , blan- chtres , trs-paisses ; elles s'enfoncent assez profond- ment et s'talent au loin ; elles ont une saveur agrable et douce , et poussent plusieurs tiges hautes de huit neuf pieds , plus grosses que le pouce *, fortes , presque ligneuses , articules , fistuleuses , trs-lisses , d'un blanc jauntre, garnies de feuilles peu distantes, disposes sur deux rangs , trs-longues , larges au moins de deux pouces ; d'une couleur glauque , trs-lisses , stries , un peu rflchies , planes , fermes , paisses , point rudes leurs bords. L'orifice de leur gane est nu, marqu sou- vent d'une tache rousstre : le plus souvent ces feuilles sont rubanes. Les fleurs composent une belle panicule terminale, droite , touffue , dont les ramifications , disposes par verticilles panicules , sont rudes , verdtres et angu- leuses. Les fleurs sont trs-nombreuses 5 leur calice contient de trois cinq fleurs ; ses valves sont presque gales, allonges, aigus, aussi longues que lpillet ; celles de la corolle sont velues , oblongues , acumines, {Encycl. me! h. ) (65 ) Analyse chimique. Les racines , douces et sucres , contiennent un suc agrable et fermentescible , plus un arme particulier, du mucilage et de la fcule. Proprits mdicinales. Selon Pison , les feuilles de ce Roseau sont rafrachissantes au deuxime degr , et gurissent certaines affections cutanes tant appliques sur la peau. Il les vante aussi dans les hpatites , en re- commandant de les runir celles du nympha. Poupe- Desportes donne comme apritive et diurtique la racine de ce Roseau , qu'il associe aux fleurs de martynia , aux racines de mapou , de la grande ortie , aux feuilles de la liane persil et de l'herbe bouton, espce de grat- teron. Le docteur Chevalier prescrivait la racine de ce Roseau dans les tisanes , contre les gonorrhes et les inflammations du bas-ventre et des voies urinaires. On compose , avec les barbes du panache , un onguent fort estim contre la brlure. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT DIX-NEUF. La plante est rduite de moiti. i. Racine. 2. Fleur. ( 66 ) ^,V%V\>\^\\\VV\VV>VV%A>AVVX^\^"VV\^JV>lVV\'VV<*^A(VV\lV\'>'VV'>'VV'>lV\>lVV\lVV 1 (VV>V\l(VV'NlV\>iV IWWM/i AMARANTHINE GLOBULEUSE. (Rafrachissante aqueuse.) Synonymie. Vulg. Immortelle pourpre ou violette, pare que ses fleurs se desschent difficilement. Todes, Tolides. Gomphrena globosa. Lin. , Pentandrie digynie. Tourn. , Amaranthodes. Jussieu, famille des Amaranthes. Gomphrena caule erecto , foliis ovato-lanceolatis, capitulis solitariis, pedunculis diphyllis. Lin., Hort. Cliff. Amaran- thodes lychnidis folio , capitulis purpureis. Tourn., 654- FIos globosus. Rumph., Amb., 5, p. 289, t. 100, fig. 2. Wadapu , Rhed. Mal. , 10, p. 73, t. 37. Ca- raxrou , Vaill. , Act. Paris. , 1 722 , p. 263. Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs in- compltes , de la famille des Amaranthes , ayant des rap- ports avec les Passe-Velours , comprenant des herbes exotiques , dont les fleurs ont un aspect agrable. Ca- lice color, persistant, pentaphylle, entour de trois bractes 5 cinq tamines filets runis en cylindre ; un style ; deux stigmates : capsule monosperme , s'ouvrant circulairement. Caractres particuliers. Tige redresse 5 feuilles PI. Si //i^uw &it*apt& t 2x / / } .*r>\' , feafo OIAtt.WniIVK <;U)IU'liK(\SK (6 7 ) ovales, lancoles; ptales rudes, velus, nectaire cylin- drique cinq dents -, ttes solitaires ; pdoncules dy- phylles. (Annuelle.) Histoire naturelle. L'Amaranthine globuleuse est depuis long-temps en possession d'orner nos jardins. Linn en a fait un genre auquel il a donn le nom de Gomphrena , de Yppo , clou , parce que leurs fleurs sont runies en petites masses de couleur, ressemblant la tte d'un clou. Cette plante annuelle , dit Mordant- Delaunay, qu'il faut semer sur couche en Europe et sous chssis , ou sous cloches , finit par passer la belle saison en pleine terre , o elle donne une grande quantit de fleurs violettes , qui font un assez joli effet. Il y a une varit fleurs blanches qui est nglige des jardiniers, parce qu'elle n'a pas d'effet. Ces plantes se trouvent dans l'Inde , et en Amrique , dans la Guiane , etc. Caractres physiques. Cette espce est la plus jolie de ce genre ; ses tiges sont hautes d'un pied et demi , droites , articules , un peu velues , feuilles, quelque- fois simples , et le plus souvent garnies de rameaux courts, opposs, ingaux et axillaires; ses feuilles sont opposes, ovales, lancoles, entires , vertes, molles et pubescentes. Les fleurs naissent au sommet de la tige et des rameaux , disposes en tte globuleuse , dont la base est munie de deux bractes opposes et sessiL 3. Ces ttes de fleurs semblent sches et arides au toucher: elles sont d'un pourpre clatant , ce qui les rend fort agrables voir. Analyse chimique. Les fleurs fournissent une matire (68) colorante de couleur carmine que j'ai en vain essay de fixer, un peu de rsine , du mucilage et de la gomme. Proprits mdicinales. Je n'ai pas beaucoup d'ob- servations sur cette plante qui me parat plutt agrable qu'utile 5 il me suffira de dire qu'elle jouit aux Colonies de la rputation des plantes rafrachissantes. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT VINGT. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Fleur. 2. tamines. 3. Pistil. 4 Graine entire. 5. Coque ouverte pour laisser voir l'amande, /y. 32i r/imt/rtre 2k hoirie/ , t'ci//p . ki,o> t sratR \mv\\ (69) *l!\AVV-' (75) mot latin cucurbitus, vase-, le nom giraumon signifie, au contraire, selon Poiret, une montagne tournante, ou plutt un rocher roulant. Ces fruits, d'une grosseur monstrueuse , d'aprs la sagesse du Crateur, ne pou- vaient que ramper. Les fleurs femelles sont fcondes par le pollen des fleurs mles. Le luxe de la toilette des dames croles a mis contribution les semences et l'huile des Giraumons pour en confectionner des ptes cosmtiques capables , dit-on , de rendre la peau plus souple , de l'adoucir, et d'enlever les taches de rousseur. S'il en tait ainsi, quelle fortune pour les parfumeurs! Les dames croles airnent beaucoup le Giraumon cuit avec du petit-sal et des bananes mres. On prpare ainsi la pulpe avec du lait et du sucre pour entremets , et on appelle cette prparation giraumonade. Caractres physiques. Les racines de ce Giraumon sont peu nombreuses, courtes et chevelues -, les tiges sont rampantes et dveloppent une riche vgtation -, elles sont sarmenteuses , hrisses , rameuses et garnies de vrilles. Les feuilles sont fort amples, alternes, ptioles, arrondies en cur, d'un vert gai , et garnies de nervures ou raies blanches en dessus; denteles leur contour, et lgrement pubescentes. Les fleurs sont axillaires, de couleur jaune ple , munies de pdoncules courts , durcis, renfls et stris la maturit des fruits. La co- rolle se rtrcit la base *, on remarque , au centre, une cavit que recouvrent en partie les tamines ; le limbe droit, divis en cinq dcoupures veines, ovales, ai- gus, un peu gaufres. Le fruit est oblong , d'un vert fonc , et recouvert de verrues d'un vert jauntre. (76) Le Giraumon , sous son corce dure et cassante , ren- ferme une pulpe d'un jaune fonc , ferme , et contenant un suc sans saveur pour certains dgustateurs , et nau- sabond pour d'autres. Analyse chimique. Les Cucurbitaces contiennent plus ou moins un principe amer, purgatif, dont on s'a- peroit bien en mangeant trop de ces fruits. La culture adoucit ces produits. Les melons sauvages sont plus amers et moins sucrs } le mucilage aqueux de plusieurs citrouilles est trs - relchant , comme la manne. La bryone , qui vient dans tous les climats froids , con- serve presque tous ses lmens dans ses racines. Les Cucurbitaces des pays chauds , surtout , transportent tout dans leurs fruits par une plus grande puissance de vgtation. La simple analyse des Cucurbitaces par nos organes du got et de l'odorat , y dcouvre : i. Un principe mucilagineux , fade , plus ou moins sucr dans le melon , concombre , potiron , citrouille , pastque, etc. Ce principe est une sorte de glatine vgtale contenant quelquefois un peu d'acide ma- lique. 2. De la fcule dans les racines de bryones, du c- ratliosante , etc. 3. Un principe amer, acre et purgatif, de nature r- sinode , dans la coloquinte , l'latrium, les bryones ; il se trouve plus ou moins dans la plupart des fruits , des feuilles, des tiges, des racines de ces plantes. Il parat (77 ) tre le principe colorant jaune des fleurs et de la pulpe de ces fruits. 4. Un principe odorant nauseux, ftide, stup- fiant , dans le trichosantes , les gronovia , melothria , la lufla, etc. C'est la mme odeur affaiblie et modifie qu'on retrouve dans les melons trop murs, les potirons, le Momordica charantia, etc. : ce principe parait se rat- tacher au principe amer et purgatif. 5. Une huile fine , douce , dans les semences qui sont mulsives et contiennent un parenchyme analogue celai des amandes-, mais leur enveloppe est amre dans la coloquinte et dans d'autres espces. Proprits mdicinales. Indpendamment des pro- prits alimentaires du Giraumon , on recommande la pulpe en pithme sur le front, dans les cphalalgies , dans les ophthalmies aigus, et pour calmer toutes les tumeurs accompagnes de douleurs plus ou moins vives. Cette pulpe, agissant comme rfrigrante, apaise la chaleur et la tension des parties phlogoses. Les se- mences sont froides, calmantes, adoucissantes, laxa- tives , et propres faire des mulsions , qu'on recom- mande dans les phlegmasies aigus, la pleursie , la nphrite, la phrnsie , la gonori lie , l'irritation des voies urinaires , etc. Poupe-Desportes recommande , dans sa Pharmacope amricaine, l'usage des fleurs de Giraumon, comme trs-utiles dans l'ictre qui accom- pagne les hpatites aigus ou chroniques. Le mme pra- ticien donne aussi la formule d'un sirop pectoral que voici : Prenez , dit-il , du capillaire de Canada , de la langue de buf coupe par petits morceaux , de chacun (78 ) une poigne, des Heurs de franchipane , de bois im- mortel, de Giraumon, de gombo , de jasmin d'Arabie ou de jasmin odorant de Saint-Domingue et d'oranger sau- vage, de chacun une demi-poigne ; faites-les macrer, pendant douze heures, dans suffisante quantit d'eau bouillante -, passez et exprimez l'infusion , dont vous fe- rez un sirop selon l'art. Moue d'administration. La dose des semences est d'une once pour une ou deux livres d'mulsion. On su- cre avec le sirop de gomme , et Ton aromatise , s'il est ncessaire, avec l'eau de fleurs d'oranger*, en ajoutant du sirop de morphine , on rend la potion plus cal- mante. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT VINGT-DEUX, Le dessin est rduit au sixime de grandeur naturelle* />/. 3*3. /wodarr Ite,rtvurft7x. Pm*r . GaArie/ Jcu/f> CtH'KCK UIKArMOiV A VKIlItrKS. (79) Vtw>VV WW\WWWtW\tWWtMi\WWVMWM^WVW IVWVWWAWVMVMVVV\VWW*M COURGE GIRAUMON VEINE. (Rafrachissante mulswe.) Synonymie. Cucurbita venosa. D. Lin. , Monocie syng- nsie. Tournef. Campaniformes. Jussieu, famille des Cucurbitaces. Caractres gnriques. Mle. Calice cinq dents : corolle 5-fde : trois filets. Femelle. Calice cinq dents 5 corolle 5-fide ; pistil 5-fide 5 semences du fruit bor- dures renfles \ baies trois loges , les loges en deux parties (J). Caractres particuliers. Ctes vertes et veines de couleur vert-pomme. Histoire naturelle. L'article prcdent ayant fait connatre l'histoire du Giraumon dont l'espce veine n'est qu'une varit , nous croyons ne pas devoir nous rpter ici. On trouve aussi aux Antilles : i le Girau- mon jaune et gros, Anguria foliis rotundis minoribus; fructu rotundo , luteo; i le Giraumon vert, Anguria foliis rotundis et mollibus , fructu rotundo us-7:. fniJr . Oti6rie/ !]{///> . ronu;K pastis s ox. ( 83 ) plaisir que l'on prend ressemer les fruits les plus ir- rgulirement dforms. Ces fruits ont en gnral la peau fine comme les Coloquinelles , mais ordinairement plus molle, la pulpe plus ferme, blanche et assez s- che , ce qui fait qu'ils se gardent fort long-temps quoi- qu'ils perdent facilement leur queue. Les loges y sont frquemment au nombre de quatre et de cinq, et quant la forme , il s'en trouve quelques-uns de ronds, pyri- formes ou turbines , mais plus souvent encore dans les races franches, comme s'ils taient serrs par les ner- vures du calice. La pulpe se boursoume et sYchappe dans les intervalles, formant tantt dix ctes dans toute la longueur des prominences diriges vers la tte ou vers la queue qu'elles entourent en couronne. D'autres fois aussi le fruit se trouve trangl par le milieu , et renfl aussitt en un large chapiteau , comme dans un Champignon qui n'est pas encore panoui ; ou mme enfin il est entirement aplati en bouclier, quelque- fois gaudronn ingalement , quelquefois rgulire- ment. Cette dernire forme , la plus loigne de la na^ ture, est au reste la plus rare de toutes, et aussi celle qui se reproduit le moins constamment. Une partie des graines contenues dans ces fruits contracts, sont elles- mmes bossues ; toutes sont fort courtes et presque de forme ronde , suivant la proportion qui s'observe en g- nral dans les Ppons, dont les fruits les plus longs ont aussi les graines les plus allonges. La mme contraction affecte la plante ds le com- mencement de sa vgtation; ses rameaux plus fermes par le rapprochement considrable des nuds , au lieu de ramper mollement , s'lancent de ct et d'autre , quelques-unes mme verticalement , et ne s'abattent ( 84 ) enfin sur la terre qu'entrans par le poids des fruits. De-l rsulte fort naturellement un allongement du dou- ble et plus des pdicules des fleurs mlcs,qui, sans cela, ne trouveraient pas de place pour s'panouir, et un allongement encore, plus grand des queues, des feuilles qui , ne pouvant se soutenir dans un tel excs, se courbent en diverses ondulations , comme si elles commenaient se tortiller: la forme totale de la feuille se trouve fort allonge , et les angles en sont moins sensibles. )) Mais l'tat de vrilles est ce qui a droit de paratre le plus extraordinaire dans les Pastissons : subsistant dans les uns quoique sans usage, ainsi que Linn l'a observ, ils sont pour le moins fort diminus d'ten- due -, dans d'autres ils se trouvent mtamorphoss en de petites feuilles queue tortille, dont la pointe re- courbe se termine par un petit bout de vrille d'un, de deux ou de trois filets , ne faisant qu'une ou deux r- volutions, quelquefois moins ; dans d'autres enfin, on ne trouve leur place que de trs-courts rudimens peine sensibles. Cette digression un peu trangre au plan que je me suis trac, trouvera, je l'espre, grce devant mes lec- teurs comme observation importante de botanique et que j'ai extraite de l'Encyclopdie par ordre de matires, attendu que l'analyse chimique et les proprits mdi- cinales du Pastisson sont les mmes que celles du Gi- raumon verrues. (Forez ci-dessus son article. ) EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT VIWGT-QUATRE. Le dessin est rduit au tiers. Pl.SiS. 7 /tf><> t/o/* e /-V.r, yv//-/// J*uv Ottfit-rr/ ,C'/^AVi^VV^VV>VV'\\ COURGE CALEBASSE TRANGLE. ( Rafrachissante mulsive. ) Synonymie. Vulg. Gourde , Courge fleurs blanches. Cucurbita latior, folio molli , flore albo , J. B. 2 , p. 2i5. Lin., Monocie syngnsie. Jussieu, famille des Cu- curbitaces. Cucurbita major sessilis, flore albo, Bauh. Pin. 3i2. Cucurbita latior, Dod. pempt,, 669. En ma- labarois , BeVa-Schor'a; en portugais, Rabora branca; en belge , Witte-Pepoenen. Caractres gnriques des Courges. Fleurs mo- noques. Dans les mles : calice cinq dents subules ; corolle cinq dcoupures veines; cinq tamines , dont quatre deux deux, la cinquime libre , couvrant une cavit au centre de la fleur. Dans les femelles : calice et corolle idem; trois styles trifidesj une pomme trois ou cinq loges polyspermes j graines planes , ovodes , entoures d'un rebord saillant. Caractres particuliers. Les feuilles molles, les fleurs de couleur blanche, et les graines carres sont Tome V. 82 e Livraison, 7 (86) des caractres qui suffisent pour ne point confondre cette espce avec les autres. Histoire naturelle. Le mot Courge drive du mot latin Cucurbitus , vase \ les Croles et les Noirs rempla- cent les vases destins au mnage avec cette espce de Courge aprs l'avoir vide, mais ils prfrent celles que produit le Calebassier arbre 5 ils font avec des sou- pires, des gobelets et des bauza , instrument ngre, que les Noirs prparent en sciant une de ces Calebasses ou une grosse Gourde dans toute sa longueur , et la- quelle ils ajustent un manche et des cordes sonores faites avec la filasse que l'on obtient de l'Alos pitt. Cet instrument, quoique peu harmonieux, plat aux Noirs qui en font une espce de mandoline avec laquelle ils charment leurs ennuis en accompagnant leurs voix pen- dant la paix des nuits , ou en faisant danser leurs ca- marades aux ftes joyeuses , et celles plus lugubres des calendras , crmonies funraires suivies de fes- tins. On a coutume d'associer au son du bauza celui plus bruyant du bamboula, espce de tambour qu'ils font rsonner avec leurs doigts et les poignets, en se mettant cheval dessus. Ce tambour est fait avec une tige de Bambou recouvert des deux cts d'une peau. La Gourde que je dcris est celle dont les nageurs no- vices font usage pour se soutenir plus facilement la surface de l'eau, en s'attachant chaque aisselle un de ces fruits secs, et par consquent plein d'air. Caractres physiques. La feuille de la Courge gourde ( 8; ) est en eur et dente , d'un vert ple , trs-molle , la- nugineuse , lgrement visqueuse et odorante; elle est pourvue en dessous de deux glandes coniques prs de l'insertion de son ptiole. La Heur est blanche, fort vase , presque en toile ou en roue comme celle de la bourrache, et n'est point solitaire dans chaque aiselle , comme celle du ppon } an troisime caractre est la figure de sa graine , l'amande en est mince et la peau assez paisse ; le bourrelet du bord , au lieu de l'entou- rer en ovale, forme sur les cts des espces d'appen- dices semblables ceux du calice des crucifres \ ce qui donne ces graines une figure carre. La pulpe du fruit est spongieuse, fort blanche-, la peau, d'abord d'un vert ple , devient d'un jaune sale l'poque de la maturit. Les fruits varient beaucoup, quant la figure et la grosseur:, cependant ces varits peuvent se rap- porter trois races principales, savoir : i la Cou- gourde , Gourde des plerins , Courge-Bouteille -, i la Gourde trangle des nageurs -, 3 et la Courge trompette. (Encycl. mtb.) Analyse chimique. Mme produit que ses cong- nres. Voyez Chimie organique de Virey , p. i4> Proprits mdicinales. On emploie ses graines dans les mulsions , pour les mmes cas et avec les mmes doses que celles des Cucurbitaces, c'est--dire toutes les fois qu'il s'agit de temprer la trop grande activit du sang, et lorsqu'on dsire procurer un peu de sommeil aux malades. On estime , aux Colonies, comme apritif, le sirop qu'on obtient dune dcoction irs-rapprocht'e / (88) y Je ses feuilles, dulcore avec le sucre. Plusieurs ic- triques ont eu se louer de son usage. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT VINGT-CINQ. Le dessin est rduit au cinquime de grandeur naturelle = 1. Fruit entier. 2. Coupe transversale, 3. Graine peu prs de dimension naturelle. /y. 3*6. 7'/4ersfarf fcsC&uHk&. /*/. (*\il- >n*/ ,tr*/i? . COrRGE PEP03 (9) VV*W\ MUWVIVVM vV*VV*VVVVV>VV VV\**VV^\Aft\'V*VV*VVVVV^V\/VVVV\*VV*V\*VVVV*VVVV\VVV COURGE PPON. {Rafrachissante mulsive.) Synonymie. Ppon melonn, Ppon limbe droit, Bar- barine. Cucurbita polymorpha verrucosa , Ch. B. J. B. Lin., Spec. Monocie syngnsie.- Juss. , famille des Cucurbitaces. Melopepo verrucosus , Tournefort. Cucurbitae turbinatae majores alba?. Pepo oblongus. En malabarois , Cumbulanc. Bobara ? Agoa , Lusit. JVater pepocnen, belg. Caractres gnriques. Ceux des Cucurbitaces. Voyez l'espce prcdente. Caractres particuliers. Feuilles anguleuses -, fruits verruqueux -, fleurs axillaires solitaires. Histoire naturelle. Avec une coque aussi dure que celle des Cougourdettes , les Barbarines ont une disposi- tion aux bosselures , ce qui semble analogue au dfaut de couleur de ces fruits, ditPoiret, qui sont la plupart entirement jaunes ou panachs, et quelquefois mar- qus de bandes vertes. On voit des Barbarines d'une forme spliriquc , oblonguc et mme allonge comme celle du concombre. La pulpe est plus sche que celle (9o) des Giraumons , par consquent plus dlicate. Elle est aussi plus ferme que celle des Courges trompettes. Caractres physiques. Des feuilles semblables celles de la vigne, lgrement dentes, de la longueur de leur ptiole et peu prs l'cartement des noeuds ; les Heurs mles et femelles galement distribues sur toute la plante; un fruit oblong trois loges, trs- abondant en graines assez grosses : une pulpe jauntre se desschant facilement , et contractant alors une odeur musque ; la peau formant une coque assez dure et verruqueuse d'un vert fonc d'abord, puis d'un jaune ple en mrissant ; tels sont les caractres extrieurs de la Courge Ppon , appele par les naturels Barbarine ou Barbaresque, Analyse chimique. Mme rsultat que pour l'espce prcdente. Proprits mdicinales. Voyez l'article prc- dent. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT VINGT- SIX. Le dessin est rduit au sixime de grandeur natu- relle. /'/. 3*7. .. .>;^ Th* 'iviir/i/; ///.r { lit />//// ./,'v//r< . f O > r C O M II II K A il A I IA (9' ) V.V\VV**.\\VViV\\V\^v\Vv\^V\\V\^AAV\Vi\VVVVV'VVV\\VVVV'\'Vv'VVVVVVVVv'\'Vv\\'V'V\\\\iV\\V'V'VVVVV^VV\>i CONCOMBRE ARADA. ( Rafrachissante mulsive. ) Synonymie, Vulg. Bagage femme. Mirliton. Cucumis compressus , foliorum angulis lobatis , fructu quadrangu- lari, umbilico prolongato , D. Linn, Monocie sjn- gncsie. Jussieu , famille des Cucurbitaees. Sehakeri. Schora, mal. ; Bobara guinea , portug. ; Pepoenon^ belg. Caractres gnriques. Fleurs mles : calice cinq dents 5 corolle en cinq parties \ trois filets. Fleurs fe- melles : calice cinq dents } corolle en cinq parties *, pistil trifide *, semences de la pomme aigu } baie trois loges } les loges subdivises > remplies dune substance glatineuse. Caractres particuliers. Amande au bas du fruit ; ombilic prolong. Histoire naturelle. Cotte singulire espce offre , ( 9* ) prs de l'ombilic, un prolongement arrondi que les JN- grs comparent au clitoris prodigieux des femmes ara- das, avec d'autant plus de raison que l'ombilic lui-mme a tous les caractres extrieurs de l'anus. Ce Concombre est trs-recherch comme comestible 5 pourtant l'tat sauvage il est si cach par la verdure qu'il faut beau- coup d'attention pour le dcouvrir 5 mais , Sous son feuillage en vain ce Concombre est cach; A sa tige en naissant quelquefois je l'arrache , Souvent en sa saison j'attends qu'il se dtache. Lalane. Les fruits de ce Concombre se mangent crus ou cuits, comme ceux d'Egypte, et sont trs-recherchs par les Ngres. Caractres physiques. Les feuilles infrieures sont souvent arrondies, les suprieures sont denteles, l- grement anguleuses , et ressemblent celles de la vi- gne : les unes et les autres sont lgrement velues , vertes en dessus, plus ples en dessous. Les fleurs sont jaunes, axiilaires, et ont les divisions de leur corolle ovales-arrondies. Les femelles produisent des fruits comprims, dont la partie suprieure est plus troite que l'infrieure , remarquable par une excroissance om- bilicale qui offre la ressemblance que j'ai indique plus haut. L'corce en est fine , lisse , jaune , tandis que la pulpe en est blanchtre , molle , un peu fade , mais dune odeur assez agrable. Analyse chimique. On voit par le nombre des plantes (93) mulsives , qu'il est facile , aux Antilles , de prparer de ces sortes de mdicamens qu'on peut obtenir de l'a- rachide , des pignons doux du mdicinier, du cacaoyer, des omphaliers , du ben , des fruits du cocotier , de ceux du pommier d'acajou, du ricin, du ssame d'O- rient , des concombres , melons , giraumons , courges , sapotilles , etc. , qui fournissent des mulsions et des huiles vgtales qu'on emploie en mdecine et pour les arts. Proprits mdicinales. Comme ses congnres , le Concombre arada a les vertus de toutes les Cucurbita- ces semences froides. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT VINGT-SEPT. Le dessin est rduit au tiers. i . Le fruit est jet sur le ct pour laisser apercevoir le prolongement de l'ombilic. Tome V. 82* Livraison. 8 ( 94) A.\^\\vvv^^\v\^^AA*^*AAA^AAlVW'V\^vvvvvv\A'\vvv\*/VV*/vvvv>^ CONCOMBRE CRISTOPHINE. ( Rafrachissante mulswe. ) Synonymie. Vulg. Concombre noyau, Papangay ou Paponga, Concombre angles tranchans. Cucumis acutangulus , Lin. , Monocie syngnsie. Tourn. , Campaniformes. Juss., famille des Cucurbitaces. Cucumis foliis rotun- dato-angulosis, pomis angulis decem acutis , Lin. Jacq., Hort. , vol. 3 , tab. 73 et 74. Cucumis indicus , Grow. Mus. 229, t. 17, f. 2. Picinna , Rheed. Mal., 8, p. i3 , t. 7. Caractres gnriques. Feurs mles : calice cinq dents 5 corolle en cinq parties ; trois filets. Fleurs fe- melles : calice cinq dents ; corolle en cinq parties ; pistil trifide ; semences aigus. Caractres particuliers. Feuilles arrondies et an- guleuses -, fruit dix angles aigus et crochets. Fruit opercul, une loge; semences noires. Histoire naturelle. Cet excellent Concombre, quand il est vert, est originaire des Indes, et commun l'le /y. 3*8. JTtfodonr Uescoi/r-Si/'. A/ra- ftzmc < f/v/^r* f KISTOPHIX. ( 95 ) Saint-Cristophe 5 il est maintenant aux Antilles en la possession des habitans. On n'emploie ses fruits comme alimens, que lorsqu'ils sont tendres et qu'ils ne sont qu' moiti mrs 5 on en coupe les angles et on les fait cuire 5 mais lorsqu'ils commencent rougir, dit Poiret, et qu'ils deviennent ligneux, on n'en fait plus aucun usage. Caractres physiques. La tige succulente de ce Con- combre est rampante ou grimpante , genouilie , me- nue, cinq angles, et presque glabre, si ce n'est aux articulations o elle est velue*, elle est pourvue de vril- les:, ses feuilles sont ptioles, arrondies ou anguleuses, lgrement dentes , en cur leur base , vertes en dessus, pales en dessous, et charges de poils extrme- ment courts , qui les rendent pres au toucher -, les fleurs sont jauntres ou rouges , assez grandes , axillaires , et les mles viennent sur des grappes plus longues que les feuilles 5 chaque pdoncule propre des fleurs mles est muni d'une trs-petite bracte vers sa base 5 les fruits sont allongs en forme de massue, ou pyriformes, operculs leur sommet , glabres et munis , dans leur longueur, de dix angles levs et tranchans' ces fruits ont quatre six pouces de longueur , sont amincis vers leur pdoncule et se terminent par un opercule pointu et caduc 5 leur pulpe se dessche , et il ne reste , aprs la maturit, qu'une corce qui devient presque ligneuse et conserve la forme du fruit 5 le centre est occup par une amande couverte d'une corce noirtre , recouvrant une substance ferme et farineuse au milieu de laquelle se trouve une espce de moelle brune. Ce Concombre fleurit dans la saison des pluies. ()6) Analyse chimique. L'amande offre tous les principes des semences des Cucurbitaces , mais elle contient de plus une partie colorante et du tannin. Proprits mdicinales. Outre ses proprits mul- sives , cette plante est employe aux Indes dans plu- sieurs autres cas. Par exemple , on croit aux Indes que le sue des tiges succulentes , aromatis avec le musc ou le gingembre , sert rparer les forces puises ; que la dcoction des feuilles, convenablement dulcore, est employe par les naturels contre ietre. Je n'ai rien certifier cet gard. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT VINGT-HUIT. La plante est rduite au quart. , t. Fruit ouvert, demi -grandeur naturelle. P/.32 r%4>0 m k ai k sa T va ; k . (97) *. \\ V\ > VW \ \ > \\> VWW^WA'W* tyXrt'W* WWW*WW\AMW W> W W\ VMVMWWMWW VVX'W CONCOMBRE SAUVAGE PINEUX D'AMRIQUE. ( Rafrachissante mulswe. ) Synonymie. Vulg. Petit Concombre marron ; Concombre pines. Cucumis anguria. Lin. , Monocie syngnsie. Juss. , famille des Cucurbitaces. Cucumis foliis pal- mato-sinuatis , pomis globosis , ecbinatis , Lin. -^ Anguria amerieana, fructu echinato, eduli. Tournefort, 107. Cu- cumis anguriae folio latiore, aspero , fructu minore candido, spinulis obtusis muricato, Sloan. Jam. io3. Cucumis sylvestris americanus, anguriae folio , fructu ovi figura et magnitudine, spinosis tuberculis muricato. Pluck. , tab. 170, f. 3. Cucumis subhirsutus minor, foliis profund si- nuatis , fructibus muricatis. Brown , Jam. 353. Cucumis foliis parvis, sinuatis, floribus luteis , fructu spinoso parvo viridi. Plum. et Poup.-Desp. M'ulln Bellri en malab. Pepinhodo mato en portugais. Rlieed. , t. VU. Caractres gnriques des Cucurbitaces. Fleurs monoques. Mles, Calice cinq dents -, corolle en cinq parties: cinq filets. Femelles. Calice cinq dents \ co- rolle en cinq parties \ pistil tride -, semences de la pomme aigus ( baies cinq loges ) \ les loges subdivi- ses , remplies d'une substance glatineuse. Caractres particuliers. Feuilles palmes, sinues} Tome V. 83 Livraison. 9 (98) pommes globuleuses, chines. (Antilles. Annuel. Jol.) Histoire naturelle. Ce joli Concombre crot partout naturellement , et principalement dans les savanes s- cbes et prs des rivires dont les rives offrent une riche vgtation. On le recherche pour ses qualits alimen- taires } il se prpare en daube, en calalou^ on le confit au vinaigre. Pour le prparer, on le coupe par le milieu , et on enlve ses petites graines qui sont en nombre in- fini , puis on le fait cuire seul ou avec du jambon , ou des crabes, ou des tomates , soit avec dj la morue. Pour confire ces petits Concombres au vinaigre, il faut les dpouiller de leurs graines et y ajouter des tiges de pourpier et des fruits verts du piment. Caractres physiques. Les tiges rampantes de ce Concombre sauvage sont anguleuses et hispides -, elles parviennent, suivant Sloane, une longueur de six huit pieds. Les feuilles sont ptioles, palmes, pro- fondment sinues et rudes au toucher. Les fleurs sont jaunes , axillares , petites comme celles de la Bryone. Les fleurs femelles sont remplaces par des fruits ovodes d'un vert blanchtre , et partout hrisss de petites pointes spinuliformes ; leur pdoncu'le est trs-long. On rencontre aux Antilles un autre petit Concombre jaune et poli, c'est le Cucumis foliis minimis , floribus luteis , fructu levi, luteo , paivo. Analyse chimique. Le pricarpe contient quatre-vingt- cinq parties d'eau et beaucoup de matire analogue la fungine. Enfin, j'ai reconnu , d'aprs Virey, les mmes principes que dans Je Concombre d'Europe , c'est--dire, ( 99 ) chlorophylle , parties sucres avec une matire extrac- tive ; les membranes analogues la fimgine se ramollis- sent par la dcoction 5 phosphate de chaux , albumine soluble 5 mucilage ayec de l'acide phosphorique libre, et un sel ammoniacal , avec du malate , du phosphate , du sulfate et de l'hydrochlorate de potasse , du phos- phate de chaux et de fer et beaucoup d'eau. Cent dix- sept livres de concombre sauvage d'Amrique m'ont donn trois livres deux onces d'extrait. Proprits mdicinales. On emploie sa semence en mulsion, pour modrer le trop grand mouvement du sang. Ainsi , on voit que cette mulsion salutaire dans les Colonies surtout , puisqu'il y rgne une diathse in- flammatoire , convient dans la nphrite, dans les in- flammations des voies urinaires et de toute autre partie. Rheed nous apprend qu'au Malabar , les habitans prpa- rent avec son suc et les bourgeons du palmiste chou, ou du dattier , une dcoction laquelle ils attribuent beaucoup de vertus dans les affections graves des voies ariennes accompagnes de dyspne et de strangulation. ' Ils recommandent aussi le suc de tout le fruit avec par- ties gales d'huile d'ooli ou ssame , dans les dyspnes qu'on prouve la suite d'une chute violente ou de coups. EXPLICATION DELA PLANCHE TROIS CENT VINGT-NEUF. Le dessin est rduit moiti. i. Coupe transversale du fruit. 2. Coupe verticale. 9* ' ( I0 ) *WVMVW W* V\*VV\W>WV\A\V 4/V\Y\AVV\VVVVVVVVVVVtVVl'VV\VV*VV\\/V%\A* l VV\VVYVV\VVVVV\*/V% v\* ANGOURIE A TROIS FEUILLES. {Rafrachissante m ulsive.) Synonymie. Vulg. Concombre feuilles en trident et fruits bigarrs. Anguria trifoliata , foliis ternatis integer- rimis, Lin. Monocie diandrie. -Jussieu, famille des Cu- curbitaces. Cucumis triphyllos , fructu variegato. Plum. Amer., 85 , tab. 99. Caractres gnriques. Genre de plante fleurs mo- noptales, de la famille des Cucurbitaces , ayant beau- coup de rapport avec les Concombres , comprenant des herbes exotiques , sarmenteuses et garnies de vrilles. Fleurs uni - sexuelles , mais les deux sexes se trouvent sur le mme individu. Fleurs mles. Calice monophylle , ventru sa base, cinq divisions -, corolle monoptale insre sur le calice , et cinq divisions } deux tamines courtes , insres sur le calice , ayant chacune une an- thre troite. Fleurs femelles. Calice pos sur l'ovaire, caduc et cinq dents 5 corolle comme dans la fleur mle } deux filamens sans anthres , insrs sur le calice *, ovaire infrieur, oblong, cylindrique, d'o n ait un style demi divis en deux parties qui se terminent par deux stigmates bifides et pointus. Le fruit est une baie char- nue , oblongue, pointue, divise en quatre loges, et /Y.JJo 7*/r*-rdart* /fciffttiv/t/x Atm /err* Jht/p. AX;Gt T KJK A TROIS FKVLhES ( io, ) renfermant des semences ovales et aplaties. ( Encycl. mth. ) Caractres particuliers. Les Angouries diffrent des autres genres des Cucurbitaces, en ce que leurs fleurs mles n'ont que deux tamines dont les anthres ne sont pas runies. Feuilles ternes , trs-entires. Histoire naturelle. Cette espce, dont le fruit est trs-lgamment bigarr , se trouve communment Hati , dans les quartiers du Cap , de l'Arcahaye et de Logane. On trouve aux Antilles beaucoup de Cucur- bitaces fruits alimentaires. Le Sjcios edidis de Jacquin a des fruits gros comme un oeuf d'oie, et qui sont bons manger. Les Anguria pdala , trilobata et trifoiata de la Martinique , d'Hati et autres Antilles , produisent des petits fruits que l'on mange comme les concombres, ou que Ion confit au vinaigre comme les cornichons. On mange beaucoup la Jamaque l'espce appele Angurie des Amricains, grosse comme un uf, hrisse de poils et dont la chair est blanche. Caractres physiques. La racine de cette Angourie a la forme d'une rave , paisse d'un pouce , longue d'un pied ,- blanche , tendre et couverte de petites verrues. Ses tiges grimpent jusqu'au sommet des arbres les plus levs , quoiqu'elles n'aient que deux ou trois lignes d'paisseur. Elles sont cylindriques , fort souples , d'un vert cendr , et raboteuses comme la racine. Ces tiges ont, chaque nud, qui sont loigns les uns des autres d'un demi-pied, une vrille menue et une feuille terne. Les folioles de cette feuille sont ovales lancoles , en- ( 102 ) tires, lisses et longues d'environ trois pouces, sur un pouce de large. Les fleurs naissent trois ou quatre en- semble vers l'extrmit des liges, et sont d'un beau ver- millon. Les unes sont striles et portes plusieurs en- semble sur un pdoncule commun , et les autres fertiles , solitaires sur leur pdoncule qui est plus court. Celles- ci produisent un fruit semblable un petit concombre, un peu plus gros que celui du momordique , concombre sauvage , uni , vert et ray en long de quelques bande- lettes blanchtres. Sa chair est rouge et fort douce. i fc>' Analyse chimique. Mmes produits que le concombre prcdent. Proprits mdicinales. Les vertus de cette plante tant les mmes que celles de la prcdente , j'y renvoie le lecteur, afin d'viter des rptitions. Je dois nan- moins ajouter qu'il me souvient d'avoir vu plusieurs fois employer , avec succs , en cataplasme , la pulpe de cette Angourie, contre des ophtalmies aigus. explication de la planche trois cent trente. Le dessin est rduit au tiers de sa grosseur. . Fruit entr'ouvert. 2. Coupe transversale du fruit. 3. Graine. 4- Racine. /y. sjj. T/is^db/v* /Jr*rr0**j*'/x J^iiF /'av ,aJcu^. SITVOTK LACliMKK ( io3) WW'W\'W>iW\VVW\.V\WiWAfV *WVV>VVVVV%VVVVV^V*VV^\\W\W\V\VV*\V\VViVVVVV^VViVV\ SICYOTE LACINIEE. ( Rafrachissante mulswe . ) Synonymie. Vulg. Sicyote hrisse. Sicyos foliis laciniatis, Lin. , Monocie gynandrie. Jussieu , famille des Cucur- bitaces. Sicyos fructu echinato, foliis laciniatis. Plu- mier , Spec. plant, amer. , 3 , et Burm. icon. 243. Caractres gnriques. Plantes dicotyldones , fleurs monoques, de la famille des Cucurbitaces , ayant du rapport avec la Bryone , renfermant des herbes exo- tiques , dont les feuilles sont ordinairement alternes , anguleuses ou lacinies : les fleurs axillaires , les pdon- cules chargs de plusieurs fleurs. Fleurs mles. Calice cinq dents ; corolle cinq dcoupures , trois tamines runies leur base. Fleurs femelles. Un style trois divisions *, une baie ovale , hrisse. Caractres particuliers. Feuilles la ci ni es. Histoire naturelle. Cette espce diffre peu de la Sicyote comestible , Sicyos edalis foliis angulatis hasi cordatis , lobalis , fructu oblongo echinato r Jacq., Stirp. Amer. , tab. i63. On la trouve galement aux Antilles et particulirement Cuba. Le limbe de sa corolle est ( o4 ) muni de dix fossettes $ les ta mines sont au nombre de cinq, bien distinctes, ainsi que les anthres. Le stigmate est cinq divisions *, les fruits plus gros qu'un uf d'oie, marqus de cinq sillons, hrisss de poils mous, une loge, et renfermant une seule semence. Dans les pays o cette plante se rencontre , les habitans se servent des fruits qu'ils mlent dans leurs ragots. Les fleurs et les fruits paraissent dans le mois de dcembre. Caractres physiques. La Sicyote laeinie est une plante grimpante , dont les tiges sont grles , presque filiformes, glabres, tortueuses comme celles des Liserons, garnies de feuilles alternes, ptioles , larges, chancres fortement en cur leur base , presque palmes , gla- bres leur face suprieure , rudes et hrisses de poils rudes en dessous, divises en plusieurs lobes trs-pro- fonds , irrguiers , chacun d'eux irrgulirement lob ou incis son contour : ces lobes sont, ou anguleux, ou arrondis , ou aigus. Les vrilles sortent de Faisselle des feuilles; elles se divisent, leur sommet, en trois par- ties 5 celle du milieu beaucoup plus longue que les deux autres. Les fleurs sont sessiles , agrges et axillaires 5 les fruits galement agrgs, charnus, arrondis , d'une grosseur mdiocre , hrisss de pointes nombreuses , ne renfermant qu'une seule semence. Analyse chimique. Les amandes de ces baies fournis- sent beaucoup de mucilage , de l'huile et un principe extractif lgrement amer. Proprits MniciNALES. Les amandes de la Sicyote hrisse s'emploient dans les e'mulsions , et servent la ( io5 ) confection de l'orgeat des Antilles qu'on obtient en tri- turant ces amandes avec celles du coco , au poids d'une once de toutes ensemble pour une pinte d'eau de riz. On ajoute suffisante quantit de sucre et on aromatise avec de l'eau de fleurs d'oranger. Mode d'administration. La dose est d'une once des amandes pour une livre d'mulsion dulcore. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT TRENTE-UNE. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Fruit dont la moiti de la coque est enleve pour laisser voir l'amande. ( **) V>^'VV\VV\'VV\VV''VV%V\^^\^VV'VVX'VVXVV%\A/>'VV>VV^'VV>VV>iVV\/V\^/VV\\VV>*V>IV*A'VV* LITCHI PONCEAU. (lia frachis sant acide.) Synonymie. Euphoria punicea , foliolis ovato - lanceolatis , utrinque glabris , baccis scabris , puniceis. Lam. , Lin. , Octandrie trigynie. Jussieu , famille des Savoniers. Lischia seu Lisehion Indiae orientalis. Zanon.Hist., p. fij , t. 208. Osa S. Usao. , Raj. Ilist. 3 , Lut. p. 52 , n p i3. Litchi sinensis, Sonnerat. It. Ind. et Chin. 2, p. 23o , t. 129. Scycalia chinensis. Gaertn. , p. 197, t. 42, f. 3. Caractres gnriques. Genre de plante fleurs polyptales , de la famille des Savoniers , ayant du rap- port avec le Knpier ( Melicocca ) , et qui comprend des arbres exotiques , feuilles alternes , ailes sans impaire 5 fleurs petites, disposes sur des panicules terminales, auxquelles succdent des fruits pulpeux , trs-bons manger dans une espce. Caractre essentiel. Un calice cinq dents ; cinq ptales , sept tamines , le stigmate bifide. Une baie cortiqueuse, tuberculeuse, monosperme. Caractres particuliers. D'aprs l'observation de Poiret, ce genre doit tre distingu des Savoniers, i par le caractre de son calice et de sa corolle ; 2 par son pistil , dont l'ovaire n'est jamais trilob et ne comporte /V. Xh /'A,;>(/i>/-s A&cowk/x J'tstAj* fierve > '// lATVm P0WCEA1 ( 10 7 ) ni trois styles , ni trois stigmates -, 3 par son fruit qui , mme sans avortement , ne pourrait jamais tre compos de trois baies ou de trois capsules runies. ( Encycl. mth. ) Histoire naturelle. Le Litchi, indigne la Chine , et primitivement naturalis l'Ile-de-France, se trouve acclimat dans plusieurs les Antilles , o la beaut et surtout l'excellence de ses fruits Font fait cultiver avec soin. Le Litchi , venu des graines, dit M. Cer, ne rapporte qu' huit ou neuf ans 5 il le fait trois ou qua- tre ans quand il vient de marcottes. Au bout de trois ou quatre mois, les marcottes sont dj enracines pour quelles puissent tre transplantes, de sorte que cet arbre venant facilement, on peut le multiplier l'infini. Les Chinois , pour conserver le fruit du Litchi , le font scher au four , et ainsi prpar , il devient un objet de commerce. ( Encycl. mth. ) Caractres physiques. Le Litchi ponceau , arbre fruitier de la Chine, naturalis aux Antilles, y monte quinze ou vingt pieds de hauteur. Ses branches s'l- vent au loin, et presque horizontalement de tous cts. L'corce de ses rameaux est ponctue; son bois est blanc, tendre et contient une moelle assez abondante. Ses feuilles sont alternes , ailes sans impaire , et composes chacune de deux ou trois paires de folioles lancoles pointues aux deux bouts, glabres , lisses et presque lui- santes en dessus, d'une couleur terne en dessous, et assez semblables, pour la forme, aux feuilles du laurier rouge ( Laurus borbonia). Ces folioles sont un peu ptioles, munies en dessus d'un sillon longitudinal , en dessous ( io8 ) d'une cte un peu releve qui y correspond. Les fleurs sont petites , et disposes sur des panicules lches, ter- minales , et qui naissent aussi des aisselles des feuilles suprieures. Leur calice est court, presque tronqu son bord , et cinq dents peu apparentes. Il est velout en dehors, ainsi que les pdoncules. Les fruits, de la grosseur d'un oeuf de pigeon dans leur jeunesse , sont ovales-oblongs , et hrisss de tubercules saillans , un peu pointus , nombreux et serrs. A mesure que ces fruits grossissent , ils prennent une forme presque sph- rique ou globuleuse , et leurs tubercules , fort abaisss , ressemblent alors des pustules scutiformes, circonscri- tes chacune par un sillon circulaire ou anguleux. Dans leur maturit, ces fruits sont d'un rouge ponceau , et contiennent , sous leur peau coriace , une pulpe trs- bonne manger qu'on peut comparer, pour la saveur, celle d'un excellent raisin muscat 5 aussi ce fruit est-il regard comme un des meilleurs que l'on puisse manger. Cette pulpe entoure un noyau solide d'un noir lustr. ( Encycl. mth.) Analyse chimique. Le Litchi ponceau fournit beau- coup de matire extractive , de l'acide malique , beau- coup d'acide citrique , un arme particulier , un principe sucr et du sulfate de chaux. Proprits mdicinales. Le Litchi ponceau a les pro^ prits des fruits rouges d'Europe. Aussi, comme l'ob- serve judicieusement Labillardire , dans ces espces comme groseilles, cerises, cassis, etc., le sucre et les acides tartarique , citrique et malique , sont unis un pa- renchyme glatineux , souvent color en pourpre ou en ( i9 ^ violet. Quelquefois l'arme est nausabond comme dans la baie du sureau , ou stomachique comme dans celle du cassis, suave comme dans la framboise, le Litchi, etc. C'est pourquoi, continue le savant observateur ^ rien de plus convenable et de plus rafrachissant que ces fruits dans les affections bilieuses, sous les cieux ardens de la zone torride. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT TRENTE-DEUX, Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. r i. Etamines. 2. Ovaire surmont de son pistil. 3. Fruit ouvert. ( no ) \>'\V\VV\\i\V*4\\ A\V> \\>l\\V\VV>VV\AVV\VVVW\VV\tVVVVVl^^l\^*^VVVVV\tVVVA\VV\vV\VVVV\VW ( ARAMBOLIER CYLINDRIQUE. ( Rafrachissante acide. ) Synonymie. Vulg. Bilimbi. Averrhoa Blimbi caudice nudo fructificante , pomis oblongis obtusangulis , Lin. Dcan- drie pentagynie. Jussieu , famille des Trbinthaces. Blimbingum teres, Rumph. , Amb. 1, p. 118, t. 1. Bilimbi. Rheed. Mal. 3, p. 55, tab. 45 et 46. Raj. Hist. i44o n - 7- Malus indica, etc. Burm. Zeyl., p. i47 Bilimbeira , Hist. des Voy., vol. XI, p. 64'i. Gamia. Raj. Luz., p. 56, n. i. Caractres gnriques des Trbinthaces. Calice dcoup en plusieurs parties $ corolle polyptale , insre la partie infrieure du calice (rarement nulle) 5 ta- mines dfinies, gales ou doubles en nombre des pta- les-, ovaire supre -, un ou plusieurs styles -, autant de stigmates-, un drupe , une baie , ou une capsule uni ou multi-loculaires. Caractres particuliers des Caramboliers. Fleurs polyptales, feuilles alternes, cilies avec impaire \ calice petit cinq folioles ; cinq ptales droits \ dix tamines runies en anneau la base \ cinq styles -, baie grande , arrondie, pentagone, cinqloges, deux spermes. P/.JS3. (WV ftWHsj .'j.' '% //.'.* /W't'r i ti'f/fr . CARAMBOLIEZ CYLJOT>WOUE ( 'M ) Caractres propres au Bilimbi. Tige nue, fructifiante ; pommes oblongues, angles obtus. (Vivace.) Histoire naturelle. Cet arbre originaire des Indes- Orientales , o il porte des fleurs et des fruits pendant toute l'anne , se trouve maintenant dans quelques An- tilles *, il est dsirer qu'on puisse l'y multiplier. Ses fruits , quoique mrs , ne se mangent pas crus , parce qu'ils sont d'une acidit trop nergique ou concentre ; mais ou les fait cuire, ainsi que les tomates, avec le gibier ou le poisson , auxquels ils donnent un got relev et agrable. On les confit au sucre, au vinaigre, au sel, pour les manger comme les groseilles , les cpres et les olives. On les emploie aussi en mdecine. Caractres physiques. Le Bilimbi offre un arbrisseau de huit douze pieds de hauteur , d'un aspect agrable, et dont la tige un peu grle soutient une cime orbicu- laire , diffuse , garnie d'un assez beau feuillage. Ses rameaux, ses ptioles et les pdoncules de ses fleurs sont lgrement tomenteux. Les feuilles sont alternes , ailes avec impaire , beaucoup plus longues que dans les autres espces, et composes de dix-neuf ou vingt-une folioles oblongues, pointues, entires, molles, pubes- centesdansleur jeunesse , et d'un vert tendre. Les fleurs sont purpurines , un peu plus grandes que dans l'espce suivante , viennent sur le tronc dans presque toute sa longueur , et sont disposes en grappes un peu rameuses, qui ont quatre six pouces de longueur. Elles ont dix tamines libres, dont cinq sont une fois plus longues que les cinq autres. Leurs ptales sont oblongs, ligulaires et (lia) obtus leur sommet. A ces fleurs succdent des fruits charnus , oblongs , un peu cylindriques , cinq angles obtus , ou cinq cotes arrondies, d'un vert jauntre , et qui ont la forme d'un petit concombre. Ces fruits sont de la grosseur d'un uf de pigeon } ils sont d'une acidit extrme. (Encycl. mt. ) Analyse chimique. Le suc du Carambolier bilimbi contient un principe amer et aromatique , de la gomme et beaucoup d'acide malique. Proprits mdicinales. On compose avec les fruits un sirop fort estim dans les maladies inflammatoires , et particulirement dans les hpatites aigus si frquentes aux Colonies. On les emploie aussi dans la dcoction du riz non pel , comme un remde excellent dans les m- mes maladies , et toutes les fois qu'il s'agit de temprer la trop grande activit du sang , et de modrer les diarrhes et les coliques bilieuses. Mode d'administration. La dose du sirop est d'une cuillere pour une verre d'eau. Il se fait comme le sirop de groseilles. On coupe le fruit en deux parties pour l'ajouter aux dcoctions , dans l'intention de les aciduler. explication de la planche trois cent trente-trois. Le dessin est rduit au quart de grandeur naturelle. 1. Branche de fleurs. 2. Position des fruits sur l'arbre. 3. Fruit rduit. 4- Etamines. p/ f ' i j/irt ><>,' /v.v. vv."//A. / 171.*' /tcrw ,/r/f/rr.r//. CAKAMBOMEB AXLl-AIBE Hj e ( "3) ^v\vv^^/\AtyV\\^^fVV^*/v^lVV^\^A^w^'V^lVV^v^A^Wlvv/vv>lvv^^^/vvv>^M CARAMBOLIER AXILLAIRE. (Rafrachissante acide.) Synonymie. Averrhoa Carambola axillis foliorum fi^ctifi- cantbus , pomis oblongis acutangulis. Lin. , Dcandrie pentagynie. Jussieu , famille des Trbinthaces. Mala goensia fructu octangulari pomi vulgaris magni- tudine. Baub.,Pin. 433. Prunum stellatum seu Blitn- bing, Rumph. Amb. , 1 , p. il 5, t. 35. Tamara-tonga , S. Carambolas. Rheed. , Mal. 3, p. 5i, tab. 43 et 44? Raj. Hist. i449> n - 6. Malus indica foliis sennae occidenta- lis , etc. Burm. Zeyl. , p. i48. Bilimgbing. Raj. Luz. p. 56. CARACTRES GNRIQUES DES CarAMBOLIERS. Calice petit cinq folioles ; cinq ptales droits -, dix tamines runies en anneau la base; cinq styles; baie grande, arrondie, pentagone , cinq loges, 2-spermes. Caractres particuliers de l'espce. Aisselles des feuilles fructifiantes ; pommes oblongues angles obtus. ( "Vivace. ) Histoire naturelle. Le Carambolier axillare crot , ainsi que le prcdent , aux Indes-Orientales et dans Tome V. 84 e Livraison. 10 ( 4 ) quelques Antilles. On le cultive de prfrence au pre- mier dans les jardins des habitations pour ses fruits , dont les Indiens et les Croles d'Amrique font un usage journalier dans leurs calalous et dans leurs courts-bouil- lons. Ce Carambolier fleurit et fructifie deux ou trois fois par anne. Ses fruits se mangent crus et ont une saveur agrable propre exciter l'apptit. On les confit au sucre ; on en fait des marmelades et un sirop trs- rafraichissant. Caractres physiques. Ce Carambolier est un arbre qui s'lve la hauteur de douze quatorze pieds et dont le tronc , d'environ un pied de circonfrence , soutient une cime orbiculaire et diffuse. Ses feuilles sont alternes , ailes avec impaire , et composes de neuf onze folioles ovales acumines , entires , glabres , et qui vont en augmentant de grandeur vers le sommet des feuilles. Les fleurs sont petites, rougetres ou purpurines , et dispo- ses en petites grappes panicules qui sortent des aisselles des feuilles. Ces fleurs ont dix tamines courtes , mais bien distinctes. Le fruit est ovale oblong , cinq angles tranchans , peu prs de la grosseur d'un uf de poule , jauntre dans sa maturit , et sa pulpe est d'une agrable acidit. Analyse chimique. Ce Carambolier , ainsi que le pr- cdent , contient un extrait amer et aromatique , de la gomme , mais moins d'acide malique que le premier. Proprits mdicinales. On fait , avec le fruit de ce Carambolier, des marmelades, des pastilles et un sirop ( 1*5 ) bien agrable boire dans les fivres bilieuses , les dyssen- teries et autres maladies inflammatoires dsignes dans l'article prcdent. Mode d'administration. On emploie les prparations pharmaceutiques de ce Carambolier comme celles du Carambolier cylindrique. (Voyez l'article ci-dessus. ) EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT TRENTE-QUATRE. i. Ptales spars. 2. Couronnes d'tamines. 3. tamine de grosseur naturelle. 4. Ovaire surmont du pistil. 5. Fruit, partie suprieure, et l'infrieure coupe obli- quement pour laisser voir la position des graines. 10* ( n6) AVVVAVV\\V\VV^VVXVV^V\>Vi\^\^VV>VVVVM\^A^VVWVVVVVV\VV\A^'/V\^%\^VV\VVXVV>^A^>VV^> CARAMBOLIER A FRUITS RONDS (Rafrachissante acide. ) Synonymie. Vulg. Brignolier acide. Averrhoa acida ramis nudis fructificantibus , pomis subrolundis. Lin. , Dcandrie pentagynie. Jussieu , famille desTrbinthaces. Neli- Pouli. Rheed. , Mal. 3 , p. 5y , tab. 47 et 48. Raj. Hist. s45o,n. 8. Cherameia, Rumpb., Amb. y , p. 34? tab. 47, f. 2. Mala, Charameis, Acost. Amsaleira , Hist. des Voy. , vol. XI, p. 638. Amvallis, Encycl. Bauqui- ling , Raj. Suppl. Luz. , p. 63, n. 14. Caractres gnriques du Carambolier. Calice petit, cinq folioles , cinq ptales droits , dix tamines runies en anneau la base \ cinq styles , baie grande , arrondie , pentagone a cinq loges , s-spermes. Caractres particuliers de l'espce. Fruits sph- rodes. Histoire naturelle. Cet arbrisseau , comme ses con- gnres , crot dans les Indes orientales , et il y est con- tinuellement charg de fleurs et de fruits. On commence le perptuer aux Antilles , o les habitans lui donnent le nom de Brignolier, Sa racine rend un suc laiteux quand on la coupe ; elle a une saveur acre. Ses fleurs />/ > '/ //l*,>,/i>ff /Mr. ,#///.//, /'/. ff/VS */ A FIU'ITS ItOTiitiS ( '"9) sAMWWXlVWWXlWVWWWVV'VVW /V\ VVVV\\VVVV'VVVVVVVVV'VVvV\VVVVVVLVVVV'V\V\VV\PV\AV'V\VVVvWt\'* MONBIN A FRUITS ROUGES. ( Rafrachissante acide. ) Synonymie. Vulg. Ramboustan, Prunier d'Espagne, Monbin marron , Monbin btard. Spondias Monbin foliis petiolo communi compresso. Lin., Dcandrie pentagynie. Jus- sieu , famille des Trbinthaces. Spondias purpurea , D Spondias (Myrobolanus)racemis sparsis, foliis multo- brevioribus. Jacq. Amer. 139 , tab. 88. Spondias diffusa , foliis plurimis minoribus pinnatis, penna compressa sul- cata, floribus prcocibus. Brown, Jam. 228. Myrobo- lanusminor, folio fraxini alato, fructu purpureo, ossiculo magno, fibroso. Sloan., Jam. 182, Hist. 2, p. 126, tab. 129, f. 3, 4 et 5. Raj. Dend. 43. Prunus americana ossiculo magno ex filamentis lignosis reticulatim inflato. Pluck. alm. 307. En anglais Monbin. Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs polyptaies , de la famille des Balsamiers , ayant du rapport avec les Caramboliers , comprenant des arbres ou arbrisseaux dont les feuilles sont ailes avec une im- paire , les fleurs disposes en grappes axillaires ou ter- minales, ayant, pour fruit, des drupes cinq loges. Fleurs* Calice cinq dents , corolle cinq ptales. ( 120 ) Caractres particuliers. Feuilles ailes , troites 7 luisantes , fruits rouges. Histoire naturelle. Cet arbre crot naturellement dans les environs de Carthagne , et est aussi trs-com- mun la Jamaque , Saint-Domingue et autres les Antilles. Les Amricains, dit avec justice Poiret , en font un trs-grand cas , et lui accordent les honneurs de leur table. La facilit avec laquelle cet arbre reprend de bouture fait que les habitans de Saint-Domingue en for- ment des haies qui , non-seulement , servent de limites et de dfenses leurs possessions , mais leur fournissent encore des fruits en trs-peu de temps , puisqu'au rap- port de Jacquin , si l'on coupe un rameau charg de fruits , qu'on le replante , les fruits grossiront et vien- dront maturit. Au reste , cet arbre varie beaucoup dans son port : si l'on coupe le tronc une certaine hau- teur , alors il poussera des rameaux longs , effils , sans aucune autre sous-ramification, de manire offrir la vue un arbre tout--fait diffrent (Ency cl. mth. ) On fait avec la pulpe des fruits une marmelade fort agrable et qui a le got du raisin. (Nicolson. ) Caractres physiques. Cet arbre, quand il crot dans un bon terrain , s'lve jusqu' la hauteur de trente pieds. Son tronc est droit, revtu d'une corce paisse,- le bois est blanc et tendre. Les tiges se divisent en rameaux peu nombreux , pars sans ordre. Ils sont revtus de feuilles ailes , alternes , luisantes , places le plus souvent l'extrmit des rameaux ^ caduques, surtout au moment de la maturit des fruits. Les folioles sont petites , prs- (, ,3.1 ) que ovales, entires, peine dentes, seulement vers leur sommet, avec des nervures droites, simples, pa- rallles , environnes d'un lisr particulier trs-rappro- cli de la bordure avec laquelle il est aussi parallle. Ces folioles sont presque alternes , lgrement ptioles, environ une dizaine de chaque ct , termines par une impaire. Le ptiole commun est comprim , aplati , presque deux angles. Les fleurs sont disposes en grappes courtes , le plus souvent terminales, portes sur des pdoncules uniflores, quelquefois biflores. Les fleurs sont petites, de couleur rouge. Le calice a ses dcoupu- res presque rondes , obtuses et concaves. Les ptales sont galement obtus, concaves leur extrmit. Les fruits sont ordinairement revtus d'une corce de cou- leur rouge, pourpre ou jaune, mais plutt mlange de ces trois couleurs. Ils contiennent une pulpe douce, lgrement acide , jaune , en pelite quantit , d'une saveur assez agrable , d'une odeur suave. Ces fruits varient par leur forme : ils sont longs , presque ovales , obtus, ou augments d'un appendice. Analyse chimique. Les fruits mrs contiennent une partie colorante et d'une odeur agrable ; de la gomme , de l'acide malique, un principe mucoso-sucr ; du ma- late de ebaux et un peu d'amidon. Proprits mdicinales. La marmelade des Monbins rouges est aussi laxative que celle des pruneaux , et elle est employe aux mmes usages. Le fruit cru est rafra- chissant ; toutes les parties de l'arbre sont regardes comme astringentes, les bourgeons employs dans les ( I2 2 ) collyres , les fruits mrs rputs anti-dysentriques. Les noyaux passent pour vnneux. Mode d'administration. L'extrait se prescrit la dose d'une once. Les fruits en nature celle d'une demi- livre pour une dcoction laxative. Les feuilles et l'- corce par poigne pour deux livres d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT TRENTE-SIX. Le dessin est rduit au quart. 1. Foliole de grandeur naturelle. 2. Fleur. 3. Ovaire /'/. Xi- T'rwfarr &fww/i/x. /hw , J*0& Jc&Z. oil\.\(;kk ajMON ( 3) XV\ W^^VWVXVWVWW VXAWXVVWXA'MNk'VVV WVW> VWWWVWV W>iVV\W\WWW\VVVVMW WVW>/W% ORANGER LIMON (Rafrachissante acide.) Synonymie. Vulg. Limon, Cdrat, Bergamote. Citrus Limon, Lin. Polyadelphie icosandrie. Jussieu, famille des Orangers; Ventenat; Hesprides ; Tournef. Rosaces. Limon vulgaris foliis ovato-lanceolatis , acuminatis , sub- serratis. Mill. Malus limonia acida. Bauh. Pin. 436. Caractres gnriques. Calice monophylle, multifide^ corolle polyptale } taraines dfinies et indfinies , atta- ches la base des divisions du calice , filets distincts ou runis } un style, un stigmate , une baie ou capsule multiloculaire , supre 5 feuilles alternes , tiges li- gneuses. Caractres particuliers. Ptiole ail. Histoire naturelle. Suivant Moreau de Saint-Mry , le mot Limon est le nom espagnol de l'oranger. Le doux parfum de ses fleurs , la beaut de ses fruits et l'clat ( 4 ) brillant de sou beau feuillage vert ont inspir Prseval Grandmaison les vers suivans: Et l'arbre possesseur des suaves Limons , Ces Limons imitant, par les formes rivales Du sein charmant d'Hb les formes virginales, Charme l'il et le got, et dans l'air embaum Rpand au loin l'encens de son fruit parfum. Ce bel arbre offre en toute saison les fleurs du prin- temps confondues avec les fruits de l'automne ; ce qui a fait dire Bernardin de Saint-Pierre , dans son char- mant roman de Paul et Virginie : u Les manguiers ont donn douze fois leurs fruits et les orangers vingt- quatre fois leurs fleurs , ce qui annonce un intervalle de douze ans. Mais la culture en a obtenu tant de varits que, compares avec l'arbre des forets , ce n'est plus le mme aspect. Il ne s'arrondit pas l'tat sauvage , et il vient soixante pieds de hauteur. Ses branches sont souvent hrisses d'pines , ce qui le fait choisir en Am- rique pour former des haies impntrables qui dfendent les plantations de cannes sucre de l'incursion des ani- maux. C'est de ces Limons qu'on se sert Paris et qu'on y appelle citrons , ces fruits ont une corce trs- paisse , raboteuse , souvent couverte de tubercules. Caractres physiques. L'arbre qui produit le Limon est originaire d'Asie , mais naturalis dans les Amriques. Ses racines sont branchues , corce jaune extrieure- ment et blanche l'intrieur. Le bois du tronc est blanc et trs-dur. Son corce est d'un vert ple -, les rameaux sont assez nombreux , chargs de feuilles simples , oblon- ( "5 ) gues , lgrement denteles leurs bords , luisantes , d'une belle couleur verte , d'une odeur forte , aigus leur sommet ou arrondies. Les ptioles sont courts , pais et ails. Les fleurs naissent en bouquets vers l'extr- mit des branches ; elles sont de couleur blanche et d'une odeur suave. Le calice est verdtre , petit, trs-pais, cinq dents obtuses. La corolle est compose de cinq ptales oblongs , charnus et ouverts. Les tamines sont au nombre de vingt et plus, runies en faisceau. Les an- thres sont oblongues. L'ovaire est arrondi , surmont d'un style pais, cylindrique, de la longueur des tami- nes , termin par un stigmate globuleux. Le fruit est une baie ovale-oblongue , aigu , revtu d'une corce plus fine que celle des citrons , d'abord verdtre , puis d'une couleur citrine d'une odeur trs-agrable et d'une saveur aromatique. Cette corce tant rpe fournit une huile essentielle trs-recherche. Cette baie a neuf loges, con- tient, dans ses vsicules membraneuses, un suc trs-acide, et chacuue des loges deux ppins , ou semences ovules , calleuses , pointues leurs deux extrmits. Il y a des Limons aigres et des Limons doux. Les Limons viennent souvent deux ensemble. Analyse chimique. Le suc du Limon contient un prin- cipe amer , de l'acide citrique , de l'eau , de la gomme et de l'acide malique. Le zest donne une huile essen- tielle. Proprits mdicinales. Si les Limons , moins acides que les citrons, ont par consquent moins de puissance pour combattre certains poisons , ils sont d'ailleurs plus ( 6 ) efficaces pour temprer raideur de la fivre dans les ma- ladies inflammatoires On fait un sirop avec son suc dont tout le monde conuat l'usage et le mode d'administra- tion, c'est--dire qu'on l'emploie la dose d'une cuille- re pour un verre de tisane. Les graines sont amres et employes quelquefois comme vermifuges, surtout en les associant au spcifique des lombrics et des ascarides , l'huile de ricin. Je me contentais , aux Colonies , de m- langer ensemble une once d'huile de ricin , et le suc d'un Limon pour composer une potion vermifuge. Poupe- Desportes recommande la formule suivante dans le cas o il est besoin de recourir une limonade rafrachis- sante : Prenez un Limon coup par tranches , jetez dans deux pintes d'eau bouillante , ajoutez suffisante quantit de sucre , et laissez , dit-il , tremper une crote de pain pour ter la crudit. Le suc de Limon procure une encre invisible qui ne reproduit les traits qu'en prsentant le papier au feu. Une once de suc de Limon , trois onces d'eau rose et un blanc d'oeuf mls ensemble , font, con- tinue Desportes, une potion excellente pour la gonorrhe, si l'on en prend tous les deux jours. Il recommande dans l'ischurie trois cuilleres d'huile vierge et le jus d'un Limon. Le sirop du Limon entre dans les potions cordiales et dans les juleps astringens et rafrachissans. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT TRENTE-SEPT. Le dessin est rduit moiti. /'/. 338, -Tfaodore- l>r/. 33a ran>rr ^krcttr//\^J'Mtjr . ferf <.!*{/> CITRON IKJK DOUX. ( i3, ) iM\ v\ VV V\A VV> VV> |WWM VV W W* VVVWX VWWX'W>W*VWW*'W\ VV1^V\\VVWVWW>UVVMW* CITRONIER DOUX. (Rafrachissante acide.) Synonymie. Vulg. Citron de Saint-Cloud d'Amrique. Citronier fruit moelle douce. Malum Citrum dulci medull. Ferr. Herp., 73. Caractres gnriques. Ceux du Limon, Voyez ci- dessus. Caractres particuliers. Feuilles troites et longues. Fruit petit et en fuseau , jasp de vert et de jaune. Histoire naturelle. Rien, pour un nouveau dbar- qu, d'aussi curieux explorer que les marchs des villes aux Antilles. Des figures nouvelles pour l'Euro- pen , et qui paraissent toutes se ressembler ; des vivres inconnus; des manations odorifrantes de l'ananas , de l'abricot, de la banane, des melons verts et de tant d'autres productions coloniales qui veillent l'apptit aprs avoir flatt l'odorat : tout prte l'observation du voyageur. Il y remarque surtout la jeune crole , sous- traite aux rayons d'un soleil brlant , drobant sous un grand parasol ses grces naturelles, et fixant les regards ( 32 ) dos acheteurs, si clic est jolie ; dans ce cas , une femme, qui ne peut mentir soi-mme, pour attirer chaland, laisse foltrer sur ses lvres un sourire agaant et ap- probateur. Les cuisiniers eux- mmes accordent leur laveur de prfrence aux jolies marchandes , et pour leur complaire grossissent souvent la note des provisions qu'ils viennent faire 5 aussi leur retour ont-ils bien soin de dire : Sentez-vous le eitron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'ufs mls dans du verjus? S Ce fruit, quoique moins acide que le citron ordi- naire, donne une nouvelle preuve des bonts du Cra- teur qui semble s'tre complu approprier chaque climat les fruits qui conviennent ses habitans. Caractres physiques. Le Citronier doux ne diffre de ses congnres que par ses fruits qui ne jaunissent jamais, et restent toujours d'un vert tendre jasp de jaune 5 d'une forme oblongue avec tranglement la partie suprieure ; les feuilles sont troites et longues, et les fleurs viennent en groupes l'extrmit des rameaux. Analyse chimique. On trouve dans le suc de ce ci- tron , un principe amer , du mucilage , un peu de sucre et trs-peu d'acide citrique. L'espace ne permettant pas de faire connatre avec dtails les expriences de M. Las- saigne , insres dans le Journal de Pharmacie (octo- bre 1822), sur un nouvel acide produit par la distillation ( i33 ) de l'acide citrique , je ne crois pas m'carter de mon sujet en transcrivant ici quelques passages de son M- moire, On disait anciennement : Par la chaleur, l'acide citrique se partage en deux parties -, l'une se volatilise sans altration , l'autre se dcompose en fournissant tous les produits des substances vgtales traites parle feu. Au contraire, dit M. Lassaigne , l'acide qui passe la distillation ne prsente plus les proprits de l'acide citrique-, employ, il en diffre essentiellement, et il ne se forme point d'acide actique pendant cette op- ration ; il se trouve deux liquides diffrens dans le r- cipient : l'un , de couleur jaune d'ambre , d'un aspect huileux , occupe la partie infrieure ; l'autre incolore et liquide comme l'eau , d'une saveur acide trs-pro- nonce , le surnage. Le premier a une odeur bitumi- neuse , une saveur acide et acre \ il rougit le papier de tournesol , mais on le prive de cette acidit en l'agitant avec de l'eau ; il se divise alors en globules qui se pr- cipitent. Il est soluble dans l'alcohol , l'ther, les al- calis caustiques, et il tache les tissus. Il redevient acide, et finit par dposer des cristaux blancs trs-acides. Si on l'agite de nouveau avec l'eau, il se dissout et aban- donne une matire jaune, bruntre, poisseuse, et d'une odeur empyreumatique. ^Le mme effet se reproduit lorsqu'on le conserve sous l'eau -, il diminue peu peu de volume -, l'eau acquiert une saveur acide , et il reste une huile paisse au fond du vase. On a donn le nom " Acide pyro-citrique au liquide incolore qui surnage la partie olagineuse. Proprits mdicinales. Outre la vertu rafrachis- ( '34 ) sant du jus de ce fruit , Poupe-Desportes en recom- mande l'corce comme un excellent fbrifuge ; voici une recette de tisane fbrifuge : prenez , corce de citron doux n i , nitre purifi un gros, faites lgrement bouil- lir dans une pinte d'eau , et laissez infuser une demi- heure. Le malade en usera pour boisson. Ce bon pra- ticien des Antilles recommande aussi le bol fbrifuge ci-aprs : prenez,, corces de citronier doux et d'oranger bien sches et rduites en poudre, de chacune demi- gros ; sel ammoniac un scrupule ; faites un bol avec suffisante quantit de miel. Mais le sulfate de qui- nine est bien au-dessus de ces moyens ; on peut le rem- placer par l'extrait de sel essentiel de Cascarille , pr- pare comme l'eau pruvienne. M. Pelletier m'a as- sur que le quinquina piton ne donnait pas de qui- nine. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT THENTE-NEUF Le dessin est rduit moiti, . Groupe de fleurs. /y./'V T7is0tfi>re J)escmtr/zZ\. Zimc , jfyjve lirwfe COUR0ITFITE BOXTJLET . C i35 ) W W% W W> VM*W W\ W> W\ VV W\ W VW VWVWVV W\ WWW W\ WWV\ V\A W W\ W\ VV% W* VI vv> COUROUPITE DE LA GUYANE. ( Rafrachissante acide. ) Synonymie. Vulg. Boulet de canon. Abricot des singes. Couroupita guyanensis, Aublet. Guyane, 708, tab. 282. Pekea sive Pekia. Pison. Bras., p. i4i? Pekia fructu maximo globoso, Couroupitoutoumou. Bar. FI. quinox. , p. 92. Lin. , Polyandrie-Monogynie. Jussieu, famille des Myrtes. Caractres gnriques. Calice monophylle, turbin, six dcoupures charnues et verdtres -, corolle six lobes dont les deux suprieurs sont plus grands et re- dresss, et quatre plus petits et ouverts, tous pourvus d'un onglet large et charnu , la base des divisions du calice , et s'unissant un disque charnu qui recouvre le sommet de l'ovaire ; il est perc au centre , et garni d'tamines dans presque toute sa surface ; un grand nombre d'tamines portant des anthres oblongues } ovaire faisant corps avec la base du calice ; capsule ronde et ligneuse en renfermant une autre. ( i36 ) Carctlr r.s particuliers. Fruit en renfermant un autre- Histoire naturelle. Le Couroupitc croit la Guyane. et y porte des fleurs et des fruits pendant toutes les sai- sons de l'anne ; c'est pourquoi j'engage les habitans de File de Cuba o je l'ai rencontr , protger sa natura- lisation. Les croles et les noirs ont donn son norme- fruit le nom de Boulet de canon , auquel il ressemble beaucoup d'gards-, quelques-uns le nomment Abricot sauvage. Sa pulpe intrieure a une saveur acide assez, agrable et trs-rafracbissante. 'b' . C'est au milieu de ces mornes boiss , aussi vieux que les colonies , que l'on trouve le prodigieux Couroupite . souvent drob la vue par de longs filamens de Cara- guate (barbe espagnole, voyez buitime volume), qui rend les forts plus sauvages , tous les arbres de certains quartiers tant couverts de cette mousse blanche et tra- nante qui , comme le dit Chateaubriand , descend de leurs rameaux jusqu' terre. Quand la nuit , au clair de lune , vous apercevez sur la nudit d'une savane un Couroupite isol , revtu de cette draperie , vous croi- riez voir un fantme , tranant aprs lui ses longs voiles. On trouve aussi cet arbre singulier sous les votes de Smilax et autres Lianes qui entravent les pieds du voyageur comme des filets , et conduisent aux cabanes solitaires des ngres marrons qui cherchent se sous- traire au chtiment qu'on leur rserve. ( '-7. ) C'est au milieu de cette nature sauvage, mais toujours belle et toujours loquente dans son silence , que .... L'air du matin, la fracheur de l'aurore Appellent l'envi les disciples de Flore. Enfin aux colonies, sous un ciel pur et blouissant , la grce est toujours unie la magnificence dans les scnes de la nature *, partout dans les mornes , des sour- ces caches dans la profonde nuit de la terre annon- cent leur prsence par un doux murmure , ou des eaux argentes qu'elles laissent filtrer entre les rochers, ou se drober en gazouillant sous les gazons , ou les plantes qu'elles reverdissent. Lorsque le silence de la nature est interrompu par les brises violentes qui , sous la zone torride , font souvent le dsespoir du cultivateur , on entend la crpitation des fruits du Couroupite dont le balancement produit un choc mille fois rpt et sem- blable au feu roulant de la mousqueterie. Caractres physiques. Le Couroupite est un arbre qui s'lve une grande hauteur , et qui parat avoir beaucoup de rapport avec le genre Quate (Lecythis). Son tronc a souvent plus de deux pieds de diamtre j son corce est paisse , gerce et raboteuse ; son bois est blanc , rougetre l'intrieur , et d'une solidit mdiocre } c'est pourquoi il est rarement employ. Au sommet du tronc naissent des branches qui se rpandent en tous sens *, les rameaux sont chargs de feuilles al- ternes , ovaies-oblongues , pointues , entires, ptioles, glabres , lisses et longues d'un pied sur quatre pouces Tome V. 85 e Livraison. i 2 ( i38 ) de largeur; les fleurs sont grandes, belles, couleur de rose, rpandant une odeur suave, et naissent en grap- pes droites, simples, situes sur le tronc et sur les branches ; les pdoncules propres ont chacun leur base une caille qui tombe de bonne heure , et deux autres cailles situes prs du calice. Chaque fleur a : i un calice monophylle , turbin et partag en six dcoupures concaves, charnues et ver- dtrcs; :i une corolle divise en six lobes fort grands , ingaux , dont deux suprieurs plus grands et plus re- dresss, et quatre plus petits et ouverts; ils tiennent tous par un onglet large et charnu, la base des di- visions du calice , et ensuite s'unissent un disque ou feuillet charnu qui couvre le sommet de l'ovaire , lequel est perc dans son centre , garni d'tamines dans pres- que toute sa surface, et s'allonge d'un ct en une lan- guette large, ovode , convexe en dehors , recourbe sur le fond de la fleur, et qui cache les tamines et le pistil $ 3 uu grand nombre d'tamines , dont les flamens courts , charnus et insrs sur le disque intrieur, por- tent des anthres oblongues, petites et jauntres ; 4 un ovaire, demi-infrieur , faisant corps en grande partie avec la base du calice , se terminant par un mamelon anguleux qui remplit l'ouverture du disque , et est cou- ronn par un stigmate six rayons. Le fruit est une capsule ronde , ligneuse , environ de la grosseur d'un boulet de trente-six , brune et rabo- teuse extrieurement , ayant dans sa partie suprieure un rebord circulaire avec des restes des divisions du ( i3g ) calice , et au-dessus de ce rebord un opercule qui ne tombe point; cette capsule est enduite intrieurement d'une pulpe fibreuse sous laquelle est une seconde cap- sule globuleuse , mince , cassante , partage , dans son intrieur , en six loges par des cloisons membraneuses et contenant dans chaque loge plusieurs semences ar- rondies, comprimes, niches dans une pulpe succu- lente. (Encycl. mth. ) Analyse chimique. La pulpe contient du sucre, de la gomme et des acides malique , citrique et tartrique. Proprits mdicinales. La pulpe du fruit est em- ploye dans toutes les circonstances d'une maladie qui rclame des boissons rafrachissantes aciduls. C'est pourquoi elle est ardemment dsire par ces fivreux dvors d'une soif ardente , excite encore par une longue insomnie. Son suc acide donne la bouche une agrable fracheur , combat et dissipe cet empte- ment incommode de la langue , et prvient le dessche- ment fuligineux qui est toujours la suite de ces fivres brlantes si fatales aux Europens. La dcoction de cette pulpe est galement employe dans les clystres que l'on prescrit contre les diarrhes rebelles et les inflammations chroniques des intestins. ( i4o) EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUARANTE. Le dessin est rduit au tiers. 1. Fruit ouvert. //. ;l r&i>t>rr /S.vrour.'sA /}//,* . //wv ,fc/t^p . xyx^sxs itot *;*;. ( 4i ) *!WVV\iV\VVVVVVVVV*VVVVVVVVVVVVVVVA*\W**'VVVVv\ vvv^ ANANAS JAUISE. ( Rafrachissante acide. ) Synonymie. Vulg. l'Ananas gros Gieux. Ananas couronne. Bromelia Ananas. Lin., Hexandrie Monogynie. Jussieu , famille des Ananas. Bromelia foliis ciliato- spinosis, mucronatis, spic comos, Lin. Carduus bra- silianus, foliis alos, Bauh., Pin., 384* Ananas acu- leatus, fructu ovato, carne albid, Tournefort, 653. Kapa-Tsjakka, Rheed. Mal. , p. , t. i , 2. En anglais , Pine-Apple. En espagnol , Ananas pina. Caractres gnriques. Calice 3-fide, suprieur , trois ptales, caille nectarifre la base du ptale, baie trois loges. Caractres particuliers. Feuilles cilies , pineuses , mucrones, pi chevelure. Histoire naturelle. Tout est prvu dans la nature , et je remarque avec admiration, avec Bernardin de Saint- Pierre , que comme la multitude des insectes anantirait des fruits si utiles aux colonies , l'Etre des tres les a ( 46 ) revtus de euirs pais, de peaux pres, de eoques dures et dcores aromatiques , comme l'orange et le citron , en sortequ'il y a peu d'espces o la mouche puisse in- troduire son ver. Ayant dj donn l'histoire de deux espces d'Ananas , il me suffit d'ajouter qu'on a telle- ment perfectionn la culture des Ananas , au moyen de couches de tanne, qu'on les mange presque aussi par- fums qu'en Amrique. L'art du confiseur, port en France depuis quelques annes au plus haut degr de perfection, est parvenu enchaner le parfum de l'Ana- nas avec le sucre et le mucilage, au point de confec- tionner des pastilles dlicieuses que l'on savoure dans les bals , que les chasseurs recherchent et qui apaisent la soif des malades. Caractres physiques. La racine est compose de beau- coup de fibres noirtres. Elle pousse plusieurs feuilles qui enveloppent le fruit*, longues de deux trois pieds, n'ayant que deux trois pouces de largeur , creuses en gouttire , hrisses d'pines courtes , nombreuses et trs- aigus : ces feuilles sont d'un vert argent. Il s'lve du milieu une hampe courte , cylindrique, paisse , gar- nie de petites feuilles roses , surmonte dun pi glom- rul, dense, cailleux , conique. Ce fruit est surmont d'une couronne de feuilles persistantes sur le fruit, mais plus courtes que les feuilles radicales. Les fleurs sontbleutres,sessiles, petites et parses sur la surface du fruit , qui n'est qu'un rceptacle commun , et sur lequel les ovaires naissent de toutes parts , demi- enchsss dans sa substance. Chaque fleur offre un calice persistant , suprieur et trois divisions -, une corolle profondment divise en trois dcoupures lancoles , plus longues que le calice} six tamines plus courtes que Ja corolle, portant des anthres droites et sagittes , un ovaire infrieur , charg d'un style filiforme , termin par un stigmate trifide. Ces fleurs tombent bientt , et l'on voit le rceptacle charnu qui les soutenait , s'accrotre , se colorer , et se changer en un fruit succulent , form par la runion symtrique de baies nombreuses , imitant la figure d'une pomme de pin, garni de tous cts de petites cailles triangulaires et renfermant beaucoup de graines menues ovodes. La chair de ce fruit est blanche ou jauntre, selon les varits \ parseme de fibres trs-dlies qui divergent du centre la circonfrence en manire de rayons , et qui , dans les tranches horizontales , repr- sentent une rosette toilce. ( Lamarck. ) Analyse chimique. Le suc de l'Ananas contient beau- coup de sucre , de la gomme et de l'acide malique , de l'acide citrique et un peu d'acide tartrique. Proprits mdicinales. Les Indiens et les Amri- cains font bouillir les feuilles de l'Ananas dans l'eau de riz et y ajoutent de la poudre de racines de barrelire qu'ils administrent aux hydropiques comme hydragogues. Selon eux, les fleurs infuses dans le vinaigre chassent le ftus. Ils composent, avec le fruit coup par tranches et un peu d'eau, une boisson vineuse, trs-rafrachis- sante. On prpare dans les ambulances coloniales un trs-bon onguent digestif avec le suc d'Ananas , du tafia , le baume sucrier et un jaune d'oeuf. Un autre digestif est celui-ci : prenez suc d'Ananas , herbe bl, tafia, citron, sirop de bassin et cire. Formez du tout, ( 48 ) selon l'art , un digestif ou un onguent , en ajoutant une plus grande quantit de cire. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUARANTE-DEUX. Le fruit est rduit au quart de sa grandeur ^ p r, , w m r*m m //. SJ3. 7/n*4*f4ir t - /k7W//7/A ///r.i< y.vvv J't'///r* . rVROYKK.- ( 49) WVVvVVVVVVVVVVVVVWiWWVVVVVVVVVVV\u/-///\ /Wr.r Aw , faulp . BEG0M2 iLri.HA.VTK ( '53) VW VV\ WV VVV VVV VVVVVV VVV VVV VVV VVV VVVVVVVVV\W VVV VVV vw BGONE LUISANTE. (Rafrachissante acide.) Synonymie. Vulg. Oseille des bois , dans certaines colonies des Antilles. Bgonia nitida, Lin. Monocie Polyandrie. Jussieu, Plantes d'un sige incertain. Bgonia fruti- cosa, erecta, foliis glaberrimis, inaequaliter cordatis, obso- lte dentatis, capsula al maxim , subrotund, Dryand. Act. Soc. Lin, Lond. i, p. 169. Ait. Hort. Kew. 3, p. 352. Bgonia obliqua fruticosa, foliis obliqu cordatis, carnosis, glaberrimis, stipulis tripteris. L'Hritier, B- gonia minor caule fruticoso, erecto; foliis dentatis glabris, floribus paniculatis, Jacq. Icon., 3, tab. 618. Bgo- nia purpurea , Swartz , Prodr. Tsjeria narinampuli , Rheed. Malab., 12. Bgonia san-dominica repens circ rivulos, pi. V, 3, p. 4 Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs in- compltes et irrgulires , comprenant des herbes exoti- ques , qui , par leur port et leur saveur , semblent se rapprocher des oseilles, et par leur fructification du ssure et des ttragonelles. Fleurs monoques. Dans les mles : Calice deux divisions profondes ; deux six p- tales marcescens*, tamines nombreuses. Dans les fe- ( m ) mettes : calice idem\ deux, trois, quatre ptales ingaux 5 trois styles , souvent bifides \ capsule trigone trois val- ves membraneuses , et trois loges polyspermes. Caractres particuliers. Feuilles alternes et en cur oblique. Histoire naturelle. Ce genre a t ddi par Plumier M. Bgon , intendant de la marine , vrai protecteur des beaux-arts et des sciences. La Bgone luisante est une charmante plante qui crot sur les montagnes et dans les marais des Antilles 5 elle est remarquable par ses fruits ails , d'une forme presque unique. Les graines que leur got attire prs des eaux, Au lieu d'aile ou d'aigrette ont diffrens bateaux : L'une au dclin du jour oriente ses voiles, Et sur un lac uni vole au gr des toiles. Castel. Cette plante a plusieurs surs , toutes plus lgantes de formes et de couleurs. C'est ce qui en a fait recher- cher la culture en Europe. Les serres de Voisin , dont j'ai dj parl, en renferment de beaucoup d'espces, aisment remarquables par des varits tranchantes. Ces plantes exigent la serre chaude et une terre de bruyre marcageuse , entretenue frache. On les multiplie par clat des pieds et par bouture. Les feuilles de cette Bgone font partie des calalous et des brdes ( mets croles ). Caractres physiques. Arbrisseau dont les tiges sont ( i55) droites , glabres , rameuses , cylindriques -, les feuilles trs-glabres, renverses, un peu charnues, d'un vert tendre, alternes, ptioles, assez grandes , en cur obli- que , aigus , presque entires , ou bien dentelures irrgulires , arrondies , souvent peu sensibles. Les fleurs sont blanches , ou roses , disposes en panicules axillaires, presque terminales , longuement ptioles , presque di- vises par dichotmes ; chaque fleur pdicelle , accom- pagne de deux petites stipules opposes , ovales , aigus, en forme de carne -, quatre ptales obtus , dont deux beaucoup plus troits et un peu plus courts -, les tami- nes trs-courtes ; une capsule triangulaire, surmonte par les ptales persistans trois loges ; leurs angles pro- longs en ailes membraneuses, l'une d'elles deux fois plus grande que les deux autres 5 toutes se sparant en deux l'ouverture des valves ; les cloisons trs-minces, troites, opposes aux valves-, les semences nombreuses , fort petites , presque globuleuses. Analyse chimique. Ces feuilles contiennent de l'acide oxalique , de l'acide malique , un principe amer et de l'eau. Proprits mdicinales. Toutes les parties de la plante s'emploient dans les tisanes rafrachissantes, particu- lirement en faveur des tempramens bilieux. Ces m- mes boissons, en y ajoutant les racines, raniment la cir- culation chez les personnes affectes du scorbut ou d'en- gorgemens. Les feuilles seules temprent au contraire la trop grande activit du sang. Leur acidit modre la fermentation bilieuse et apaise la soif des fivreux. On ajoute les feuilles de cette Bgone aux plantes crucifres ( '56 ) et anti-scorbutiques , dcrites dans le premier volume de cette Flore , et pour rendre ces boissons plus opra- tives , on leur associe la teinture de mars , ou tout autre oxide de fer. Il est remarquer que les feuilles acides de Bgone , combines avec les crucifres , forment par les principes acides de l'un et la vertu volatile de l'autre, un sel neutre , trs-utile employer dans le scorbut et dans les maladies chroniques. Les feuilles appliques en cataplasme sont vulnraires, fondantes et maturatives. L'espce appele Bgonia flore roseo , folio orbiculcui, contient beaucoup plus d'acide oxalique } on fait avec son suc d'excellentes confitures. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUARANTE-QUATRE. La plante est rduite moiti de sa grandeur. 1. Bouton. 2. Fleur. 3. Fruit. />/.;;,:,. 77ut/t>rr JttWwrfi/s Jhhaz rr/ee 5 9 ) menues. Le parenchyme en est succulent, d'une saveur trs-agrable, quoiqu'aigrelette, et est fort recherch des enfans et des oiseaux. La surface de ces fruits est hrisse de poils , et a une teinte violette tirant sur le noir. Analyse chimique. Le suc des baies rougit les cou- leurs bleues vgtales. L'acide sulfurique concentr le brunit, tandis que l'acide nitrique le rduit en eau et en acide carbonique. Il se combine avec les bases sali- nes } il a avec la chaux une telle affinit , qu'on l'emploie comme ractif pour reconnatre la prsence de cette substance dans les eaux minrales et les liquides ani- maux. Proprits mdicinales. Les baies de cet arbuste jouissent des mmes vertus que celles du groseiller d'Europe, et on les emploie aux mmes usages , c'est-- dire qu'on en prescrit le suc lorsqu'il s'agit de temprer l'activit tumultueuse de la circulation, et de neutrali- ser l'alcalescence de la bile. On en compose une bois- son agrable que l'on prescrit dans les angines , les phleg- masies internes, les vomissemens , les diarrhes, les hmorragies et les fivres de mauvais caractre. Ce- pendant on n'ordonne jamais seul le suc de cette baie y mais on lui associe un tiers de jus de limon. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUARANTE-CINQ. Le dessin est rduit moiti. i. Fruit entier. 2. Fruit coup transversalement. ( Go) V\\l>\\\v"\>*\\>>\\\\v\\\\\i>\vv\v\\\\v>\\VVVV\l\\VV\\A\VV\ IV\\\\ VV\VVVVV\VV\VVVV'V\ w SAPOTILLIER NOIR A FLEURS SESSILES. (Rafrachissante acidul.") Synonymie. Vulg. Balatas rouge, Contrevent. Sapolillier marron. Achras sessilifolia , Lin. Hexandrie Mono- gynie. Jussieu, famille des Sapotilliers. Achras foliis cuneato-oblongis, obtusis; floribus subsessilibus. (Poiret, Encycl. Mth.) En carabe, Manitambou. Achras fructibus minoribus, fer glabris, per ramos sparsis, semi- nibussubrotundisjcicatricula majore, oval ; Brown. Jamac, 201 . Caractres gnriques des Sapotilliers. Calice six divisions profondes, disposes sur deux rangs \ corolle campaniforme , six divisions , six cailles intrieures qui la font paratre double ; six tamines -, un style su- bui \ une pomme douze loges ; semence solitaire , cicatrice marginale et hrisse son sommet. Caractres particuliers. Fleurs sessiles \ tige lai- teuse \ feuilles lancoles. Histoire naturelle. Le mot latin achras est driv du grec a^pa qui veut dire Poirier sauvage. En effet , on ne trouve cet arbre que sur les collines arides. Il dcoule de son tronc et de ses rameaux une liqueur lai- teuse , lorsqu'on les entame. Son bois est trs-dur, fort /v. 340. T'eotdore /JejroifrfypK J^ji.t- . J'eree Jcui> SAI'OTBIX >'OR. ( .6. ) bon pour les constructions. On vante spn corce comme un trs-bon fbrifuge dans les fivres intermittentes. Cet arbre a beaucoup de rapports avec le Sapotillicr noir : l'amande du noyau est blanche et plate. On ne la s- pare point pour reproduire la plante, dit Plumier, mais l'on plante le fruit droit, et l'amande pousse entre les deux parties de la tte. Le fruit sert la cuisine -, on le met la soupe , et on l'accommode au beurre comme les cardes. Il a peu de got 5 et quelques habitans le font dtruire, persuads que, donn pour toute nourri- ture, ce fruit a rendu ladres plusieurs noirs sur lesquels on a eu la barbarie d'en faire la fatale exprience. On fait d'excellentes cardes avec l'corce. Caractres physiques. Le Sapotillier fleurs sessiles est une fort belle espce dont les rameaux trs-pais, ligneux , l'corce rugueuse , d'un gris jauntre , filamen- teuse , paisse, paraissent appartenir un arbre assez fort. Les feuilles sont alternes , disposes au sommet des rameaux , ptioles , amples , coriaces , oblongues , r- trcies en coin la base, quelquefois obtuses ou aigus, ou un peu chancres leur sommet , glabres , mou- chetes , luisantes leurs deux faces, entires a leurs bords, marques d'une cte longitudinale, saillante, paisse , et de nervures latrales , fines , cartes , simples, et dont le milieu est occup par des veines jauntres , agrablement rticules , de douze quinze pouces de longueur sur quatre cinq dans la plus grande largeur. Les branches dont l'corce est mince, d'un rouge tann, gerces ou verruqueuses, viennent hautes et droites. Les fleurs sont parses sur les branches , principale- ment vers l'extrmit des rameaux, assez nombreuses, ( ifc ) sessiles et peine pdoucules , solitaires. Leur calice est un peu pubesccnt , de couleur de rouille -, le fruit est sphriquc, mammiforme ; le noyau est d'un noir lustr , travers par une large cicatrice gristre dans toute sa longueur. Il existe beaucoup de varits du Sapotillier aux An- tilles, qui toutes ont plus ou moins des proprits non- ces dans cet article. Analyse chimique. Le suc laiteux qui dcoule de l'- corce est propre donner du caoutchouc ; elle contient aussi du tannin et un suc trs-astringent. Proprits mdicinales. Les amandes des fruits de ce Sapotillier jouissent des proprits diurtiques de toutes les espces de ce genre. ( Voyez pour de plus grands dtails l'article Sapotillier du quatrime volume , pag. 112 , pi. 259.) La pulpe des fruits du Sapotillier que nous dcrivons est astringente , on la confit au su- cre pour en obtenir une marmelade que les empiriques des Indes occidentales prescrivent la fin des diarrhes. Son suc gommeux tant rduit en poudre fine et insuffl dans les narines , arrte les hmorragies nasales d'une manire sensible . et sans qu'il soit besoin de recourir au tamponnement. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUARANTE-SIX. Le dessin est rduit au quart. 1 . Fruit coup de manire laisser voir le noyau. 2. Noyau de grandeur naturelle. /y. 347 7/nuM/t/r 7><:yt ', /ori> VMrn>?fs-A'/\_/*i/i*f . AflIlT ACIDE. ( i6 7 ) Le pied du vendangeur frappe et brise la grappe, Et Bacchus en grondant cde, cume et s'chappe. MOLLEVAUX. On rencontre frquemment l'Achit trifoli autour des arbres qui bordent les rives maritimes des les de la Tortue Hati, et de Cuba. Caractres physiques. Cette espce est remarquable par ses tiges anguleuses et par ses rameaux et ses ptioles membraneux , ou rebords minces qui les font paratre ails. Elle est d'ailleurs sarmenteuse et grimpante comme les autres espces et porte des feuilles ternes, ayant leurs folioles ovales , pointues, lgrement dentes et velues ou pubescentes, principalement leur surface infrieure. Les fleurs naissent en ombellules bien gar- nies , situes l'extrmit des rameaux , et produisent des baies qui deviennent noires en mrissant. Analyse chimique. Ainsi que ses congnres , les baies de cet x\chit contiennent un suc aqueux , doucetre , muqueux et lgrement aigrelet , qui les rend rafra- cbissans. Proprits MDicrNALES. Les feuilles de cet Acliit sont employes dans les dcoctions astringentes. On fait mme avec ces feuilles et les baies une dcoction et par suite un sirop que les naturels estiment propre arrter dou- cement le flux dysentrique et les hmorragies utrines. Le suc des tiges est dtersif et propre gurir les d- mangeaisons qu'excitent les affections cutanes. Ces tiges infuses dans le vin blanc sont diurtiques. Les baies ( >68 ) avant leur maturit sont employes dans le traitement des diarrhes bilieuses , tandis que les baies qui sont par- venues leur parfaite maturit sont rafrachissantes. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUARANTE-HUIT. Le dessin est rduit au quart de sa grandeur naturelle. n.imy,xmiAM lobes dents. ( i6g ) GRENADILLE POLYPHILLE: (Rafrachissante acide. ) Synonymie. Grenadille lobes dentels. Passiflora serrata, Lin. Gynandrie pentandrie. Tournefort, Rosaces. Jussieu , famille des Cucurbtaces. Passiflora foliis pal- matis, seiratis , Lin. Amn. acad. , i, p. 23i , f. 21. Grenadilla polyphillos , fructu colocynlidis, Tourn. , 241 Clematis indica polyphylla major, flore clavato , fructu colocynthidis. , Plum. amer. 62 , t. 79 , Raj. supp. 34o. Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs po- lyptales de la famille des Cpriers , comprenant des plantes exotiques , sarmenteuses , grimpantes , munies de vrilles , ayant des feuilles alternes , simples ou lobes , et des fleurs axillaires. Ces fleurs ont une couronne fran- ge , colore, belle voir, environnant leurs organes sexuels , et par le pdicule qui lve au-dessus du rcep- tacle et soutient ces organes. Fleurs. Calice cinq d- coupures , cinq ptales , fixs la base du calice ; une couronne particulire ( nectaire) , multifide dans la fleur ; cinq tamines, trois styles, une baie ovode, uniloculaire, polysperme et pdicule. Caractres particuliers. Feuilles sans divisions , ova- les, dentes en scie. Histoire naturelle. Les forts de l'Amrique four- millent de Grenadilles de toutes les espces et de toutes les couleurs qui s'lvent en choisissant pour tuteurs des Tome V. 88 e Livraison. 16 ( i 7 o ) arbres aussi vieux que le temps, et saehanl rsister, par leur flexible lasticit, aux variations de l'atmosphre ; on voit presque toujours aprs un ouragan Ces plantes ranimes Dployer autour d'eux leurs tiges parfumes, Et suspendre en festons leurs fleurs et leurs rameaux. (Thomas. ) On sait que ces plantes sontsarmenteuses, et qu'on en emploie la plupart garnir des tonnelles, ce qui offre le plus joli coup-d'ceil lorsque la plante est en fleurs , par la varit de leurs tons et l'lgance de leurs formes. L'odorat est galement flatt voluptueusement en appro- chant de ces courtines de verdure. Un pied de Grena- dille cultiv peut garnir un espace considrable et don- ner douze quinze cents fleurs. On sme en Europe les graines mres sur couche chaude et sous chssis. Caractres physiques. Cette Grenadille est principa- lement distingue de la prcdente par les lobes de ses feuilles denteles. Les sarmens , selon Plumier, grimpent et s'tendent au loin sur les arbres , sur les buissons et leur servent d'ornement par la verdure agrable de leur feuillage. Les feuilles sont palmes, divises en sept lobes oblongs , un peu rtrcis infrieurement, lgrement largis vers leur sommet qui est pointu , runis leur base et dentels sur les bords. Leur ptiole est charg de quelques glandes. Les pdoncules sont axillaires , so- litaires , portent chacun une grande fleur panache de blanc et de violet , ayant sa base une collerette de trois folioles ovales , un peu pointues, blanchtres et veineu- ses. Le fruit est presque rond , de la grosseur d'une ( '7' ) orange, lisse comme une coloquinte, except vers son pdicule, o il approche un peu de la figure d'une poire. Son corce , qui est un peu paisse et de consistance assez ferme , enveloppe une pulpe blanche , mucilagi- neuse , qui renferme quantit de semences noirtres. ( Encycl. mth. ) Analyse chimique. La pulpe fournit beaucoup de mu- cilage, une partie sucre et une lgrement acide; les fleurs un arme extrmement suave. Proprits mdicinales. Cette Grenadille est estime trs-rafrachissante. Son fruit tant entam fournit une pulpe visqueuse d'une agrable acidit et qui apaise la soif du voyageur. On se sert peu de cette pulpe en m- decine ; cependant, dfaut d'autre, elle offre quelque soulagement dans les fivres ardentes , parce qu'elle humecte et calme le mouvement imptueux de la circu- lation , et qu'elle neutralise l'alcalescence de la bile. Elle est aussi lgrement diurtique \ on recommande la d- coction des feuilles comme trs-utile dans les angines et dans l'engorgement scorbutique des gencives. L'infusion de la fleur est employe en lotions dans les rysiples et les ophthalmies. Cette mme fleur, dont l'odeur est trs- suave , ayant subi une macration dans l'huile de Ben , procure aux parfumeurs une pommade extrmement agrable et un cosmtique trs-recherch. explication de la planche trois cent quarante-neuf. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. i. Fruit coup transversalement. ( '7* ) Vv\\.k\V\\VWVVW\ .\>\VWVVV'Vk\\v\V\WVVVv'WlWi\UWVVl\VVWvVVVV>'lWl\V.Wl'WvWV*\\'V GRENADILLE ECARLATE. (Rafrachissante acide.) Synonymie. Vulg. Fleur en feu. Passiflora coccinea, Lin. Gjnandrie pentandrie. Tournefort, Rosaees. Jus- sieu, famille des Cucurbitaces. Passiflora foliis indivisis, cordalis, serratis , petiolis glandulosis, Poiret. Passiflora coccinea foliis cordatis, serratis, petiolatis, glandulosis, flo- ribus coccineis, fructu flavo , Aubl. , Guian. , 828 , t. 324- Caractres gnriques des Grenadilles. Calice cinq dcoupures, cinq ptales (calice interne, Jussieu), fixs la base du calice ; une couronne particulire (nectaire ) , multifide dans la fleur \ cinq tamines , trois styles, une baie ovode supre, uniloculaire , polysperme. Caractres particuliers. Feuilles alternes , cordifor- mes , dentes en leurs bords. Histoire naturelle. Cette plante de la Guiane , o elle embellit la vgtation de ses forets antiques , se trouve aussi aux les Antilles. Elle y fleurit en juillet et aot, et y forme des berceaux enchanteurs sous les- quels Mille oiseaux peuplant les dmes de verdure , Animent ces beaux lieux de leurs doux chants d'amour > PI. 35o ///.i'Ajmllk fleurs rfuspEES free Jet ( 7* ) ^VV\'VV\\\\V^V\AV\V\'VKV'VVVV<.V\A\'VV'\VVVV\\V>VVVVVVVV\'VV\\V.VV\V\VV\tVVVVVVVVV\'VV\'VV\'Vv\\v\Vv\N GRENADILLE A FLEURS CRISPES. {Rafrachissante acide.') Synonymie. Grenadille feuilles pdiaires , de l'Encyclopdie. Passiflora pedata foliis serratis , Lin. Gynandrie pen- tandrie. Tournefort, Rosaces. Jussieu , famille des Cucurbitaces. Granadilla polypbyilos , flore crispo, Tourn., i^\, Clematis indica polyphilla, flore crispato. Plum. amer., 66, t. 81, Raj. suppl. 34i. Petiv. Gaz., t. n4> f. 4. Palm, curld. , maracoc. Ray. Caractres gnriques. Trigyne , calice 5-phylle , cinq ptales , nectaire en couronne , baie pdicule. Caractres particuliers. Feuilles pdiformes , den- tes en scie , d'un beau vert fonc en dessus et plus clair en dessous *, tiges anguleuses. Histoire naturelle. Les fruits de cette Grenadille sont employs aux colonies faire des bombonnires , des tabatires et certains ustensiles de mnage. Quelques luxurieux des fortuns rivages de l'Amrique aiment boire du vin de Madre dans le fruit de cette Grenadille frachement vid. Elle croit Hati , la Martinique, la Guadeloupe , Cuba et le long de la rivire. Rien d'aussi curieux que la fcondation de la fleur de Gre- nadille. On a observ que les styles, aussitt aprs que ( '76 ) la fleur est panouie , sont droits et rapprochs les uns des autres au centre de la corolle. Au bout de quelques heures ils s'cartent et s'abaissent ensemble vers les exa- mines , de manire que chaque stigmate touche l'anthre qui lui correspond j ils s'en loignent sensiblement aprs avoir t fconds. Voil un exemple o les organes fe- melles vont au-devant des mles. Si les indignes avaient connaissance de cette particularit , certes les Grena- dilles feraient partie de leurs mystiques bouquets, et ils pourraient l'adresser une matresse volage comme em- blme de la coquetterie. Caractres physiques. Dans cette espce , les feuilles ne sont point divises simplement en lobes runis leur base , mais elles sont partages en folioles tout--fait distinctes , disposes sur la bifurcation lgre de leur ptiole , la manire de celles de l'hellbore noir et de l'hellbore ftide. Ses sarmens sont anguleux, ses feuilles sont pdiaires et partages en six ou sept folioles lancoles , dentes sur les bords , ingales , lisses et d'un beau vert. Les p- doncules sont axillaires , solitaires, portent chacun une fleur fort grande , d'un aspect trs-agrable , ayant sa base une collerette de trois folioles ovales, pointues, dentes et comme franges sur les bords. La couronne frange de cette fleur a ses filets teints d'un rouge fonc , varis de deux ou trois cercles blancs et d'un beau violet leur extrmit. Ces filets sont tortueux comme les ser- pens que l'on voit autour de la tte de Mduse. Le fruit est de la grosseur et de la figure d'une de nos pommes mdiocres 5 son corce est d'un vert clair , marbr de ( l ll ) points encore plus clairs , et a la consistance de nos petites courges. Analyse chimique. Mme analyse que dans les deux espces prcdentes. Proprits mdicinales. Lorsque les fruits sont mrs, ils sont doux, parfums , ils humectent et ils rafrachis- sent. On les associe aux fruits du cerisier des Antilles , espce de Malpighie , pour en obtenir un sirop qu'on prescrit avec avantage pour modrer les ardeurs de la fivre qui est cause par une bile trop exalte. L'agra- ble acidit de ce sirop apaise la soif des malades , leur donne bonne bouche et dtruit cette scheresse brlante qui rend bientt leur langue fuligineuse. Ce mme sirop, dont on imbibe un plumaceau , sert rafrachir l'int- rieur de la bouche des malades atteints de fivres ataxi- ques ou adynamiques. Ce sirop est trs-utile dans les coliques bilieuses et dans les diarrhes , mais il faut s'en abstenir si le malade est tourment par une toux in- commode. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT CINQUANTE-UNE. Le dessin est rduit au tiers de grandeur naturelle. TomeV. 88 e Livraison. 17 ( 7) *V*V\*A'V\VWWWVVv'v\A**VWWVW\ VW vWVWWVWVVW v\\ vv\v\\ v \\ vVV VV\ tV\ VWvWiVX WV\ VU V%% RAISIMER A FRUITS BLANCS. {Rafrachissante acide.) Synonymie. Vulg. Raisinier de coudre ou de montagne. Coccoloba nivea, Jacq., Lin. Oetandrie trigynie. Jus- sieu, famille des Polygones. Coccoloba foliis oblongis acuminatis , racemis erectiusculis, Willd. Spec. plant. , vol. 2, page 4^8 , n 7. Coccoloba nivea, foliis oblongis, acu- minatis, venosis , supra nitidis; racemis erectiusculis. Swartz, Prodr. 64> Idem, Flor. Ind. Occid., vol. 2, page 69.3. Coccoloba nivea, foliis ovato-oblongis ,acutis, rugosis, Jacq. Amer. n5, tab. 78. Arbor peryclimeni facie, foliis et floribus racemosis, fructu uvformi, ante maturitatem rubro, dein albo trisulco. Poupe-Desportes. Caractres gnriques des Raisiniers. Genre de plan- tes dicotyldones, fleurs incompltes , de la famille des Polygones et qui comprend des herbes ou des arbris- seaux exotiques l'Europe feuilles alternes et fleurs disposes en grappes. Les caractres botaniques sont : un calice color cinq divisions, point de corolle, huit tamines, trois styles, une noix recouverte par le calice converti en baie. Caractres particuliers. Calice pais , succulent et blanc, grappes terminales. Histoire naturelle. Coccoloba signifie semence lobe. Cet arbre ne crot que dans les mornes j on en mange les fruits qui sont trs-rafrachissans et sont recherchs F32. ltAISLVIER A FRTIT 'MLA^TiS Perep Jcu& ( !79 ) par les Croles. Il est commun la Martinique , Hati , o on le rencontre aussi le long des rivires et des tor- rens. On le cultive dans l'le Saint-Eustaclie. Il est d'un bel aspect , couvert de la rose du matin , Au moment o l'aurore avec ses doigts de rose Spare en souriant la nuit d'avec le jour. (De Bernis.) Je connais plusieurs montagnes , dit Bernardin de Saint-Pierre , dont chacune d'elles a des vgtaux et des quadrupdes qui lui sont plus particuliers et qu'on ne trouve point ailleurs, ce qui prouve videmment quelles ne sont point l'ouvrage du hasard et conformes par la force centrifuge, les feux souterrains, les tremblemens de terre ou le dluge. Il y a, lors de l'quinoxe , des pluies de poussire qui rparent les bouemens des montagnes , comme il y a des pluies d'eau qui entre- tiennent leurs sources. Les vents maritimes runissent leurs efforts vers l'quinoxe de septembre , transportent, de la circonfrence des continens aux montagnes qui eu sont les plus loignes, les semences et les engrais sortis de leur sein , et sment de prairies , de bosquets et de forts , les flancs des prcipices et les pics les plus levs. Ainsi, les feuilles, les tiges, les graines, les oiseaux, les saisons, les mers et les vents concourent d'une manire admirable entretenir la vgtation des montagnes. Caractres physiques. Cet arbre , d'environ vingt pieds , est droit , rameux ; ses branches sont garnies de feuilles alternes , ptioles, ovales , oblongues , minces , membraneuses , rtrcies leur base , acumines leur sommet , luisantes leurs deux faces , nervures lat- ( io ) raies , alternes, filiformes, saillantes, jauntres, rameu- ses ou confluentes leur sommet. Les fleurs sont disposes en grappes terminales , soli- taires , trs-simples, redresses. Ces fleurs sont petites et jauntres 5 leur calice devient pais, succulent, et acquiert en grossissant une couleur blanche. Il revt , jusque vers le milieu, une noix trois ctes, luisante et noirtre. 11 en rsulte des fruits d'une saveur douce et agrable. On trouve au milieu un noyau cannel assez semblable aux ppins du raisin d'Europe. La tige est droite, son corce lisse, assez semblable celle des goya- viers 5 son bois est rougetre , tendre et lger. Analyse chimique. Le calice des baies du Raisinier de coudre contient un principe mucoso-sucr , plus un acide qui rougit le papier bleu. La semence en est acre et huileuse. La racine est amre et lgrement astrin- gente. Proprits MDicrNALES. La pulpe que produit le calice des baies de ce Raisinier est un temprant acide qu'on peut recommander en dcoction dans les maladies in- flammatoires. Cette pulpe est aussi estime comme pro- pre combattre des dysenteries chroniques rebelles et entretenues par l'atonie des viscres 5 la fin des gonor- rhes et d'autres flux immodrs qui ne doivent tre supprims qu'avec la plus grande circonspection et par les conseils d'un mdecin expriment. EXPLICATION DE LA PLANC1NE TROIS CENT CINQUANTE-DEUX. Le dessin est rduit moiti. i. Fleur. 3. Fruit de grandeur naturelle, coup verticalement. ( 181 ) DIXIME CLASSE. DES ESPCES VGTALES QUI AGISSENT D^NE MANIERE SPCIALE SUR LES PROPRIETES VITALES DU SYSTEME NERVEUX , OU PLANTES ANTI-SPASMODIQUES; SAVOIR: 10. Les anti-spasmodiques aromatiques. a . Les anti-spasmodiques ftides. 3. Les anti-spasmodiques narcotiques. # SOMMAIRE. * .Les plantes anti-spasmodiques devant corriger et d- truire les aberrations des fonctions nerveuses et muscu- laires en diminuant leur irritabilit contractile, il faut d'abord connatre la cause qui ncessite l'emploi des diff" rens anti-spasmodiques. Les spasmes produits par la plthore ou par la turgescence ne peuvent se traiter comme ceux qui sont le rsultat de l'asthnie. Les subs- tances acres et corrosives, en dtruisant les membranes muqueuses et excitant par consquent une violente et douloureuse irritation nerveuse de l'appareil sensitif , ne rclameront pas , pour les combattre , les mmes moyens que pour ceux qui proviennent de l'abus des narcotiques. Les anti-spasmodiques hystriques nuisent en gnral dans les autres nvroses. Les spasmes nerveux occasio* ns par une vive affection de l'ame , ne seront point trai- ts comme ceux que produisent les altrations physiques Tome V. 89c Livraison. 18 ( '^ ) du systme nerveux , les convulsions partielles des mus- cles comme celles des viscres. La constitution, l'ge, le sexe , le climat et la nature des spasmes doivent donc apporter de grandes modifications dans l'application des mdicamens anti-spasmodiques. D'aprs ce qui prcde, on doit , il me semble , diviser les anti-spasmodiques en aromatiques , ftides et narcotiques. Dans la premire classe, on trouvera des anti-spas- modiques stimulans parmi les plantes aromatiques , acres, toniques et chauffantes , telles que les huiles essentielles de cannelle, de gingembre, d'corce d'orange ou de citron et autres plantes odorantes, qui rveillent la sen- sibilit et finissent par dtruire l'oscillation nerveuse en rtablissant l'quilibre entre les systmes musculaire et sensitif. Dans la seconde classe se trouvent ranges les espces ftides dont l'influence des manations sur les nerfs qui tapissent la membrane pituitaire , suffit souvent pour calmer les accs nerveux. Dans la troisime classe on propose des plantes nar- cotiques comme propres diminuer l'excitation nerveuse , et provoquer un engourdissement salutaire. Ainsi , l'on emploie successivement, et d'aprs les indications, les espces dbilitantes , le suc d'orange , de morelle ou de nnuphar, ou les sdatifs tout--fait narcotiques. //. ,x;.y. 7'/ti'tn/ori' /Jr:r/ LAVmFA CAMl'IlItltilt ( '83 ) .\>V\l> WVVV\ vwwvw\w\w\vww\v\* LAURIER CAMPHRIER. ( Antispasmodique aromatique . ) Synonymie. Vulg. Baume-l'Anglais, Carate. Laurus cam- phora, Lin. Ennandrie monogjnie. Tournefort. Arbres monopt. Jussieu , famille des Laurines. Laurus foliis subtriplinerviis, ovatis, acuminatis, paniculis tenuibus late- ralibus, Poiret. Camphora officinarum , Bauh. Pin., 5oo. Captura quae salicis folio dicitur. J.-B. i , part. 2, 338. Arbor campliorifera japonica , Breyn. Laurus cam- phorifera. Japonic , sjo, vulgo kusnoki , aliis narnbock. Kaempf. Aran. exot. 770 , t. 771. Caractres gnriques des Lauriers. Genre de plan- tes fleurs incompltes , comprenant des arbres ou ar- brisseaux feuilles simples, le plus souvent alternes, et fleurs petites, disposes, soit par bouquets axillaires, soit en panicule terminale. Ecorce aromatique , fleurs dioques ou hermaphrodites, calice six divisions , trois tubercules (Clamens striles ) autour de l'ovaire termins chacun par deux soies , neuf tamines ou plus, anthre attache sur les bords des filets , deux glandes la base de chaque filet du rang intrieur *, un style, un stigmate, une drupe monosperme. Caractres particuliers. Feuilles triple nervure , lancoles , ovales. (Vivace). 18* ( 84 ) Histoire naturelle. Le Camphrier, originaire du Japon et des Indes-Orientales, se trouve nanmoins dans quelques forets vierges des Antilles, o sa verdure per- sistante et d'un ton agrable le fait remarquer. Il fleurit en juin et juillet ; son bois odorifrant est recherch par les bnistes qui en font de fort jolis pupitres. C'est de cet arbre qu'on retire, par la sublimation, le Camphre , ce mdicament hroque et d'un usage journalier l'in- trieur et l'extrieur. Le Camphre est une rsine blan- che, transparente, friable, trs-volatile, trs-inflam- mable, dune odeur trs-pntrante et d'un got amer, acre et piquant. Le Camphre est si lger qu'il surnage l'eau, et si combustible qu il brle sur ce fluide, aussi est-il employ dans les feux d'artifice. Il entre dans le vernis destin imiter le vieux laque. Il sert dans l'Orient clairer les palais somptueux des souverains et on le mlange avec de la cire. Le Camphre se trouvant dans tou- tes les parties de l'arbre, on coupe les branches et les raci- nes en petits morceaux, on les fait bouillir avec de l'eau dans un alambic, ou pot de fer fait en cucurbite, auquel on adapte un grand chapiteau conique et rempli de paille de riz. Le Camphre alors se sublimise , et on le dtache de la paille en secouant le chapiteau. Il tombe en masses grenues, friables, jauntres comme le suc brut, mais non encore dpures. On le raffine en Hollande par la fusion et par la sublimation. Il cristallise en octadres blancs , transparens. Il est mou , pteux et ne se pulv- rise qu'avec addition d'alcool. Il se fond i^5 degrs de Farenlreft, entre en bullition a2o4, et se sublimise sans se dcomposer. Beaucoup de plantes contiennent du Camphre. L'vaporation du Camphre est bien moindre lorsqu'il est renferm dans un vase l'abri de la lumire. ( i85 ) Le Camphre, dit le docteur Alibert , manifeste une pro- prit physique trs-singulire ; de trs-petits morceaux de cette substance , placs avec prcaution dans un vase plein d'eau, excutent des tournoiemens trs-rapides , probablement par une influence lectrique. Caractres physiques. Le Camphrier forme un arbre trs-lev , d'un port lgant et d'un joli feuillage. Le tronc est droit , divis en plusieurs branches trs-ra- meuses. Son bois est blanc, peu serr , panach en ondes rousstres ou rougetres et d'une odeur aromatique fort agrable. Les rameaux sont menus, glabres, cylindri- ques et pourprs , ou d'un rouge brun. Us sont garnis de feuilles alternes, ptioles, ovales , quelquefois ovales- lancoles , acumines , pointues mme leur base , entires, glabres des deux cts, un peu luisantes en dessus , d'un vert assez brillant et munies de trois ner- vures principales qui naissent environ quatre lignes au- dessus de la base de la feuille et n'atteignent point son sommet. Ces feuilles sont longues de prs de trois pouces sur deux environ de largeur. Leur ptiole est menu , canalicul , rougetre . d'un pouce de longueur. Lors- qu'on les froisse , elles exhalent une forte odeur de Cam- phre , ainsi que les autres parties de cet arbre. Les bour- geons sont ovales , imbriqus de beaucoup d'caills obtuses et ressemblent de petits cnes. Les pdoncules sont fort grles , latraux, les uns situs dans les aisselles des feuilles , et les autres dans les entre-nuds 5 ces p- doncules sont un peu moins longs que les feuilles et por- tent chacun une petite panicule de quinze dix-huit fleurs blanches. Ces fleurs sont petites, dioques , ou polygames et ont un calice six divisions obtuses , et ( 186 ) neuf tamines, au moins, dans les mles. Les" fruits sont des baies drupaces de la grosseur d'un gros pois , arron- dies , ovales , d'une pourpre noirtre dans leur maturit , luisantes et portes chacune sur un calice court , tron- qu en son bord. La chair pulpeuse de ces fruits est d'une saveur qui tient du Camphre et de la cannelle , et d'une odeur plus pntrante que celle des feuilles. Leur noyau est de la grosseur d'un grain de poivre , et ren- ferme une amande huileuse, d'une saveur fade. Analyse chimique. Le Camphre, suivant Kosegarten , est form de carbone ^4?^^? hydrogne 10,67 '1 ox yg^ lie i4,6 1 \ azote 0,34. H se dissout dans 1000 parties d'eau , et en est prcipitable par la potasse ; 1 1 parties de Cam- phre se dissolvent dans 4 parties d'acide sulfurique et se transforment en une masse brune fonce , coulante une douce temprature , qui se fige par le refroidissement et qui est soluble dans l'alcool 5 l'eau prcipite le Camphre par cette dissolution \ mais un excs le redissout. Il se comporte de mme lorsqu'il est dissous dans 2 , 6 parties d'acide hydrochlorique concentr. L'acide nitrique con- vertit le Camphre en acide camphorique. Le Camphre ne se dissout pas dans les alcalis, et il n'est point attaqua- ble par les sels. Il se dissout dans les huiles grasses , dans les huiles essentielles , dans l'alcool d'o, on le pr- cipite en ajoutant de l'eau distille ; pulvris et jet dans des dissolutions d'or, d'argent et de mercure, il re- vivifie ces mtaux. Bouillon-Lagrangele considre comme une huile volatile, rendue concrte par la prsence du carbone. Charles Hatchett , chimiste Londres , a trouv une substance qui a toutes les proprits du tan- nin , en le traitant par l'acide sulfurique. ( '8 7 ) Proprits mdicinales. Le Camphre est un des meilleurs anti-spasmodiques. Il est calmant, anti-septi- qae , diaphortique , alexitre et rsolutif. On l'emploie intrieurement et extrieurement. On le prescrit souvent dans la peste, les fivres ataxiques et adynamiques, la variole et les autres maladies qui offrent un caractre de malignit. Il provoque les rgles et les urines, calme les spasmes et les suffocations de l'utrus ; on le recommande danslesblnorragiesetles leuchorres, comme aussi pour modrer la frquence des pollutions nocturnes. Il arrte quelquefois l'hmatmse, calme le dlire, fait cesser les convulsions et dispose au sommeil. Voil pour le beau ct de son histoire : maintenant le mdecin prudent doit s'en abstenir , i dans la plupart des maladies convulsives, accompagnes de cphalalgie ; 2 dans tous les cas de congestion du sang au cerveau ; 3 au commencement des maladies inflammatoires, principalement dans les hpatites aigus , dans les gastrites et les entrites ; 5 dans les fivres intermittentes ; 6 dans les maladies vacuatoires. Au reste, le nitrate de potasse est le cor- rectif du Camphre , et on le combine presque toujours avec lui. Le Camphre agit en sens inverse de l'opium. Ce dernier commence par irriter, puis il stupfie, tan- dis que le Camphre affaiblit d'abord , pour donner plus tard une vive excitation tout l'organisme. Mode d'administration. On administre le Camphre de plusieurs manires. On le donne en nature depuis deux jusqu' dix grains , et par fractions de quart d'heure en quart-d'heure. Une mixture indique par le docteur Alibertest celle-ci : prenez Camphre seize grains; gomme arabique, demi-gros, dissoute dans trois onces d'eau dis- ( '8 ) iille de mlisse , et demi-once de sirop d'orange. On connat l'usage journalier de l'alcool camphr qu'on obtient en laissant sjourner six gros de Camphre dans une livre d'esprit de vin trs-rectifi, et qu'on prescrit l'extrieur pour le traitement des vieux ulcres , de la gangrne, du rhumatisme, de la goutte, etc. On ajoute quelquefois plusieurs gouttes d'alcool camphr aux collyres. On fait le plus grand cas du gargarisme suivant dans les angines gangreneuses : prenez alcool camphr , une demi-once} miel rosat, une once ; on ajoute quel- ques gouttes de vinaigre tendu d'eau. EXPLICATION nE LA PLANCHE TROIS CENT CINQUANTE-TROIS. Le dessin est rduit au tiers de grandeur naturelle. t. Fleur de grandeur naturelle. 2. Grappe de baies. 3. Baie coupe transversalement. /'/. 35$. y/tror&i/e /J/^roi/rfy/^ -Pf/z.r jPert-f J \-it//> . YlVLEIlLVrVE FASV UHKE ( '89) \ VALRIANE PANICULE. {Antispasmodique aromatique. ) Synonymie. Valeriana paniculata , Ruiz. et Pav. Lin. , Triandrie monogynie. Tournef. , Infundibuliformes. Jussieu, famille des Dispsaces. Valeriana foliis radica- libus indivisis, cordatis, caulinis, pinnatis; foliolis ovatis, denticuiatis , paniculae ramis dichotomis , Vahl. plant., vol. 2 , p. 7, n 19. Valeriana paniculata, floribus trian- dris, foliis radicalibus indivisis, cordatis, caulinis pinnatis, panicula diffusa , Ruiz. et Pav. , vol. 1 , pag. 4* > tab. 70 , fig. 2. Caractres gnriques. Calice trs- petit, dents rou- les en dedans *, corolle infundibuliforme , cinq divi- sions, dont le tube est termin infrieurement par un peron ou une bosse ; une , deux , trois ou quatre ta- mines ; un style ; une ou deux graines recouvertes par les dents du calice , qui se droulent aprs la fleuraison et deviennent plumeuses. Caractres particuliers. Feuilles radicales simples, cordiformes et crneles ; feuilles caulinaires ailes et ( *9 ) termines par une impaire de la plus grande dimen- sion. Histoire naturelle. Cette plante, originaire du Prou, mais qu'on trouve aux Antilles , croit dans les lieux pier- reux et marcageux ; elle fleurit dans le courant du mois d'aot et de septembre. Le baron This donne pour tymologie de la Valriane le verbe valere , bien se porter , tant on lui attribue de vertus. Caractres physiques. Les racines de cette Valriane sont paisses , rameuses , garnies de fibres , rpandant une odeur forte , dsagrable ; il s'en lve plusieurs liges agrges , mdiocrement feuilles , droites, cylin- driques, velues, hautes d'environ deux pieds, canne- les, stries, fistuleuses , presque anguleuses, trs-sim- ples \ deux feuilles radicales infrieures, ptioles , ova- les, en cur , trs-entires, cilies leurs bords , aigus leur sommet ; les autres feuilles , ainsi que les cauli- naires, ternes ou ailes avec une impaire, opposes , ptioles ; les folioles insensiblement plus grandes de la base au sommet du ptiole , ovales , aigus, denticules leurs bords , lgrement velues ou cilies , les ptioles canaliculs , en gane leur base. Les fleurs sont disposes en une panicule terminale , lche , diffuse, tale 5 les branches et les rameaux op- poss trs-ouverts 5 les pdicules trs-courts, dichotomes; toutes les divisions accompagnes leur base de deux petites bractes opposes, linaires. Le calice son bord divis en dix angles obtus. La corolle est blanche, fort petite ; son tube muni , vers sa base , d'un peron trs- ( '9' ) court 5 le limbe divis en cinq lobes ; trois tamines. Les semences sont oblongues , un peu comprimes , cou- ronnes par le calice dont le bord se dveloppe en une aigrette dix rayons plumeux. (Encycl.) Analyse chimique. Les racines de cette Valriane ont produit une fcule gommeuse , soluble seulement dans l'eau, et que les solutions mtalliques, et non la glatine, peuvent seules prcipiter -, une rsine noire et odorante et une liuile volatile d'une odeur trs-forte. Proprits mdicinales. La Valriane panicule jouit un trs-haut degr de vertus anti-spasmodiques. On la prconise dans le mal de mchoires des nouveau-ns, espce de trismus qui fait le dsespoir des mres. On en a aussi retir de bons effets dans les convulsions des enfans et certaine pilepsie nerveuse, souvent occasio- ne par la prsence d'ascarides lombricodes. Je l'ai em- ploye avec succs aux colonies dans plusieurs cas d'hys- trie. Au reste , cette racine , que quelques habitans crdules portent en amulette pour se prserver de ma- ladies contagieuses , possde des vertus videmment cor- diales et excitantes , et on la prescrit utilement dans les fivres ataxiques et adynamiques , dans les vertiges qui proviennent de faiblesse et dans les affections ner- veuses. Mode d'administration. On administre la Valriane en poudre , depuis dix jusqu' vingt grains ; en infusion , la dose d'un gros pour une pinte de vhicule 5 en d- coction rapproche et obtenue vaisseau clos \ on fait aussi ( 9 2 ) avec la poudre un lectuaire -, on obtient de son extrait un principe rsino-gommeux d'une grande activit. La teinture alcoolique s'administre par gouttes. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT CINQUANTE-QUATRE. Le dessin est rduit moiti. i. Racine et feuille caulinaire. i. Corolle entr'ouverte. 3. Graine aigrette. /v. 3J. //n;>,/(>rr /)r.r,\tw///\ /'///,/ rse J<*ufo , VAniEH A SILIOrKS ItOrttKS ( '93 ) WAVVVV\C\V/VV*WVV*VVVVVVVVVVVV*V\VVVVVVVVVVV\*VVV\AVV^^ CAPRIER A SILIQUES ROUGES. (Antispasmodique aromatique.) Synonymie. Vulg. Pois mabouia, ou la Fve du diable des Carabes; bois du Sngal. Capparis cynophallopiiora , Lin. , Polyandrie monogynie. Jussieu, famille des Cap- parides. Capparis pedunculis multifloris, terminalibus , foliis ovalibus, obtusis perennantibus, glandulis axilla- ribus, Lin., Spec. Capparis arborescens lauri foliis; fructu longissimo, Plum. Spec. 7. Burm. Amer., tab. 73, f. i. Capparis cynollophora, Jacq. Amer., i58, tab. 98. Cynopballopboros seu pnis caninus Caribarum arbor. Pluck. Acaciis affinis arbor siliquosa, etc. Sloan. Hist. jam. , 2 , page 5o,. Caractres gnriques des Cpriers. Calice quatre folioles concaves , gales , dont deux bossues la base ; corolle de quatre ptales arrondis , ouverts 5 tamines nombreuses ; baie polysperme , sessile. Caractres particuliers. Pdoncules multiflores , ter- minaux \ feuilles ovales , obtuses , prennes -, glandes axillaires ; fruit siliqueux et deux valves. (Vivace.) Histoire naturelle. Le nom vulgaire , Pois mabouia , a t donn par des Noirs chasseurs au fruit de cet ar- brisseau , parce que les lzards, appels Mabouia, en ( '94 ) sont trs-friands. Je rencontrai pour la premire fois le Cprier siliques rouges au milieu d'un morne d'Hati dlicieusement bois , et o Mille ruisseaux fuyant travers la verdure Se croisaient, circulaient, mariaient leur eau pure. ( Gilbert.) Je surpris deux ignanes ( lzards cornus ) qui se dispu- taient plusieurs de ces siliques , ce qui me procura l'oc- casion d'augmenter ma collection botanique et de reptiles qui tombrent tous les deux sous mon plomb meurtrier. Caractres physiques. C'estun arbrisseau trs-rameux, qui acquiert environ douze pieds de hauteur et dont les rameaux sont longs, faibles et pendans, -ou appuys sur les arbrisseaux voisins. Ses feuilles sont alternes , un peu distiques, ovales ou ovales-oblongues , obtuses, glabres , veineuses et portes sur des ptioles courts. Les fleurs sont blanches , grandes , fort belles , d'une odeur agrable , ont des tamines fort longues et viennent trois ou quatre ensemble au sommet des rameaux , sur des pdoncules fort courts. Les siliques sont longues d'en- viron six pouces, presque de l'paisseur du doigt, s'ou- vrent d'un seul ct et longitudinalement en deux valves qui restent unies par leur autre bord et contiennent une chair rouge , dans laquelle sont enfonces des semences rniformes trs-blanches , de manire que quand les siliques sont couvertes , elles prsentent des bandelettes d'un rouge vif, auxquelles semblent tenir des perles ou des globules d'albtre. (Encycl.) Analyse chimique. La pulpe fournit un principe ( '95 ) inucoso- sucr , accompagn d'un peu d'amertume , plus un acide color. Proprits mdicinales. On prte , je ne sais pourquoi, des vertus anti-spasmodiques et sdatives aux siliques de ce Cprier ; ce que je puis assurer, c'est que je les ai vues employes par beaucoup de praticiens comme apritives. L'corce de la racine jouit certainement de cette vertu, d'aprs l'assurance que m'en ont donne plusieurs mde- cins amricains dignes de foi , mais je ne l'ai pas prou- ve par moi-mme. Les mmes praticiens estiment la dcoction des racines comme propre fondre les durets du foie , de la rate et du pancras , ainsi que des glandes du msentre. J'invite les mdecins des colonies rpter ces utiles expriences pour ne point trop grossir la phar- macope des Antilles. L'infusion des fleurs et les jeunes fruits passent pour hystriques } tandis que l'huile o on les a fait bouillir sert rsoudre les tumeurs extrieures. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT CINQUANTE-CINQ. La plante est rduite moiti de sa grandeur naturelle. 1. Silique entr'ouverte pour laisser voir la pulpe d'une teinte earlate blouissante. ( 196 ) lV,\\\v ^VVVVVVvVVVV*VVVVV*/VVVVVVVVVV\VVVVVVVVVV*VVVVVVVVV^ ARISTOLOCHE ODORANTE. ( Antispasmodique aromatique . ) Synonymie. Aristolochia odoratissima , Lin. Gynandrie hexandrie. -Tourn. , classe des Persones. Jussieu, fa- mille des Aristoloches. Aristolochia foliis cordatis, caulc volubili fruticoso , pedunculis solitariis ; labio corollis majore, Lin. Aristolochia scande s, odoratissima , floris labello purpureo semine cordato. Sloan, Hist. Jam., i , p. 162, t. io4> hg. 1. Aristolochia scandens foliis cor- datis acuminatis, florum labellis amplis purpureis, Brown. Jam. 329. Caractres gnriques des Aristoloches. Genre de plantes fleurs incompltes , qui comprend des plantes herbaces ou ligneuses , la plupart grimpantes ou ram- pantes , et qui sont remarquables par la forme assez sin- gulire de leurs fleurs. Calice color , en tube, mono- phylle , renfl la base, limbe dilat, ordinairement termin en languette oblique six anthres sessiles sur le pistil au-dessous du stigmate , qui a six divisions : capsule ovode , poly sperme six loges. Caractres particuliers. Feuilles cordiformes, lan- coles, tige releve, sous- ligneuse. (Vivace. ) Histoire naturelle. Le mot Aristolochia est driv /V. 3J'. 77/t.-x/or<' farrswr/i7\ fiih<.r rervit l'rt/,^/,ri/ . .AUlSTO'LOniK OJXH&AXTE. ( *97 ) ftaristos , trs4)on , et de lokia, locliies. Cette espce est commune au Mexique , la Jamaque et dans ]es autres Antilles. Ces plantes sont multiplies dans les forts vierges , entravent souvent la marche du chasseur , et lui servent aussi pour passer d'un arbre un autre. Dans ces bois sombres, on voit, comme le dit avec grce l'auteur 'Atala, les vignes sauvages, les bignonias, les coloquintes s'entrelacer au pied des arbres , escalader leurs rameaux , grimper l'extrmit des branches , s'- lancer du baobab au palmier , de l'oranger au coulequin bois-trompette, en formant mille grottes, mille votes, mille portiques. Souvent gares d'arbre en arbre , ces lianes traversent des bras de rivires , sur lesquelles elles jettent des ponts et des arches de fleurs. Les Aristolo- ches , qu'on est parvenu naturaliser en Europe , de- mandent le plein air, une bonne terre et l'exposition au soleil. On les multiplie facilement soit de couchages faits au printemps , et qu'on peut lever l'automne sui- vant , soit de semences quand elles mrissent. Caractres physiques. Toutes les parties de cette Aristoloche ont une odeur forte , que l'on prtend nan- moins tre agrable. Sa racine , qui est longue , cylin- drique et de l'paisseur du doigt , pousse une tige verte, cylindrique, sarmenteuse , qui fournit un grand nombre de rameaux , grimpe sur les arbrisseaux ou s'entortille autour des arbres, et s'lve par leur secours la hauteur de huit dix pieds. Ses feuilles sont alternes, ptioles, en cur, presque triangulaires, arrondies leur base, glabres et d'un vert obscur en dessus. Elles ont quatre pouces de longueur et sont larges presque de trois pou- ces et demi dans leur partie infrieure. Les fleurs sont Tome V. 90 e Livraison. 19 ( <9 ) axillaires , solitaires , portes chacune sur un pdoncule long d'un pouce , et ont la figure de celles des Aristoloches ordinaires. Elles sont jauntres , termines par une lan- guette un peu ample, pourpre et comme farineuse. Les fruits sont des capsules hexagones, longues de deux pouces , et qui renferment des semences brunes , en forme de coeur. (Encycl. ) Analyse chimique. Les racines de cette Aristoloche, traites par l'alcool , donnent un extrait rsineux trs- abondant et d'une amertume extrme. Proprits mdicinales. Les heureux habitans des pays o se trouve cette Aristoloche , remploient en ca- taplasme pour calmer les douleurs sciatiques et fondre les bubons. Son suc, pris entre les accs de fivres inter- mittentes, en modre la marche et diminue sensible- ment le frisson par sa vertu anti-spasmodique. Sa tein- ture alcoolique est un fort bon stomachique et est em- ploye avec succs dans les diarrhes atoniques des vis- cres. Le suc de sa racine est rput comme excellent alexitre et trs-recommandable contre la morsure des serpens. Son infusion convient dans l'asthme , pour pro- voquer la scrtion des lochies, et en injection dans l'anus , pour cicatriser des hmorrodes parvenues sup- puration et menaant de devenir fistuleuses. Des matro- nes aux colonies font un pessaire avec ces racines, dans l'intention de hter l'expulsion de l'enfant mort , en fai- sant contracter l'utrus par cette application stimulante. Mode d'administration. On administre cette plante ( *99 ) en infusion , la dose d'un gros pour une pinte d'eau ; mais on l'emploie rarement seule. On ordonne sa tein- ture alcoolique la dose de cinquante soixante gouttes. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT CINQUANTE-SIX, La figure est rduite au quart de sa grandeur. t. Fruit de grandeur naturelle et entr'ouvert, 2. Graines de grosseur naturelle. *9* ( 2GO ) W rt VIW WVlM W WW \ \V\WVVWi WlMiVWVWt VVVWA\^V> vVWWlVWVU VWWVWiMm vw ORANGER SAUVAGE. {Antispasmodique aromatique. ) Synonymie. Orange de l'Arcabnie fruit acre et peu amer. Orange douce-amre. Aurantium sylvestre medull mi- nus amar, acerb, amar et croce. Poup.-Desp. Lin. Polyadelphie icosandrie. Tournef. , Arbres Rosac. Jussieu, famille des Hesprides. Aurantium sylvestre medull dulc-amar. Inst. R. H. En anglais , Orange-tree. En espagnol, Naranjo. En portugais, Iarangeira. Caractres gnriques des Orangers. Calice mono- phylle, multifide 5 corolle polyptale 5 tamines dfinies ou indfinies , attaches la base des divisions du calice , filets distincts ou runis ; un style ; un stigmate } une baie ou une capsule multiloculaire , suprc \ feuilles al- ternes -, tiges ligneuses. Caractres particuliers. Calice cinq divisions pro- fondes } corolle de cinq ptales elliptiques ; environ vingt tamines filets comprims , runis en plusieurs pa- quets -, un style \ un stigmate en tte 5 baie charnue, divise par plusieurs cloisons , recouverte d'une corce chagrine , glanduleuse } graines ovales , aplaties (M.) Histoire naturelle. L'tymologie du mot aurantium /y. 3 7 . 7 Artn/t/n- Aurc/>ur7*. /'/;'.i /' v/v . Ira/jP liAXGER SAI'VAOE. ( 2GI ) vient, dit-on , du mot aurum, or, comme si Ton appelait pommes d'or* les fruits de l'Oranger. On appelle aussi l'Oranger sauvage Pommier de la Mdie : Voyez l'arbre du Mde et son orange amre. Tous les potes ont chant l'Oranger , et l'un d'eux, Imbert, s'exprime ainsi dans son Jugement de Paris : Sur les buissons la rose se balance, Et l'oranger, fier de son opulence, Mle son or l'or du citronnier. Ailleurs , c'est l'aimable Parny qui en dcrivant un verger de l'le Bourbon , sa patrie , nous dit : Ici ma main drobe l'oranger fleuri Ces pommes dont l'clat sduisit Atalante. Caractres physiques. La description botanique de cet Oranger ayant beaucoup de rapport avec celle des espces que nous avons dj dcrites , nous croyons inu- tile de nous rpter. Il suffit d'observer que l'corce seule du fruit est diffrente , que la peau lisse et finement ponctue dans l'Orange de la Chine , est pustuleuse et ingale dans l'Orange de l'Arcahnie , qui d'ailleurs offre une pulpe beaucoup moins dlicate et moins douce , quoique trs-recherche en mdecine ; de-l l'pithte dulc-amara qui lui convenait, et qu'on lui a donne pour la distinguer des autres espces. Analyse chimique. Les feuilles de cet Oranger ont une saveur trs-amre et fournissent une huile volatile et un principe extractif; les fleurs, d'une odeur plus ( 202 ) suave , donnent une huile essentielle et un principe mu- queux. La pulpe contient de l'acide citrique; on obtient du reste une huile volatile jaune cl de l'extractif amer. Proprits mdicinales. Voici des receltes peu tho- riques , mais d'un usage constamment suivi de succs dans la pratique , que j'ai vu recommander aux colonies par de bons mdecins : Si l'on coupe une de ces )) oranges, me dit l'un d'eux, qu'on la saupoudre de sel et qu'on laisse le tout pendant la nuit en ma- cration , on en obtient par la pression un suc pur- gatif qui agit sans violence, et qui est convenable dans les indispositions des pays chauds. On compose aussi une boisson chrie des Croles avec les oranges sures , les ptales rouges et le sirop de bat- terie. On laisse fermenter le tout, on jette la levure, et on obtient pour rsultat une bire apritive et anti- putride. Cette boisson s'appelle Dunaby. Il en est une autre obtenue par la fermentation de patates , sirop et bananes mres. Cette bire s'appelle Onyeou. Poupe-Desportes recommande la tisane fbrifuge suivante : prenez corces moyennes d'Oranger sauvage, deux pinces; nitre purifi, un gros; faites lgrement bouillir dans une pinte d'eau et laissez infuser pendant demi-heure. Le malade en usera pour boisson ; les fleurs sont pectorales, incisives, au rapport du mme mdecin , qui employait de prfrence l'corce dans les cachexies des Noirs. Poupe-Desportes donne la formule d'une pommade pour la gale et les pustules vnriennes, les dartres et mme la gale des chevaux. Prenez , dit-il , de l'antimoine cru bien pulvris et du soufre , de cha- cun demi-livre; sel ammoniaque, deux gros ; alos, quatre ( 203 ) onces ; dcoction forte de tabac , demi-livre ; onguent napolitain , une livre 5 suc d'oranges amres , quatre onces; huile, quantit suffisante. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT CINQUANTE-SEPT, Le dessin est rduit moiti. 1. Fruit entier au quart de grosseur. 2. Ovaire accompagn du pistil et des tamines. ( s4 ) U\UVW\'VMWMIV\\UV1W\VVVVH\^\lV\>W\\V>VV\WtVVVW\V\^ v\^ w%v\\w> vv> vw w> vvxw GUI FLAGELLIFORME. (Antispasmodique aromatique. ) Synonymie. Gui prolifre, Gui d'Oranger. Viscum opun- tioides. Diocie ttrandrie. Jussieu, famille des Chvre- feuilles. Viscum caule prolifero ramosissimo aphyllo compresso, Lin. Viscum geniculatum aphyllum, ramulis compressis oppositis, Brown , Jam. 35y. Viscum opun- tioides ramulis ccmpressis. Sloan. , Jam. Hisl. 2 , p. 93 , t. 201, f. 12 e . Idem? Ramulis subteretibus, tenuibus, longissimis. pendulis, flagelliformibus. Viscum aphyllum, baccis aureisumbilicatis. Plum. , Spec. 17 , mss. 5 , t. 80. Burm. Amer., t. 258, f. 1. Viscum flagelliforme. En anglais, Misseltoe. En espagnol , Liga muerdago. En portugais, Visco. Caractres gnriques des Guis. Genre de plantes fleurs incompltes , comprenant des plantes la plupart li- gneuses et parasites des arbres , feuilles simples et op- poses , fleurs disposes en pis ou en grappes axillai- res, auxquelles succdent de petites baies monospermes. Fleurs dioques 5 fleurs mles : calice entier $ corolle de quatre ptales caliciformes -, quatre tamines sans filets. Fleurs femelles : calice et corolle idem; style nul 5 cinq stigmates arrondis } baie monosperme. Caractres particuliers. Tige trs-rameuse, com- prime , flagelliforme. y-y 3 77tfw/t>/ % e /Jf^COlW/l/\ f/Sl,V /f/W - ' Trll FLAUELLIFOIOIK ( 205 ) Histoire naturelle. Le mot viscum, suivant le docteur Mrat , vient de ixos , glu , dont les Latins ont fait viscum. On remarque aux colonies une infinit d'espces de plantes parasites toutes plus curieuses , par leur organisation, les unes que les autres (Voy. plan- ches 437 , 4^8 , 4^9 et 44 du sixime volume.) Ce Gui sur l'oranger tale sa verdure, Et l'arbre, enorgueilli d'un clat emprunt, Se couronne d'un fruit qu'il n'a point enfant. (Gaston.) Ces espces se fixent sur les arbres , et vivent aux d- pens de leur sve qu'elles reoivent par la succion des vaisseaux excrteurs du plus gros vgtal. Il est re- marquer que les arbres des colonies ont en gnral des corces fort minces . quelques-uns mme que des pel- licules , en quoi ils diffrent beaucoup de ceux du nord que la nature a prservs du froid en les couvrant de plusieurs robes $ et 1 on parle de hasard avec de si incon- cevables prcautions de la part de l'auteur de la cra- tion! Les baies des Guis servent d'aliment aux ramiers et tourterelles , et les noirs chasseurs prparent avec- toute la plante pourrie une glu qu'ils obtiennent par plusieurs lavages l'eau froide. Caractres physiques. Le Gui prolifre et le Gui flagelliforme ont tant d'analogie, que j'ai plac ensemble les deux synonymies. Le Gui prolifre, cit par Sloane, est ramifi ds sa base , et a ses rameaux comme pro- lifres , plusieurs fois trichotomes , articuls et compri- ms. Leurs articulations sont oblongues , rtrcies vers ( 206 ) leur base , arrondies ou obtuses leur sommet , longues d'un pouce et demi peu prs et jointes les unes au bout des autres , comme celles du Cactus opuntia. Toute la plante a environ un pied de longueur ; les fleurs sont petites, jauntres, viennent aux articulations des ra- meaux suprieurs sur de trs-petits pis latraux , op- poss et pauciilores ; les baies sont blanchtres et res- semblent celles du Gui commun. On trouve cette plante la Jamaque. Le Gui Jlagelliforme dont nous donnons l'histoire , est beaucoup plus grand que l'espce prcdente. Il nat sur le tronc des grands arbres , et principalement des Orangers, d'o, ses rameaux qui sont nombreux, fort longs, grles et trs-rameux, pendent comme des baguet- tes ou comme des cordes. Ces mmes rameaux sont peu prs cylindriques , articuls , un peu noueux aux arti- culations et munis de ramifications opposes , pareille- ment articules et ramifies elles-mmes *, les dernires ramifications sont un peu comprimes et garnies latra- lement de petites baies sessiles , ovodes, d'une couleur de safran , et couronnes par un ombilic d'un rouge carlate. Ce Gui crot Hati , la Martinique et Cuba. Analyse chimique. M. Henry a trouv, dans les baies du Gui , du parenchyme, une matire visqueuse parti- culire , une substance extractive , une matire huileuse, fixe et solide 5 la matire visqueuse est insoluble l'eau, l'alcool et a l'ther , comme aux huiles fixes et vola- tiles ; dissoluble aux alcalis qui l'altrent 5 l'acide nitrique la convertit en oxalique 5 elle ne contient pas d'azote. (Journ. de Pharm., tom. IX, p. i55, etc.) J'ai re- connu la mme identit dans le Gui fia gelli forme. ( 207 ) Proprits mdicinales. Le Gui, d'une saveur in- sipide et visqueuse pendant la vgtation , acquiert , parla dessiccation, une odeur dsagrable et un got acre et amer. L'analyse des diffrens Guis est la mme , ce qui ne doit point embarrasser le choix dans l'usage m- dicinal auquel on le destine. C'est un tonique anti-spas- modique qui agit quelquefois comme drivatif en repor- tant l'irritation sur le tube intestinal. Beaucoup d'au- teurs lui ont reconnu des vertus particulires contre l'pilepsie et la chore ou danse de Saint-Gui, ce qui prouverait qu'il est essentiellement anti-spasmodique. On a remarqu son utilit dans le traitement de l'asthme convulsif et du hoquet. M. Guersent avance que F- corce du Gui doit avoir plus de proprits que sa partie fibreuse,- toutefois est-il vrai que lorsqu'on destine le Gui l'usage mdical, il faut le cueillir entre fleur et semence, le desscher avec soin, le rduire en poudre et le conserver dans des vaisseaux bien clos et dans un lieu abrit de l'humidit. Mode d'administration. La dose est d'un gros par jour dans une infusion vineuse } celle de l'extrait d'un deux scrupules. On fait avec la poudre et l'corce d'oranger, des pilules anti-spasmodiques. explication de la planche trois cent cinquante-huit. La plante est rduite moiti de sa grandeur. . Fleurs. 2. Fruit. 3. Insertion des tiges. ( ao8 ) , COrK BARIL \. ( 209 ) grands arbres de la famille des lgumineuses. On le ren= contre dans toutes les forts de la Guiane et des Antilles. C'est au Pre Plumier que l'on est redevable de sa meil- leure description. Linn lui a donn le nom 'ffyme- na , parce que ses feuilles aromatiques, qui sont dis- poses par paires, tendent se rapprocher pendant la nuit comme deux jeunes poux. De tes bosquets la pntrante odeur Vient ranimer la vieillesse tonne ; La jeune fille, aux autels d'hymne, En pare encor sa mourante pudeur. / (Gampenon.) Le Courbaril , dans l'tat de maladie provoque par des incisions ou des contusions violentes , laisse trans- suder une substance gommo-rsineuse, nomme par les babitans du Brsil Joticacica , et en franais Rsine de Courbaril , Rsine anime occidentale , Gomme ani- me , etc. Le commerce l'offre en Europe sous la forme de morceaux durs, transparens , friables, d'un jaune de soufre ou plus fonc , d'une odeur aromatique , agra- ble au got, mais sans saveur dtermine. Cette gomme s'amollit par la mastication , elle s'enflamme sur les char- bons aidens et laisse exhaler une vapeur suave *, le bois du Courbaril est trs-dur , solide , et rsiste pendant long-temps l'action de l'air-, les charpentiers le dbi- tent en poutres, en planches, en arbres de moulins sucre -, tandis que les menuisiers , profitant de sa belle couleur rouge et du poli dont il est susceptible , en font des tables , des ncessaires , des pupitres , etc. Les fruits sont recherchs par les Croles qui sont friands de ( 210 ) la pulpe cjui est friable, nourrissante, aromatique et (Tungot de pain d'pice. Selon Yalmont delomare, les anciens Carabes confectionnaient avec cette pulpe un pain plus beau que bon. Les Noirs qui habitent les montagnes se servent de cette rsine pour s'clairer, et en obtien- nent un vernis transparent et de bonne qualit pour conserver leurs armures , leurs instrumens de musique et leurs ustensiles de pche. Caractres physiques. Le Courbaril est un arbre rsineux de la famille des Lgumineuses \ cet arbre , dit Plumier , est un des plus hauts d'Amrique , et doit tre mis au rang des plus utiles, parce que son bois est excellent pour toutes sortes d'ouvrages , et qu'il dure long-temps. Ce bois est dur, solide, presque rougetre, couvert d'une corce paisse, raboteuse, ride et d'un roux noirtre -, ses branches se rpandent de tous cts au loin et au large , sont trs-rameuses et garnies d'un trs-grand nombre de feuilles -, ces feuilles sont alternes, ptioles , bines , ou composes chacune de deux fo- lioles ovales-lancoles , pointues , coriaces , glabres , luisantes, d'un beau vert, cots ingaux , l'intrieur tant plus troit et bord peu courb et l'extrieur plus large , bord presque demi-circulaire. Ces folioles sont longues d'environ trois pouces , parsemes de trs-petits points transparens, et ont un ptiole propre fort court et un peu paissi : les fleurs sont lgrement purpu- rines et disposes en grappe pyramidale au sommet des rameaux. Chaque fleur offre : i un calice quatre ou cinq di- visions profondes, et un peu concaves; 2 cinq ptales ( ) ovales - obongs , concaves, un peu ingaux, et plus grands que le calice *, 3 dix tamines libres anthres oblongues ; 4 un ovaire suprieur, aplati, rougetre, charg d'un style tortill , stigmate simple. Le fruit est une gousse longue de six pouces, large d'un pouce et demi ou de deux pouces , obtuse , pres- que cylindrique ou lgrement aplatie sur les cts , d'un brun rousstre, un peu pre et comme chagrine l'extrieur, corce paisse, dure, ne s'ouvrant point et contenant dans une seule loge quatre ou cinq se- mences ovodes , environnes de fibres et d'une pulpe farineuse douce et jauntre. (Enc.) Analyse chimique. Cette gomme-rsine, que l'on confond quelquefois avec la gomme copal , brle comme le camphre et laisse peine un rsidu. Elle est disso- luble dans l'alcool, et fournit une huile essentielle d'un arme tout particulier. Proprits mdicinales. Les habitans de l'Amrique mridionale , et surtout du Brsil , emploient sa rsine en fumigations contre les douleurs rhumatismales, l'asthme et les affections catarrhales ; ils l'emploient aussi comme maslicatoire , comme sdative du principe ner- veux. On en compose un liniment dont on fait usage contre la contracture des membres , et dans plusieurs affections goutteuses et arthrodyniques. Les naturels l'appliquent sur les fractures dans l'espoir d'exciter le cal 5 et sur les plaies et les ulcres de mauvaise nature, sanieux , atoniques , afin de provoquer leur cicatrisation. ( *i* ) Lcorce du Courbai il, au rapport de Pison , est pur- gative et carminative \ l'application des feuilles sur l'ab- domcn olVre un topique vermifuge. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT CINQUANTE-NEUF. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur. 1. Fruit entr'ouvert, de grandeur naturelle, /y. 3fo //>: /,>/, OofcourMn / } ///,i- - Teree < fcuZp, > M VIIOS PK J<3I E BA VS\ R . ( ai3 ) ^ -j VV% W VV* VVt VV% V\^ VV'VV\ V\A VV^W VV* VV>\VWV1 \WVVWW VWW VV* W W 'VV \\ >V\1 W\ \ \ > \A i IVVV MROSPERME PDICELLE. (Antispasmodique aromatique. ) Synonymie. Baumier du Prou. Myrospermum pcdicil- latum , vel Myrospermum leguminibus pedicillatis. Lin. Diadelphie Dcandrie. Jussieu , famille des Lgumi- neuses. Myrospermum , Juss. Gen., p. 365. Quina- Quina Peruvianorum, vulgo tiam dicitur Saumurio , Lani. lllustr. , t. 34l , f. 1. En anglais, Pcruvian Balsam-tree. En espagnol , Saumerio. Caractres gnriques. Genre de plantes fleurs polyptales , de la famille des lgumineuses , qui com- prend des arbres et des arbrisseaux de l'Amrique , feuilles alternes , ailes avec impaire , fleurs disposes en grappes vers les sommits des rameaux , et fruits remarquables par la singularit qu'ils offrent d'avoir les graines loges au bout dune aile membraneuse. Caractres particuliers. Corolle papilionace } les tamines libres -, le fruit aplati en une aile membraneuse , contenant , son extrmit , une deux graines. Histoire naturelle. Cet arbre , origiuaire du Prou , a t, je ne sais quand, transport aux Antilles, o j'en ai rencontr Cuba. Le nom Mirospcrme est form des mots grecs muron , parfum , baume ; et sperma , graine. Tome V. 90 e Livraison, 20 ( 4 ) semence 5 sans entrer dans les contestations qui existent parmi les savans, je me contenterai de dcrire l'espce que j'ai trouve. Quoi qu'il en soit, le bois de cet arbre est trs-dur et par cela mme trs-propre aux construc- tions des difices, moulins et autres charpentes. Il parait que ce n'est point l'corce de l'arbre , mais la graine seule qui fournit le baume prcieux qui jouit incontestable- ment de proprits excitantes et anti-spasmodiques. Caractres physiques. Cette espce deMirosperme est fort remarquable par ses gousses leves du fond du ca- lice sur un pdicule assez long , et se distingue particu- lirement en cela du Mirosperme sessile. C'est un arbre, dit M. Joseph de Jussieu, dont le tronc, couvert d'une corce cendre , acquiert jusqu' deux pieds de diamtre. Son bois est blanchtre dans les cou- ches extrieures , mais plus intrieurement il est d'un rouge obscur tirant sur le noir. Ce bois a une duret considrable et s'emploie beaucoup pour la construction des difices, etc. Les branches sont rameuses et re- vtues d'une corce gristre tirant un peu sur le jaune. Elles sont garnies de feuilles alternes, ailes avec une impaire et composes de sept quinze folioles ovales , ou ovales-oblongues , entires , quelques-unes un peu pointues, mais la plupart lgrement chancres au som- met ; ces folioles sont alternes, lgrement ptioles , vertes, fermes, coriaces et releves d'une cte moyenne fort saillante en dessous, de laquelle naissent latrale- ment des nervures grles, obliques, parallles, peu sensi- bles , qui s'anastomosent ensemble par des rticulations veineuses , assez rgulires -, leur longueur est de douze vingt lignes sur une largeur de sept dix. Elles ont le disque finement cribl de points oblongs ou raies courtes , diaphanes ? diriges la plupart dans le mme sens que les nervures. La partie dorsale du ptiole com- mun est lgrement pubescente ainsi que les ptioles partiels , et le bas de la cte moyenne de chaque foliole. Les fleurs sont pdicelles, nombreuses, parses, pen- ches et disposes, le long des rameaux, sur des pis droits , mdiocrement garnis , longs d'environ six pouces, d'un aspect fort agrable. Elles ont le calice en cloche, lgrement pubescent , bords obscurment diviss en cinq dents ; la corolle blanche , compose de cinq p- tales , au moins une fois plus longue que le calice ; les tamines long-temps persistantes , plus courtes que la corolle, anthres jaunes , droites, oblongues, bilocu- laires. Il succde ces fleurs des gousses oblongues , comprimes , obtuses , mucrones suprieurement , le- ves du fond du calice sur un pdicule qui a quatre six lignes de longueur. La couleur de ces gousses est d'un brun clair tirant sur le jaune. Elles sont minces, glabres , longues de deux quatre pouces , de largeur assez uniforme d'un bout l'autre , cependant un peu plus troites vers la base , lisses dans leur partie mem- braneuse , et prsentant leur sommet un renflement ovale, rugueux, qui parat ne contenir qu'une semence. (Encycl.) Analyse chimique. Le Baume du Prou est d'un brun fonc, transparent, d'une consistance de miel, d'une odeur suave , d'une saveur chaude et acre -, il ne se durcit pas l'air -, l'eau bouillante et le carbonate de soude en sparent l'acide benzoque qui lui donne cette agra- ble odeur. Lorsqu'on le distille, on en retire quelques ( i6 ) gouttes d'huile avec de l'acide benzoque. Trait avec- une dissolution de potasse, il se spare en deux couches liquides , dont la suprieure, qui fait les neuf diximes du baume, consiste dans une huile brune jauntre j la couche infrieure est une combinaison de la potasse avec l'acide benzoque , et avec la rsine qui fait les sept vingt-quatrimes du baume. Lorsqu'on le dissout dans l'acide nitrique , il se forme de l'acide hydrocyanique :. en vaporant la dissolution Ton obtient du tannin arti- ficiel. (Hatchett.) L'alcool absolu le dissout en toutes proportions*, l'ther en dissout l'acide benzoque, son buile volatile et une partie de sa rsine. Le baume du Prou qu'on envoie en Europe dans des coques de ca- lebasse contient, d'aprs Tromsd, sur ioo parties 88 de rsine, 12 d'acide benzoque et 0,2 d'huile volatile. (Chim. org.) Proprits mdicinales. Sans croire aveuglment aux assertions des anciens , il ne faut pourtant point pouser la ridicule incrdulit de certains docteurs modernes qui protestent contre la vertu de toutes les plantes. C'est pourquoi je puis affirmer avoir vu employer et employ moi-mme e Baume du Prou avec beaucoup de succs dans les spasmes convulsifs et autres maladies nerveuses, avoir guri en trs-peu de temps des pourritures d'h- pital et des ulcres atoniques l'aide de ce moyen , et par l'application immdiate du Baume du Prou. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE. Le dessin est rduit la moiti de sa grandeur. 1. Silique enlr'ouverle de grandeur naturelle. . //// . P/.32 Ticodone 2/&rcour/i/^ T'inas .fere^ \Jc p- 38. Caractres gnriques des Retmies. Calice double, l'extrieur dcoup en un grand nombre de folioles linaires, l'intrieur cinq divisions*, capsules cinq valves, cinq loges, ordinairement polyspermes. Caractres particuliers. Feuilles comme en bouclier, cordiformes , sept angles, dentes en scie-, tige hris- se. (Vivace.) Histoibe naturelle. On trouve cette Ketmie en Egypte et en Amrique. Les Egyptiens lui donnent le Tome V . 91 e Livraison* 2 i ( ai 8 ) nom de Mosch ou Abelmosch, c'est--dire graine de musc ou graine musque. Cette graine , jete sur les charbons, exhale une odeur de musc. Aprs l'avoir re- cueillie et fait sceller, on la conserve dans des botes bien fermes. Expose l'air, elle perdrait son odeur qui est trs-suave, quoique trs-fortement prononce. Les parfumeurs se servent de ces graines pour la com- position de diverses poudres odorifrantes , ou de pom- mades , ou mme pour embaumer les gants. Dans les pays o l'ambrette est indigne , elle crot partout. Quant la culture de cette plante en Europe, on la met, avant l'hiver, en serre chaude 5 pendant l't, on l'expose l'air et au soleil. Caractres physiques. Cette plante est velue, pres- que hispide , poils caulinaires un peu piquans , et est fort remarquable par l'odeur musque de ses semences. Elle s'lve la hauteur de trois quatre pieds , sur une tige cylindrique, assez paisse, vritablement herbace ou annuelle quoique un peu dure , hispide surtout dans sa partie suprieure , souvent simple, quelquefois un peu rameuse. Cette tige est verdtre , tache quelquefois de rouge brun. Les feuiiles sont alternes, ptioles, nulle- ment peltes , cordiformes leur base , palmes , cinq angles ou lobes pointus, crneles ou dentes dans leur contour, verdtres des deux cts et velues principale- ment sur leur ptiole et leurs nervures. Les suprieures sont dcoupes trs-profondment et plusieurs d'entre elles n'offrent que trois lobes allongs , lancols , dont les latraux sont trs-ouverts. Les pdoncules sont axil- laires, droits, unifiores, longs d'environ deux pouces. " ( 2I 9 ) Les fleurs, assez grandes, sont jaunes avec le fond pour- pre. Leur calice extrieur est compos de huit et rare- ment de neuf folioles troites , linaires, pointues , velues ou hispides ; l'intrieur est caduc , deux fois plus grand que l'extrieur, lgrement quinqufide son sommet, et se partage longitudinalement d'un cot lorsque la fleur s'panouit. Le fruit est une capsule ovale-pyramidale , pointue , pentagone , velue , longue de deux pouces. Ses loges sont remplies de grosses semences arrondies , rni- formes , gristres ou brunes , ayant une odeur de musc trs-marque. Analyse chimique. Cette Ketmie contient , ainsi que ses congnres , beaucoup de mucilage , et de plus un principe aromatique. Proprits mdicinales. Les partisans de la mdica- tion vgtale attribuent beaucoup de proprits la plante dont il est question ici. Elle est, disent-ils, c- phalique, stomachique , et, prise en poudre , elle favo- rise les ruptions cutanes , soit qu'elles se fassent difficilement ou qu'elles soient rentres. On en compose une pte masticatoire trs-convenable ceux qui ont mauvaise haleine ou quelques dents gtes. J'ai employ plusieurs fois la teinture , l'infusion et mme la poudre des graines comme anti-spasmodiques , et je n'ai eu qu' me louer de l'indication qui m'en avait t donne. Cette prparation cependant ne peut convenir ceux que l'o- deur du musc incommode. Mode d'administration . La teinture se prend la dose 21* ( 220 ) de trente gouttes dans un vhicule appropri. La pou- dre celle d'un scrupule. On emploie ordinairement un gros des graines concasses pour une livre; d'infusion faite a vaisseau clos. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-UN. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1 . Graine. / //. 36% y/sn/r>,r /M>'iTrrw/s/\ /'t/ta- 7 J <-rfe J\'i iNGttEC UOFGE ( l ) WX, l\lWk\WV1UHV\V\VWVVV\l VWVW WWVW%WWVW*VVVVVl VWWWVWWWIVW WVWVvW W* ANGREC ROUGE. ( antispasmodique aromatique . ) Synonymie. Vanille rouge; Epidendre fruits de couleur de corail. Epidendrum rubrum. Lin. , Gynandrie Dian- drie. Jussieu , famille des Orchides. Epidendrum scandens , foliis ovato-lanceolatis , aveniis, cirrhis longis, rectiusculis, Poiret. Vanilla flore albo, fructu breviori corallino, Plum. Gen. 25. Miss. 3 , tab. loo. En anglais: Vanilla. En espagnol : Vaynilla. En portugais : Va- nilha. Caractres gnriques des Angrecs. Genre de plante unilobe , de la famille des Orchides , qui comprend des plantes exotiques, la plupart parasites, produisant des fleurs trs-agrables voir , et dont une espce, appele Vanille, est recherche par l'odeur suave de ses sili- ques. Nectaire turbin, oblique, rflchi. Caractres particuliers. Calice six divisions, dont l'infrieure plus courte, tubule , oblique et souvent labie en son limbe \ une capsule allonge , presque cylindrique \ fruits rouges. Histoire naturelle. Le mot Epidendrum est compos ( 222 ) des deux mots grecs pi, dessus, dendron, arbre, parce que ces plantes parasites vivent la plupart sur les arbres. Cette Vanille croit aux Antilles o elle fleurit en avril et en mai. Les fleurs ont une odeur de lis , toute la plante a un got acide et piquant. On voit dans la Gazette de sant , du i5 mars 1828 , que M. le docteur Girandy venait de publier des dtails sur une espce d'Angrec (Epidendjum) auquel il donne le nom de Faam. Si cette plante possde en effet les pro prits que ce mdecin lui attribue, elle deviendra une prcieuse acquisition pour la matire mdicale, dit le docteur Miguel, et elle devra bientt se trouver dans toutes nos pharmacies. Comme je donne l'histoire de cet Epidendrum dans le sixime volume de cette Flore , cent dixime livraison , j'enrichirai mon article des sa- vantes observations de mon savant confrre et collgue le docteur Girandy. \ Caractres physiques. Cette espce , quoique trs- distincte de la Vanille aromatique (voyez huitime vo- lume) a nanmoins avec elle beaucoup de rapports. Sa racine pousse plusieurs tiges sarmenteuses qui grimpent sur les arbres les plus levs. Ces tiges sont de l'- paisseur du petit doigt , presque cylindriques , cependant lgrement anguleuses ou pentagones , articules , gla- bres, vertes et parsemes de petits points trs-nombreux d'une couleur plus claire. Elles sont garnies de feuilles alternes , cartes les unes des autres, ovales, lanco- les , sessiles , termines par une pointe un peu rflchie, glabres, d'un vert obscur , un peu paisses, et qui n'ont qu'une nervure moyenne qui les traverse longitudinale- ( 223 ) ment. Ces feuilles ont trois pouces de longueur sur pres- que un pouce et demi de large. Les vrilles sont solitaires, simples, assez longues , et situes , ainsi que les feuilles , chaque articulation des tiges. Vers le sommet des ra- meaux et des tiges de cette plante, naissent dans les aisselles des feuilles des pdoncules multiflores, longs de trois ou quatre pieds , articuls , et un peu flchis en zig- zag. A chaque articulation de ces pdoncules , on voit sortir de l'aisselle d'une petite caille membraneuse et pointue, une fleur sessile, d'un blanc verdtre. Cette fleur est compose de six ptales , dont cinq plus grands, presque gaux, oblongs , trs-ouverts , point onduls , un peu pais, sont d'un vert ple, et le sixime , qui occupe presque le milieu de la fleur, est trs-blanc, campanule , pliss , crpu en son bord et a sa surface interne couverte de points blancs. L'ovaire qui soutient cette fleur est cylindrique, charnu, verdtre, de la grosseur et de la longueur du petit doigt. Il se change en une espce de silique charnue , molle , cylindrique , longue de trois pouces , obtuse son extrmit , et qui devient rouge comme du corail en mrissant. Analyse chimique. On retire des fleurs un parfum trs-agrable et qui communique l'alcool ou l'ther une proprit stomachique et anti-spasmodique. La tige au contraire fournit un suc acide et une espce de pi- prine. Proprits mdicinales. Les naturels font prendre aux enfans faibles des bains faits avec une dcoction des ( 4 ) tiges de cet Angrec , dans l'espoir de fortifier leurs nerfs. Ils appliquent aussi la plante contuse sur leur ombilic pour faire mourir leurs vers. EXPLICATION HE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-DEUX. La planche est rduite moiti de sa grandeur. Lm Pi '///<>.VvV\V\lVVVVvVVvVVVVVVVVVVVl.VVVVVv\V\VVVVVVVi/ore /Jf.3i ) d'un got aromatique et agrable et bonnes manger. (Encycl. ) Analyse chimique. Les feuilles contiennent une huile volatile , verdtre, trs-aromatique et d'une saveur pi- quante , une rsine acre, un principe amer et de la gomme. Proprits mdicinales. On emploie dans les bains fbrifuges ou anti-spasmodiques la dcoction des rameaux et de ses feuilles. Cette plante est galement cplialique , et l'infusion de ses fleurs est souvent prescrite dans les affections crbrales, dans la cachexie et les nphrites. L'extrait produit de trs-bons effets dans les tourdisse- mens et les engourdissemens des membres qui menacent de paralysie. On applique un topique des feuilles sur les parties affectes de douleurs rhumatismales. Quelques praticiens m'ont prconis la vertu de l'extrait de toute la plante dans le traitement de l'pilepsie et de la cho- re ou danse de Saint-Gui , mais il n'est pas rationnel, je crois, d'ajouter foi une semblable assertion. La tein- ture alcoolique calme , comme anti -spasmodique , les terreurs paniques des hypocondriaques, et sert, dit-on , ranimer les personnes puises par les femmes. On pra- tique avec cette teinture des frictions anti-spasmodiques sur la rgion rachidienne des enfans en convulsions. Mode d'administration. On fait infuser une petite poigne des feuilles par livre d'eau bouillante. On en fait aussi un sirop, dont la dose est depuis demi-once jusqu' ( 23?. ) une once. L'extrait se donne dans la mme proportion L'eau distille se prescrit quatre onces. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-QUATRE. Le dessin est rduit moiti. i . Fruit entier. 2. Fruit coup. j . ta . PI, Jo'J. J7ieo<7ore J)ejrcV\VVVVVVVVVV%VVVVVVVVV\\/VVA^VVWV^VVVVVVVVVV\A^ TILLEUL ARGENT A FEUILLES ARRONDIES. (Anti-spQsmodique aromatique. ) Synonymie. Tilia rotundifola, Ventenat. Lin. Polyandrie monogynie. Tournef. Arbres rosaces. Jussieu, famille des Tiliaces. Tilia foliis cordato-subrotundis, subsi- nuatis , dentatis , verticalibus , subts albo-tomentosis ; nuce ovata. Vent. Monogr. , p. 12, tab. 4 Tilia (alba), foliis profund cordatis, subsinuatis , dentalis, subts to- mentosis. Aiton. Hort. Kew. , vol. 2, p. 23o. Tilia (tomentosa), foliis cordatis , acutis, serratis , subts to- mentosis. Mnch. i36. Tilia americana, Duroi. Tilia argentea, Tilia alba, Catal. Hort. Paris. , p. i52. En anglais : Lime-Tree , Linden-Tree. TLn espagnol : Tio. En portugais : TU. Caractres gnriques des Tiliaces. Calice dcoup en plusieurs parties; corolle de cinq ptales ; tamines ordinairement indfinies et distinctes -, un style \ une baie ou une capsule supre , plusieurs loges. Calice co- lor cinq divisions profondes \ corolle de cinq ptales obtus \ tamines indfinies -, un style \ un stigmate obtus, quatre lobes -, capsule globuleuse , quatre valves , cinq loges monospermes , dont trois ou quatre avortent souvent. Caractres particuliers. Surface infrieure des feuilles d'un blanc de neige; fleurs trs-odorantes. Tome V. 92e Livraison. 22 ( 34 ) Histoire naturelle. Le Tilleul d'Amrique produit l'effet le plus pittoresque au milieu des forets qui le nourrissent. Son corce sert faire des macoutes, es- pce de paniers plats que portent les btes de somme , des cordages , des cbles et de grosses toiles. Les ama- teurs de jardins paysagistes commencent rapprocher , en Amrique, le Tilleul argent de leurs habitations, pour l'lgance de son feuillage et l'odeur suave qu'exha- lent ses fleurs. On fait avec son bois , tendre et lger , des coffres , des malles ; son charbon est recherch pour les esquisses de dessins , et remplace trs- bien le fusain. Son feuillage est recherch par les vaches et les cabrits. Ce tilleul croit naturellement dans la Hongrie , aux environs de Constantinople, et dans le nord de l'Amrique. On multiplie en Europe ce Tilleul de se- mences et de marcottes. Il prfre un terrain frais. Caractres physiques. Les racines du Tilleul argent, d'abord pivotantes et cylindriques , se divisent en plu- sieurs rameaux qui tracent la surface du terrain, et qui sont munies d'un grand nombre de chevelus. Les feuilles sminales sont palmes , divises en cinq lobes ingaux , le moyen et les deux extrieurs plus longs. Il s'lve des racines un tronc cylindrique , trs-rameux , recouvert d'une corce paisse, dont l'pidmie est cendr et plus lisse que dans les autres espces ; les branches alternes, divises en rameaux presque sur deux rangs opposs , couverts d'un duvet pais et cendr qui s'enlve aisment lorsqu'on passe le doigt dessus , char- gs de boutons ovales , tomenteux , d'un vert cendr , garnis de feuilles alternes , ptioles , arrondies en cur leur base, ingalement dentes en scie , souvent si- ( 235 ) nues leurs bords , aigus leur sommet, planes, ver- ticales , munies de nervures trs-rameuses , d'abord to- menteuses et d'un blanc de neige leurs deux faces , ensuite glabres et d'un vert sombre leur surface sup- rieure , longues d'environ quatre pouces sur autant de large, soutenues par des ptioles tomenteux , environ du tiers de la longueur des feuilles, garnis leur base de deux stipules opposes linaires-lancoles , membra- neuses , trs-caduques. Les fleurs sont disposes en un corymbe serr, d'abord d'un jaune de soufre , puis blanchtre , d'une odeur sem- blable celle de la jonquille, soutenues par un pdon- cule commun , cylindrique , divis son sommet en plusieurs pdicelles tomenteux ; les bractes , sur les- quelles s'insre le pdoncule, oblongues , obtuses, vei- nes, pubescentes, un peu plus longues que le pdon- cule -, les pdicelles uniflores , tomenteux , munis chacun dans leur partie moyenne de deux bractes presque op- poses, linaires, pubescentes, fort courtes, trs-cadu- ques -, le calice cinq divisions ovales , aigus , convexes et pubescentes en dehors, vertes leur base, d'un blanc jauntre leur partie suprieure ; la corolle d'un jaune ple , compose de cinq ptales oblongs , pres- qu'obtus, lgrement crnels leur sommet, un peu plus longs que les divisions du calice ; cinq cailles en spatule , opposes aux ptales , de la mme couleur que la corolle et un peu plus courtes ; des filamens nombreux, de la longueur des cailles , supportent des anthres arrondies, deux loges 5 un ovaire tomenteux, blan- chtre *, un style glabre et cylindrique , un peu plus long que la corolle ; un stigmate dilat en cinq lobes. Le fruit est une capsule ou une noix ovale , coriace , rele- ( *36 ) ve de cinq ctes peu saillantes, tomeiiteuses et de cou- leur cendre. (Encycl.) Analyse chimique. Les fleurs et l'corce contiennent beaucoup de mucilage. Proprits mdicinales. Les fleurs sont estimes ano- dines et anti-spasmodiques , c'est un des meilleurs sda- tifs du systme nerveux. Mode d'administration. On ne les emploie qu'en in- fusion. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-CINQ. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur naturelle. 4. Fruit entier. 2. Le mme coup transversalement pour voir les cel- lules. 3. Ltamine. ' ferec >.fr/e^p. TltOTO^ KLAXC, ( *3 7 ) tVVVVVVVVVVVVVVVV\VVVVWVV*VVtV\%AAiVVVVVVVVVVVVVVVVVVWVVVVVVVV^ CROTON A FEUILLES DE NOISETIER. (antispasmodique aromatique. ) Synonymie. Vulg. Bois de Laurier. Croton corylifolium. Lin. Moncie monadelphie. Jussieu, famille des Eu- phorbes. Croton foliis eordato-subrotundis acurninatis serratis punctatis utrinque sublaevibus. Kimicatihue seu tinus aromatiea tricoecon , odore et gustu Lauri. Ki- rimicalhue Indorum tinus aromatiea, an potius Alnus albicans, odore et gustu Lauri. Vaill.,Cat. mss.iogq. Croton niveum foliis ovato-cordatis, serrulatis, subts tomentoso-nitdis, Jac. , p. 255. Caractres gnriques des Ricinodes. Fleurs mo- noques. Fleurs mles : calice dix dents, dont cinq infrieures ptalodes 5 huit quinze tamines. Fleurs femelles : calice idem; trois styles bifldes ; capsule trilo- culaire , bivalve 5 une graine dans chaque loge. Caractres particuliers. Feuilles cotonneuses et de la forme de celles du Coudrier. Histoire naturelle. Toutes les parties de ce Croton embaument Pair d'une odeur aromatique suave et toute particulire. On se croit, en le respirant, aux beaux jours de l'Europe o les manations de la rose, du jasmin , de la fleur d'oranger , du syringa , du chvre- ( 238 ) feuille et du rsda , composent un bouquet idal pour les promeneurs des chteaux ou ceux des jardins pu- blics de la capitale. Ce prcieux vgtal est dou en outre de proprits incontestables qui le font particu- lirement rechercher en mdecine. Le Croton feuilles de noisetier et le Croton blanc pai aissant diffrer trs-peu l'un de l'autre, je les ai runis pour les proprits m- dicinales qui sont absolument les mmes. Caractres physiques. Les plus petits rameaux, les ptioles , les pdoncules , les nervures des feuilles , et les feuilles naissantes , sont un peu cotonneux et blan- chtres. Les feuilles sont alternes, ptioles, cordi- formes , dentes , quelquefois un peu anguleuses , ponc- tues, et presque glabres en dessus et en dessous. Les grappes sont pdoncules , longues de quatre cinq pouces, solitaires, et situes un peu au-dessous du sommet des rameaux*, elles portent des fleurs pdi- cules. Analyse chimique. La semence contient une rsine bruntre , d'une saveur extrmement amre , de la gomme , de la fibre ligneuse , un huile grasse , qui ran- cit lorsqu'elle vieillit , de la gomme , de l'albumine et de l'amidon. Proprits mdicinales. Ce Croton , trs-commun dans les savanes de l'Amrique, a des proprits vi- demment excitantes et anti-spasmodiques. Les habitans mettent infuser ses feuilles et ses fleurs dans de l'huile de ben , laquelle elles communiquent, disent-ils, une vertu vulnraire. Cette plante est de plus carminative , ( *3 9 ) cphalique et stomachique. Son eau distille est vante par les vieux planteurs comme capable de procurer un prompt soulagement dans les coliques flatueuses , d'arr- ter la diarrhe provenant d'atonie , de faire cesser le vomissement et le hoquet spasmodiques. Cette mme eau distille neutralise les aigreurs occasiones par les acides des premires voies , facilite les digestions lentes , prvient les mauvaises , rtablit par cons- quent les estomacs dbilits , et est mme employe comme emmnagogue et comme diurtique. On compose aux Antilles une huile vulnraire et anti-spasmodique dont les praticiens donnent ainsi la formule. Prenez : huile de ben, ou de fruit du cocotier cinq livres, que vous mettez dans un vase de grs , ou canari rempli moiti 5 ajoutez Croton feuilles de noisetier, herbe aux camans, herbe plomb, langue chat ( voyez ces mots la table gnrale), tabac en feuilles vertes, de chaque une poigne , faites infuser pendant douze heures dans du tafia. Exposez le vase pendant un mois au soleil et passez. Mode d'administration. On emploie cette plante en infusion thiforme, en extrait, et distille. Son huile, qu'on obtient par infusion, se prescrit par gouttes sur un casson de sucre. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-SIX. La plante est rduite au quart de sa grandeur. i. Fleur mle. 2. Fleur femelle. ( A ) ^VvWVYV\WVW\WfvYVYYvWlWW\ vVXvAA. VWWVV\WV\ V\ViWWVv>\VWVWVV\V\'V\VVV\\m vw w* TOQUE DE LA HAVANE. (A ' lit i-s p a smo dique aromatique. ) Synonymie. Scutellaria havanensis. Lin. Didynamie gyni- nospermie. Tournefort et Jussieu, famille des Labies. Scutellaria foliis cordato-ovatis, crenalis, floribus solitariis, axillaribus ; corolla labio utroque trifido , Lin. , Syst. Veg., p. 457. Jacq. obs. 2 , p. 5 , tab. 29. Jacq. Amer. 172. Wild. Spcc. Plant. , vol. 3 , p. 174, n. 10. Caractres gnriques des Toques. Genre de plantes dicotyldones , fleurs compltes , monoptales , la- bies, fleurs nues, solitaires, axillaires 5 quelquefois en pis terminaux ou latraux, et munis de bractes. Calice trs-court , deux lvres arrondies , la suprieure peronne en dessus, et se renversant jusqu' l'peron aprs la chute de la corolle , de manire clorre le calice : corolle ayant le tube recourb la base, lvre suprieure comprime, en vote, avec deux dents l'orifice, l'infrieure plus large, cbancre. (M.) Caractres particuliers. Feuilles cordiformes, ovales, crneles-, fleurs solitaires, axillaires; corolle l'une et Vautre lvre trifides. Histoire naturelle. Le nom de Scutellaria donn 2 : a,. AV. 36-r. J'Aeoirre J)e*fCour/x. J^ituc _Pere^ Sctifo- TOOIE i> LiA 1L4VI4.V3 TK : CM ) cette famille, drive du mot latin scutum , bouclier. Cette plante vgte couche et rampante sur les rochers et le long des ctes maritimes de la Havane et des autres les Antilles. Elle fleurit dans le courant du mois de d- cembre. Caractres physiques. Cette plante est herbace , fort tendresses tiges sont tendues sur la terre, garnies de feuilles opposes, ptioles, ovales, en cur, presque glabres, crneles leur contour, longues peine d'un demi-pouce. Les fleurs sont solitaires , axillaires ; les pdoncules opposs , uniflores \ le calice divis en deux lvres \ les dcoupures arrondies, trs-entires, pres- qu'gales ; la corolle bleutre, longue d'environ un pouce, deux lvres, la lvre infrieure plus longue, demi divise en trois dcoupures un peu arrondies : celle du milieu plus large , chancrc , les latrales trs-entires. Analyse chimique. On obtient par la distillation de toute la plante une huile trs-odorante , d'un jaune oli- vtre \ ses extraits alcooliques et aqueux sont amers , astringens et aromatiques. L'huile devient d'un vert fonc par l'addition du sulfate de fer. Elle dcompose le muriate de mercure suroxid (sublim -corrosif) et le fait passer l'tat de mercure doux. Proprits mdicinales. La Toque de la Havane est un tonique trs-nergique du systme nerveux. On em- ploie l'huile avec beaucoup de succs dans les fivres ataxiques et toutes les affections nerveuses en frictions sur le rachis. On en donne quelques gouttes l'int- rieur , ou l'on prescrit seulement son infusion pour faire Tome V. 92 e Livraison. ' 2 3 C 4* ) cesser les syncopes des personnes affaiblies par de lon 1 - gues maladies ou par de violons chagrins. Il faut remar- quer ((pendant que les prparations alcooliques de cette plante ne doivent point tre employes par les malades qui ont quelques dispositions la congestion crbrale. On applique cette plante sur les tumeurs ou engorge- mens chroniques. L'huile en friction sur la rgion de l'utrus provoque les rgles en cas de l'inertie de cet organe. J'ai vu de bons effets de cette plante applique chaudement contre les douleurs sciaticrues. Sa dcoction sert en fomentation pour bassiner les parties nerveuses et musculaires trop affaiblies ou gonfles aprs une longue marche. Mooe d'administration. L'infusion de cette plante est la prparation sous laquelle elle est le plus habituelle- ment recommande. L'huile essentielle se prescrit la dose de trois ou quatre gouttes , et en plus grande quan- tit lorsqu'il s'agit de frictionner un membre paralys , atiophi ou affaibli. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-SEPT. Le dessin est rduit au tiers de grandeur naturelle. i. Fleur non panouie. i. Corolle enlr'ouverte. 3. Calice et ovaire. -- y- 2 '. /.n> . />/. 36. 77)<-ot/orr y?euffy7\ /%n.r x'erer OCU& fALAHritE SOVETX ~^ ( *43 ) AAWVW>V\* W*W%*A iWV\MWi^Wl%\ R- a j- Dend. 32. Lotus aspera major. Lotus sericea fructu singulari , Plum. Caractres gnriques. Corolle de cinq ptales} ca- lice en cinq parties 5 baie uniloculaire , monosperme. Caractres particuliers. Fleurs axillaires , bines et blanches. Feuilles deux lobes ingaux. Histoire naturelle. Le Calabure soyeux est un trs- bel arbre qui fait l'ornement des forts d'Amrique } il est commun aux Antilles , o l'on emploie son bois faire des douves pour les barriques. On tresse avec son corce des nasses et des cordes , que les pcheurs et les marins de cabotage savent employer par conomie. ( 44 ) Cractekes physiques. C'est un arbre de la famille des tilleuls , qui ressemble l'orme par son port, s'lve environ trente pieds de hauteur , et qui est garni de beaucoup de feuilles dans toute la longueur de ses ra- meaux, ce qui le rend propre donner un ombrage agrable. Ses feuilles sont alternes , ovales-oblongues , pointues , dentes , portes sur des ptioles fort courts , et ingales leur base, un de leurs cts tant plus court que l'autre. Elles ont trois ou quatre pouces de longueur, et sont couvertes d'un duvet doux, fin comme de la soie, qui est plus abondant en leur surface inf- rieure et les rend blanchtres. Les pdoncules sont axil- laires , solitaires, moins longs que les feuilles, pubes- cens , et chargs chacun dune fleur blanche ouverte en rose. La fleur consiste : i en un calice divis presque jusqu' sa base en cinq ou six dcoupures lancoles , pointues , pubescentes en dehors et caduques 5 2 en cinq ou six ptales arrondies, un peu onguiculs et trs- ouverts -, 3 en un grand nombre d'tamines dont les fi- lamens beaucoup plus courts que les ptales portent des anthres arrondies-, 4 en un ovaire suprieur, globu- leux , dpourvu de style , et couronn par cinq ou six atigmates pais , persistans et en toile. Le fruit est une baie globuleuse , un peu plus grosse qu'une cerise, jau- ntre avec une teinte de rose , divise intrieurement en cinq ou six loges peu apparentes, par des cloisons membraneuses trs-fines, et qui contient des semences nombreuses, petites, arrondies et niches dans une pulpe. (Encycl. ) Analyse chimique. On retire des fleurs du Calaburc un principe muciiagineux trs-abondant, et un arme ( 245 ) assez agrable. Les baies fournissent une pulpe mucoso- sucre. L'corce contient du tannin. Proprits mdicinales. Les fleurs du Calabure jouis- sent d'une proprit anti-spasmodique incontestable , et remplacent au besoin celles du tilleul argent dont il vient d'tre parl. On les distille, on en prpare une conserve , et de plus un esprit par la fermentation qui a une certaine rputation, parmi certains croles, contre l'pilepsie , la paralysie , le trismus , les vertiges , le t- tanos et les autres maladies nerveuses. La dcoction des feuilles et leur application en topique sur l'abdomen calme les douleurs de l'entrite, fait cesser celles du tnesme , et apaise les frquentes et inutiles envies d'aller la garde-robe (surtout en faisant prendre au malade quelques lavemens avec le mucilage). Le mu- cilage que contient l'corce moyenne du Calabure forme un excellent collvre. Mode d'administration. La dose de l'eau distille est de six onces*, celle de la conserve est d'une once. explication de la planche trois cent soixante-huit. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur. 1. Fruit entier. 2. Fruit coup transversalement , Fomr V. 93 e Livraison. i^ ( *46 ) wiw.w \\ *VV. v v ,nn\i\\.v nm\u\n\>\M>uvVHMiV\i \ v\v vv\> \ vvwvww w\ A\H\m MONARDi KCARLATK. ( Antispasmodique aromatique. ) Synonymie. Vulg. th d'Oswego, Monarde Pensylvanie. - Monarda coccinea. Lin. Diandrie monogynie. Jus. f famille des Labies. - Vel. Monarda purpurea foliis ovato- aeuminatis serratis breviter petiolatis , bracteis corollisque intense purpureis, Lam. Tllust. Gen., n. 227, t. 19. Monarda floribus capitatis verticillatisque , caule aeul angulato, foliis lanceolato-serratis glabris. Burm. enum., Plant. Hort. , p. 226. Monarda caule acut angulato, eapitulis terminalibus, Cold. noveb. 7. Monarda didyma, Lin.'Spec. Plant., n. 2. Caractres gnriques des Monardes. Genre de plan- tes fleurs monoptales, de la famille des Labies, qui comprend des herbes indignes de l'Amrique septen- trionale, feuilles sin.ples, opposes, et fleurs super- bes , disposes par vertieilles axillaires , tantt rassem- bls en tte terminale. Les fleurs ont leur calice cylin- drique , cinq dents \ la corolle partage en deux lvres, dont la suprieure est entire et enveloppe les filamens ; deux tamines, un style, quatre semences. Caractres particuliers. Fleurs en tte , comme didv- y 3 f Lzo /y. 3b 9 . 7Aeti(/ore ^e^>\\ii\\i 1 \M.ii.>vimwm\.\\\m l M\xM < .\vi\\,,vvvwm iv CAMARA PIQUANT. ( Antispasmodique aromatique . ) Synonymie. Vulg. Sauge de montagne. Lantana aculeata. Lin. Didynamie angiospermie. Jussieu, famille des Ga- tiliers. Lantana foliis oppositis, caule aculeato ramoso , spicis hemisphericis. Lin. Viburnum americanum odo- ratum , urtic foliis latioribus , spinosum, foliis miniatis , Pluk. Alm. 385 , t. 233, f. 5 ; Camara spinosa, flore varie- gato, Plum. Gen. 32. Caractres gnriques des Camars. Genre de plante fleurs monoptales , de la famille des Gatiliers , qui comprend des herbes on de petits arbrisseaux exotiques , dont les feuilles sont opposes et dont les fleurs vien- nent en ttes ombelifornies trs-agrables voir. Calice tabul, quatre dents, fort petit ; corolle tube plus long que le calice , limbe plan , quatre divisions obtuses, ingales , quatre tamines , un style , un stigmate latral-, drupe contenant un noyau deux loges dispermes. Caractres particuliers. Feuilles opposes ; tige ai- guillonne , rameuse -, pis hmisphriques. ( Amrique mridionale. Vivaee. ) Histoire naturelle. Suivant Mordant Delaunav on q3 e Zw /y, 3 Z o TAMARA PJOIA.NT. ( *5 ) a transport ce genre le nom que les anciens donnaient au Viorne. La couleur aurore des fleurs de cet arbrisseau produit le plus joli effet au milieu de la verdure. On le cultive en Europe , o il aime le soleil et l'eau. Les per- sonnes qui n'ont point de serre chaude peuvent en jouir cependant en en faisant une plante annuelle. Pour cela on la sme tous les ans et on en jouit comme ceux qui ont une serre chaude , puisqu'elle fleurit dans la mme anne o elle a t seme. On est tent de dpouiller cet Arbrisseau de ses belles fleurs, mais la curiosit est bientt due par l'odeur trop forte qu'elles exhalent . c'est le cas de dire avec Villiei s : v ; Laissez sur leurs tiges nouvelles Les fleurs qui parent les bosquets; Car la fracheur est aux bouquets Ce que la pudeur est aux belles. Les Camaras , les Monardes, la Cascarille et beaucoup d'autres plantes pourraient remplacer le th. Aucune nation , disait un journaliste, ne s'est impos un sacrifice plus extraordinaire que celui qu'a fait la population an- glaise en faveur de la compagnie des Indes-Orientales. Le th, le premier article d'exportation de la Chine, est consomm en plus grande quantit en Angleterre que dans tout le reste de l'Europe , ainsi qu'en Afrique et en Amrique. Il est devenu un objet de premire ncessit pour toutes les classes de la socit. Le monopole de la compagnie des Indes cote au peuple anglais huit millions sterling par an, ce qui fait deux cent millions de francs. Le contrat ruineux qui a fait devenir les Anglais vassaux d'une compagnie exclusive doit expirer dans quatre ou ( iS'X ) cinq annes, et Ton espre que le Parlement fera cesser un si grand scandale commercial. Caractres physiques. Cette espce de Camara forme un arbrisseau qui s'lve environ cinq pieds de hau- teur et qui est remarquable par ses rameaux chargs d'aiguillons ou de piquans pars , courbs en crochets comme ceux des ronces , mais plus petits. Ses feuilles sont opposes , ptioles , ovales , presque en cur , cr- neles , pointues , rides , d'un gros vert et rudes au tou- cher. Les Heurs sont disposes comme dans la prcdente, en ttes ombelliformes , pdoncules , situes aux som- mits des rameaux, dans les aisselles des dernires feuilles. Elles sont jaunes , deviennent successivement d'un rouge carlate , et ont entre elles de petites bractes lancoles et caduques. Analyse chimique. Une dissolution de sulfate de fer verse dans une infusion de Camara , y fait reconnatre la prsence de l'acide gallique. L'eau dissout les principes amer et astringent de la plante , mais l'alcool seul peut s'emparer de l'arme. L'eau distille est cependant trs- odorante. Comme toutes les Labies , les Camaras con- tiennent une huile essentielle qui renferme plus ou moins de camphre , ce qui confirme sa proprit anti- spasmodique. Proprits mdicinales. Les Amricains emploient la dcoction de tonte la plante dans les bains qu'ils font prendre aux malades affects du ttanos , et autres n- vroses , la chore , les convulsions , les spasmes partiels, les paralysies , les douleurs rhumatismales et mme les ( 253 ) fivres d'accs el celles ataxiques ou adynamiques. C'est un des toniques les plus puissaus pour les lsions du sys- tme nerveux. Le Camara entre toujours dans les bois- sons aromatises que l'on prescrit dans ces dplorables maladies. Son usage est justement vant dans l'atonie des viscres abdominaux, et les maladies qui en rsultent, telles que l'hystrie, l'hypocondrie, etc. Le Camara rta- blit les fonctions de l'estomac , facilite les digestions , fait disparatre cette morosit qui accompagne leur tra- vail pnible, et rend aux hommes de lettres, nervs par une trop longue application, et leur mmoire et toutes leurs facults premires. Les prparations diverses des Camaras conviennent aussi dans les leucorrhes chroni- ques , dans ces sueurs nocturnes qui puisent et dispo- sent la consomption. Dans ces derniers cas , on peut faire infuser la plante dans un vin gnreux de Bordeaux ou de Maaga, mais il faut viter les prparations alcooli- ques de cette plante qui deviendraient des moyens trop excitans, surtout dans la phthisie pulmonaire, lorsque la peau est aride et brlante. Le vin de Camara dterge les aphtes des enfans et on doit le recommander aux hydro- piques et aux scorbutiques. Mode d'administration. Une forte pince de feuilles de Camara suffit pour une livre d'eau bouillante sans r- duction. L'eau distille de la plante sert d'excipient des potions anti-spasmodiques. L'huile se donne par gouttes lorsqu'on a besoin de recourir des moyens puissans. Le vin s'administre par cuillere. On peut en aromatiser les limonades dans certains cas. ( 54 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-DIX Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Calice. 2. Fleur entire. 3. Corolle entr'ouverte. 4. Graines entires. 5. Graine vue intrieurement* ,:<'/. DRACOCEI'I ALE (\Vi:\LEPTJOrE . ( *55 ) *V VV>VVV\V^V^V\V'VVVV%VV\^V\XVVVV^VV>^AAVV<'\VV^VWVV^VV/VrV>'VVVVV>'VV\iVV>'VV*\\''VV>/VV\ >v\* DRACOCPHALE CATALEPTIQUE. ( Antispasmodique, aromatique. ) Synonymie. Dracocphale de Virginie. Vulg. Tte dragon. Dracocephalum virginianura floribus spicatis, foliis an- ceolatis serratis. Lin., Didynamie angiospermie. Jus- sieu , famille des Labies. Dracocephalus angustifolius, folio glabro serrato, Moris. Hist. 3, p. 47> sect. 11 , t. 4 > f. i. Pseudo-Digitalis persicae foliis, Bocc. sic. 12, t. 6, f. 3. Digitalis americana purpurea foliis serratis , Dodart. Mem. 272. Lysimachia galericulata spieata purpurea ca- nadensis, Barrel. ic. ii5a. Caractres gnriques des Dracocphales. Genre de plante fleurs monoptales , de la famille des labies , comprenant des herbes feuilles opposes , et fleurs axillaires ou en pi terminal , remarquables par l'orifice enfl ou ventru de leur corolle. Calice allong , deux lvres ou cinq dents, presque gales; corolle tube renfl proche le limbe, lvre suprieure en vote, en- tire, l'infrieure trilobe. Caractres particuliers. Fleurs en pis ; feuilles lan- coles , dentes en scie. (Vivace.) Histoire naturelle. Le mot Dracocephalum est corn- ( 256 ) pos des mots grecs dracon, dragon, et kphal , tte, parce que la ileur de cette plante a quelque ressemblance idale avec- la forme de la tte d'un dragon. On appelle cette espce cataleptique , parce que , d'aprs M. de La- hire, si l'on drange ses fleurs en les faisant aller et venir horizontalement daus l'espace d'un demi-cercle , elles restent dans la position o on les met lorsqu'on cesse de les pousser. Ce phnomne n'a lieu que parce que les fleurs, cdant un peu leur pesanteur, appuient leur calice sur une petite bracte qui les soutient. Cette plante, originaire de l'Amrique septentrionale, se trouve aux Antilles. En Europe, elle vient en pleine terre qui doit tre substantielle , frache et lgre , surtout celle de bruyre. On la reproduit par semences ou par clats de ses racines qu'on dispose cet effet au printemps et en automne. Caractres physiques. C'est une assez jolie plante , qui ressemble une Digitale par la forme de ses fleurs, mais qui s'en loigne beaucoup par le caractre de ses fruits. Sa racine , qui est fibreuse , pousse une tige droite, ordinairement simple, carre, feuille , glabre et haute d'un pied et demi. Ses feuilles sont opposes, linaires, lancoles, glabres et lgrement dentes en scie. Les fleurs viennent en pi terminal et qui parat nu , les bractes tant fort petites et plus courtes que les calices. Elles sont couleur de chair ou un peu purpurines , et situes presque horizontalement. Analyse chimique. Cette plante, traite par l'eau et l'alcool, fournit une gomme et une rsine, un principe amer et aromatique. Il se forme, par l'alcool, un pr- ( 5 7 ) cipit vert et olagineux. On dcouvre aussi des traces d'actate de potasse , et , par la distillation de l'extrait aqueux, une certaine quantit d'actate d'ammoniaque. Cette plante fournit du camphre. Proprits mdicinales. On emploie avec succs cette plante dans l'asthme nerveux et convulsif , dans l'asthme pituiteux lorsqu'il s'agit de favoriser l'expectoration , dans la coqueluche, dans le cas de mtastase goutteuse sur les poumons ou sur l'estomac, dans l'atonie et les obstruc- tions des viscres abdominaux; elle modre les diarrhes et les dysenteries qui en sont la suite , et lorsque la menstruation est suspendue ou incomplte. Infuse dans du vin , elle provoque la transpiration et est d'un secours prcieux dans l'anasarque. Enfin, elle convient dans les affections cutanes, comme diaphortique, et dans tous les troubles du systme nerveux par sa vertu tonique et anti-spasmodique. Mode d'administration. On verse une livre d'eau bouillante sur deux gros de feuilles ou de sommits de Dracocphale. On prpare les feuilles la mme dose pour gale quantit de vin blanc. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-ONZE. Le dessin est rduit moiti de la grandeur de la plante. ( 58 ) KVx*A\\\vi\> \v% UMM 'vv^vv>'\\^vvvv\^'v\^(V\'v\v-^(^(vv\^A,^^\fllVv^vv^/vv^^v\'VV'^^vv^/vv^\v\vv\'VVv\\ DRACOCEPHALE TRIFOLIE. ( Antispasmodique aromatique. ) Synonymie. Vulg. Mlisse de Moldavie. Dracocephalum canariensc floiibus spicatis , foliis composais. Lin. Ei- dynamie angiospermie. Jussicu, famille des Labies. Moldavica americana, trifolia, odore gravi, Tourn. 1 84- Melissa forte canarina , triphyllos , odorem camphora? spirans penetranlissimum, Pluck. Alrn. 4oi , t. 3i5, f. 5. Camphorosma moris. Cedronella canariensis viscosa , foliis plerumque ex eodem pedicello ternis, Comrn. Hort. , 2, p. 8i, t. 4* Dracocephalo affinis americana trifo- liata, terebenthinae odore. Volk. Norib. i45, t. i45. Caractres du genre Dracocphale. Gorge de la co- rolle enfle , lvre suprieure concave. Caractres particuliers. Fleurs en pis d'une odeur de camphre \ feuilles composes. Les ptioles sont tou- jours disposes par trois , quel que soit le nombre des folioles. Histoire naturelle. Cette plante exhale une odeur agrable de camphre et de trbenthine qui lui assignent un rang distingu dans la classe des anti-spasmodiques. <), 7 ' Ln 3-? Tfoodors JtefceurZx. ftsi /y 3t3 y."-r /',\<;vz\* w\ vv> \\> w w% vv. vv* w v\> \ v> w> w% vww* v\> w w w\ w CAPRIER FERRUGINEUX. ( Antispasmodique ftide. ) Synonymie. Vulg. Bois Caca. Bois de Merde. Bois Ma- bouva , Cprier feuilles d'Amandier de l'Encyclopdie. Capparis amygdalina pedunculis multifloris ; foliis oblongo- lanceolatis , supra venosis , glabris , subts squamoso- argenteis. Lin. etLamarck, Polyandrie monogynie. Jussieu, famille des Capparides. Breynia amygdali foliis latioribus, Plum. gen. 4o. Capparis ferruginea, Lin. Capparis octandra, Jacq. Amer., p. 160, tnb. 100. Mori- sonia americana de la Martinique? Capparis citri foliis , subts incanis , fructu maximo. Poupe-Desportes. Caractres gnriques des Cpriers. Genre de plan- tes fleurs polyptales _, qui comprend des arbres et arbrisseaux souvent munis d'pines stipulaires , dont les feuilles sont simples, alternes, et dont les fleurs, dans plusieurs espces , sont grandes et belles voir. Les fleurs ont Je calice quatre folioles concaves, gales, dont deux bossues la base ; corolle de quatre ptales arrondis , ouverts ; tamines nombreuses : baie poly- sperme , sessile. Caractres particuliers. Pdoncules ombelles ; Tome V. 94 e Livraison. 2 5 ( 262 ) feuilles persistantes, lancoles, duvetes en dessous: Heurs octandriques. Jamaque. ( Vivace.) Histoire naturelle. Ce bois gommeux, ftide et in- corruptible, n'est d'aucun usage, ni d'aucune utilit con- nue , si ce n'est en mdecine. Les fleurs surtout rpan- dent une odeur dsagrable et puante , approchant de celle des excrmens humains. C'est tort, dit M. Bosc , que iNicolson attribue ce nom vulgaire au Sterculia qui ne se trouve pas aux Antilles. Ce Cprier s'y trouve dans les lieux pierreux des falaises du bord de la mer. En agi- tant l'arbrisseau, il s'en exhale une odeur insupportable de matire fcale j si on le met au feu, il produit le mme effet et communique sa puanteur aux viandes que l'on fait cuire sa chaleur. Les croles , toujours empresss de rire aux dpens des Europens nouvellement arrivs, et qu'ils appellent aux Antilles blancs Dridas, se plai- sent glisser dans leurs poches des feuilles de ce Cprier, dans l'espoir de les intriguer. Caractres physiques. Le Cprier ferrugineux n'a point les feuilles luisantes en dessus. Ses jeunes rameaux, les ptioles, les pdoncules et les calices sont couverts de petites cailles ferrugineuses peu prs semblables celles de l'Argoussier. Ses feuilles sont alternes, ptioles, oblongues , lancoles, pointues, glabres, veineuses en dessus et charges en dessous de petites cailles ar- gentes , arrondies , ayant un point roux ou ferrugineux dans leur milieu. Elles sont longues de trois quatre pouces et ont peine un pouce de largeur. Les fleurs sont assez petites et disposes plusieurs ensemble aux som- mits des rameaux sur des pdoncules courts. Elles pro- duisent des siliques longues de cinq six pouces , cylin- ( 263 ) driques , troites , un peu toruleuses et rousstres l'extrieur. Analyse chimique. Ce Cprier fournit beaucoup de gomme et un peu de rsine. On obtient par la distilla- tion une huile volatile d'une ftidit remarquable et d'une cret qui constituent , ce qu'il parat , ses pro- prits stimulantes et anti-spasmodques. .Proprits mdicinales. Les manations nauseuses qui s'cliappent de cette classe de plantes ne dplaisent point aux femmes hystriques, ni aux hypocondriaques. Elles contribuent mme soulager leur malaise habituel, diminuer les pandiculations , calmer les spasmes dont ces individus sont si souvent et si douloureusement tour- ments. On prescrit dans ce cas les bains composs avec la dcoction des feuilles. Les racines et les fruits en d- coction apaisent, dit-on, les douleurs nerveuses et arti- culaires , fortifient les viscres frapps d'une espce d'a- tonie. On a remarqu que ces bains sont surtout trs- efficaces lorsque dans ces affections nerveuses les malades ont la peau aride et brlante et qu'il n'y a pas d'exhala- tion cutane. Quelques mdecins amricains prtendent avoir administr avec certain succs la teinture des fleurs de cette plante, dans l'ictre et l'hpatite chronique, ainsi que dans l'amnorrhe. Mode d'administration. On, se sert des fleurs en in- fusion aqueuse ou vineuse. On fait aussi un sirop qui offre un mdicament moins dsagrable. Si l'on emploie l'extrait de la plante , il est essentiel de le dlayer dans 20* ( 2 64 ) de l'eau alcoolise , afin d'obtenir tous les principes de la plante. On le donne la dose d'un demi-gros. Le feuillage destin la confection des bains s'ordonne par poignes dans suffisante quantit d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-TREIZE. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. . Silique coupe transversalement pour laisser voir sa l'orme quadrangulaire. 2. Graine. o4 ' /<"> /V //- Teotfcre vSJwtwvJ/*. /far J'ervie Jcz PKTIVMItHALLIACKE ( a65 ) A^v\A^v^v\^vvvv^vv^v\>^vvvv^vv^v\^vvv\'\v>v\^vvvv\>\vvvv'\'VXA'V^AVV\vvvvv^vv^\x^vv^v\^vv^lV\. PETIVRE ALLIACEE. (Anti-spasmodique ftide. ) Synonymie. Vulg. Verveine puante. Herbe aux poules de Guine. Petiveria alliacea. Lin. Hexandrie ttragynie. Jussieu, famille des Arrocnes. Petiveria foliis ovato- oblongis , acuminatis, spicis terrainalibus longissinis. Lamarck, Petiveria floribus hexandris , Lin., Hort. Cliff. i4i Petiveria foliis oblongo -ovatis , spicis lon- gioribus, terminalibus , Brown. Jam. 174. Verbenae aut Scorodonise affinis , anomala ; flore albido, calice aspero , allii odore. Sloan. Jam. 64, Hist. i , p. 172. Petiveria solani foliis; loculis spinosis, Plum. Gen. 5o , Icon. 219. Caractres gnriques des Petivres. Genre de plan- tes fleurs incompltes, de la famille des Arroches , comprenant des herbes exotiques l'Europe , d'une odeur trs-forte, dont les feuilles sont acumines. Les fleurs sessiles, terminales, disposes en un pi lche. Les fleurs ont un calice quatre divisions j point de corolle ; de six huit tamines ; un style , plusieurs stigmates runis en pinceau 5 une capsule monosperme , munie son som- met de quatre crochets recourbs. Caractres particuliers. Fleurs de six tamines , odeur d'ail. Jamaque. ( Vivace. ) Histoire naturelle. Cette plante est fort commune ( a66 ) la Jamaque) la Barbade et dans la plupart des les de l'Amrique, o elle erot a l'ombre des bois et dans les prairies. Comme cette plante , dit Miller, supporte bien la scheresse, elle se conserve verte, tandis que les autres sont brles par l'ardeur du soleil \ ce qui fait que le btail s'en nourrit; mais son odeur tant trop forte , et sa saveur un peu approchante de celle de l'ail , le lait des vaches qui en mangent la mme qualit*, les animaux qu'on gorge, lorsqu'ils en sont rassasis , ont un got dsagrable et leur chair ne vaut rien. On se sert particulirement des racines pour carter des habits et des toffes de laine les insectes qui les attaquent. Leur odeur est si pntrante que, quand on les manie , elle reste long-temps aux doigts. (Encycl.) Caractres physiques. La Petivre alliace a une odeur forte , extrmement pntrante. Ses racines sont paisses, tenaces , fibreuses , flexueuses, s'tendent au loin et p- ntrent profondment dans la terre. Il s'en lve des tiges hautes de deux ou trois pieds, noueuses, frutes- centes leur base , garnies de feuilles alternes , ptioles, ovales , oblongues , rtrcies leurs deux extrmits , persistantes , entires leurs bords , aigus leur som- met, longues de trois pouces sur un et demi de large , d'un vert fonc, veines et supportes par des ptioles fort courts. Les fleurs naissent en pis grles aux extrmits des branches -, elles sont distantes , fort petites , peu appa- rentes et blanchtres. Leur calice est infrieur , un peu rude au toucher, et se divise en quatre folioles courtes et obtuses:, il n'y a point de corolle, moins qu'on ne la suppose adne avec le calice. Les filamens des tami- ( ^ 6 7 ) ns sont blancs , les anthres oblongues , bifides leurs deux extrmits. Le style prend son origine la base de l'ovaire -, il est plac latralement dans le sillon longi- tudinal de ce mme ovaire , et se termine par plusieurs stigmates runis en forme de pinceau, ce qui a fait pr- sumer qu'il y avait plusieurs styles. Les semences n'ont point de pricarpe. Il n'y en a qu'une seule dans chaque fleur , obtuse et presque tronque son sommet , qui est garni de quatre crochets fortement recourbs, dont deux sont plus levs et plus longs que les autres. (Encycl. ) Analyse chimique. Cette plante contient du soufre , et une huile aromatique trs -pesante , de couleur ci- trine, et trs-voiatile. La saveur en est acre et mme caus- tique, car elle est vsicante. On retire aussi du suc de la plante du mucilage et de l'albumine. Les cendres four- nissent plusieurs sels, tels que de potasse, d'alun, du phosphate de chaux. Proprits mdicinales. La Peti vre alliace augmente la scrtion de l'urine et provoque la transpiration , ce qui la fait employer dans e3 fivres de mauvais caractre. C'est, dit-on, un trs-bon vermifuge, un excellent expec- torant et un parfait hydragogue. Quelques praticiens em- ploient cette Petivre dans les ischuries spasmodiques et en injections contre les suffocations de l'utrus. Poupe- Desporteslaprescrivaitdanslestraitemensdesgonorrhes et desflueurs blanches. Prenez, dit-il, de la limaille d'a- cier , une once-, du sel ammoniac , demi-gros-, suspendez la limaille dans un nouet -, des corces d'oranger sauvage et de liane savon, de gommier et de bois marie, de chacun une pince ; des racines de verveine puante , une ( 2(8 ) demi-pince ; faites-les bouillir dans trois chopines d'eau jusqu' la diminution d'un tiers. On emploie de la mme manire et aux mmes usages , dans les colonies , la sauge puante, solarium frutescens altissimuruftidum, conyz foliis majoibus , baccis luteis. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-QUATORZE. La plante est rduite moiti de sa grandeur. t. i. Fleurs. 2. Calice *l> "/ G R R NAD I UL F K TID'H . /''-.'. j'y///' ( *9) ^^^vv^^\^vvvvlVv^vv\vv^vv^\\^vv^vv^^^v\^vv\\^^'VV\vv^vv%vv^vvvvv\xv^v\>vv^ ) |>^\av^^\v\vv\v^wt1Vlvvtwvv\^^^vwvwvvvtwk\vvitvtva^wv\\^v\\t'\\l\vttv^\\'tt^w\\\wk MELONGENE DORE. (antispasmodique narcotique. ) Synonymie. Morelle de Quito. Vulg. Orange de Quito. Solanum quitoense. Larn. Lin. Pentandrie monogynie. Jussieu, famille des Solanes. Solanum quitoense, an- gulatum , Melongena aurea. Lycopersieon arborescens, foliis angulatis, fructu aureo. Plum. Catal., page 4- Solanum caule arboreo , inermi ; foliis ovatis, sinuato-re- pandis, Burm. PI. amer. 219, tab. 224. Lycopersieon arborescens foliis ovalibus dentatis petiolatis, caule angu- lato, fructibus amplissimis luteis aggregatis, et sessilibus j floribus luteis. D. Solanum inerme suffrutescens ; foliis subcordatis, dentato-angulatis , utrinque tomentosis : pe- tiolis nervisque purpurescentibus. Solanum amplissimo anguloso hirsutoque folio, fructu aureo, inaximo. Feuil- le , Pers. 3 , p. 61 , t. 46. ' Caractres gnriques des Solanes. Calice cinq divisions persistantes; corolle monoptale , ordinaire- ment rgulire, cinq divisions -, cinq (parfois quatre) tamines', un style', un stigmate; une capsule ou baie polysperme -, 2-4 loges supres ; feuilles alternes. Caractres particuliers. Cinq tamines anthres conniventes, s'ouvrant au sommet par deux pores , un stigmate simple ; une baie deux loges polyspermes , entoure la base par le calice persistant; graines gla- //J ? /.//> . . // ' 7'/><-<>,/i>rr /A j .i,/i///'//A ///.V Fve. i fru//> MOKLL IDOLEE ^ * ( 277 ) bres -, fleurs et fruit jaunes : feuilles ovales , crneles ; tige arborescente. Histoire naturelle. Le mot solarium, driv du verbe solari, calmer, indique assez les proprits anodines et stupfiantes des plantes qui composent la famille des So- lanes. La Mlongne dore se trouve galement au Mexique et aux Antilles. Le Pre Feuille, qui Ta sou- vent rencontre Lima et Quito , dit qu'on l'y appelle Orange de Quito. Les Indiens la mangent avec plaisir et sans le moindre inconvnient, ependant, le suc rcent et exprim froid de la pulpe est narcotique. Des plantes de ces bords seul et faible remde Dont l'effet passager assoupit les douleurs. Laharpe. Caractres physiques. La Mlongne dore s'lve la hauteur de cinq six pieds \ sa tige est roide , glabre , sans pines , assez forte et ligneuse 5 elle se divise en rameaux garnis de feuilles alternes , ptioles , entires , trs-velues , tant en dessus qu'eu dessous 5 elles sont presque en coeur , chancres , anguleuses \ chaque tube est termin par un angle saillant ; les ptioles , les ner- vures et quelquefois le dessous des feuilles vers les bords sont d'un violet pourpre trs-remarquable. Les feuilles du bas sont trs-graudes , elles ont plus d'un pied de longueur sur autant de largeur. Les fleurs, presque sessiles , sont portes sur un pdoncule commun divis en quatre cinq autres plus petits , et naissent sur les tiges proche l'insertion des feuilles 5 elles sont ramasses autour de la tige , et paraissent , au premier abord , y adhrer. La corolle est grande , divise en cinq parties Tome V. 95 e Livraison. 26 ( 7 8 ) oblongues , aigus ; elle est de couleur jaune en dedans et glace de violet en dessous. Le calice est d'une seule pice einq divisions aigus -, le fruit est une grosse baie , lgrement cannele , de la grosseur et de la couleur d'une petite Orange jaune dore , dont elle a galement la saveur. ( Encycl. ) Analyse chimique. Les fruits de cette Mlongne dore contiennent un principe odorant nausabond } une rsine jaune qui colore son enveloppe; un peu d'albumine, un principe mucoso-sucr et du malate de chaux. Proprits mdicinales. Lorsqu'il s'agit de diminuer et d'apaiser l'rthisme du systme nerveux, les malades se trouvent soulags par des bains gnraux , des fomen- tations et des clystres composs avec la dcoction des feuilles de cette Morelle. Les fleurs se prennent en in- fusion thiforme et agissent aussi comme anti-spasmodi- ques. Ces bains sont trs-utiles dans le traitement du ttanos. Le suc ou l'extrait des fruits est anodin ou stimu- lant, suivant la dose laquelle on le prescrit. La partie narcotique a une proprit minemment excitante. Mode d'administration. La dose pour les dcoctions que l'on doit employer extrieurement est ordinairement d'une poigne pour deux litres d'eau. Celle de l'extrait sec, depuis un grain jusqu' cinq, mais graduellement et suivant la concentration de l'extrait. explication de la planche trois cent soixante-dix-sept. Le dessin est rduit au tiers de sa grandeur. i. Fleur non panouie. ojf Aw /V ,>'-/>' ''> VWlWVWWVVWWWWVWlWWV MORELLE CERASIFORME. ( Antispasmodique narcotique. ) Synonymie. Tomate fruits velus. Solanum racemosum Cerasorum forma. Banh. , Pin. 167 , Prods. 90. Solanum raraosum , Lam. 3, n. 23i4 Lin., Pentandrie raono- gynie. Tournefort, Infundibuliformes. Jussieu , famille des Solanes. Solanum caule inermi , frutescente; foliis lanceolatis, rpandis, undulatis; racemis longis reetis.Jacq. Amer., 5o , tab. 36. Solanum racemosum, caule inermi, fruticoso , foliis ovato-integerrimis , subts tomentosis , umbellis erectis terminalibus, calyeibus obtusis lanugi- nosis? Mil. Dict. 28. Caractres gnriques des Morelles. Genre de plan- tes fleurs monoptales , de la famille des Solanes , comprenant des herbes , sous-arbrisseaux et arbrisseaux , tant indignes qu'exotiques , dont les feuilles sont sim- ples , ou gmines , ou ailes avec impaire \ les fleurs en forme de cloche et le fruit une baie. Les fleurs ont une corolle en roue -, les anthres souvent runies, s'ouvrant au sommet par deux trous, et pour fruit une baie deux loges. Caractres particuliers. Fruits en forme de cerise, velus avant leur maturit. Histoire naturelle. La Morelle crasiforme croit dans 26 ' ( s>8o ) les bois et dans les montagnes de la Martinique, de la Guadeloupe et des autres les Antilles. Les fruits de cette plante remplacent ceux de la Tomate herbace fruits ronds, dont la baie rouge et molle est remplie, comme on le sait , d'un suc acide et agrable. On la cultive dans les les espagnoles et portugaises, pour user de ses fruits que Ton ajoute aux ragots de viande , de volaille , de poisson frais ou sal, et que l'on confit dans le vinai- gre lorsqu'ils sont jeunes -, mais il ne faut pas en manger en trop grande quantit , car ils excitent , haute dose, une ardeur brlante au fond de Parrire-bouche. Comme la cerise , Elle offre l'il surpris sa robe diapre. Caractres physiques. Cette Morelle est un sous-ar- brisseau d'environ quatre pieds , dont la tige est recou- verte d'une corce d'un brun clair, et qui se divise en plusieurs branches irrgulires , garnies de feuilles lui- santes, ptioles , alternes, troites, lancoles, sinues leurs bords, d'environ quatre pouces de longueur. Les fleurs viennent en grappes allonges } elles sont places sur un pdoncule commun, simple, loignes les unes des autres au moyen d'un pdoncule particulier qui reste droit jusqu'au moment de la chute des fleurs 5 il se courbe ds que le fruit commence grossir. La corolle est d'un blanc de lait , ou violette , divise trs-profondment en dcoupures oblongues , lancoles. Les baies sont de la grosseur d'une cerise d'Europe , d'un beau rouge de minium qui contraste agrablement avec le beau vert luisant des feuilles. (Encyc.) Analyse chimique. Les baies ont produit une subs- ( 8i ) tance volatile dune odeur vireuse; une matire rsi- neuse de couleur rouge qu'a fournie l'enveloppe -, un acide et un principe mucoso-sucr. Proprits mdicinales. J'ai dj fait observer que les fruits rouges des Solanes n'taient point vnneux, parce qu'ils contiennent un acide qui neutralise l'alcali vgtal dltre qui se trouve dans cette famille. Les fruits servent d'aliment , ou plutt de condiment , et pro- duisent un bon efet lorsqu'on les associe aux viandes fumes ou poissons sals. Ces mmes fruits sont employs en cataplasmes contre les ophtalmies aigus et les furon- cles. Les tiges et le feuillage, d'une odeur pntrante et dsagrable , servent dans les dcoctions , lavemens et bains qu'on prescrit dans les affections nerveuses, telles que le ttanos , les mouvemens convulsifs , la ehore , etc. Les colons font infuser les baies dans de l'huile d'olive ou de ssame ooli , et se servent de cette prparation pour les contusions, les tumeurs, le rhumatisme et la scia- tique. C'est un trs-bon rsolutif et un anodin qui jouit aux les d'une rputatiou non usurpe. Le suc de la plante est anti-phlogistique et employ contre les inflam- mations extrieures. On l'applique en fomentation-, en un mot , on en fait des applications anodines sur les can- cers ulcrs , sur les hmorrodes et sur les brlures. EXPLICATION DELA PLANCHE TROIS CENT SOIXANTE-DIX HUIT. La plante est rduite moiti de sa grandeur. 1. Baie ouverte de grosseur naturelle, 2. Graine. ( 38'2 ) WWW W w WWW> WWW Vi\V, WWWWVWI tVv\>vw W\Y> w< W\ w\W WwWw v. www\v> WVW RCLXELLE A FEUILLES DE CHARME. {Antispasmodique narcotique. ) Synonymie. Vulg. Manihot feuilles d'orme. Acalypha carpinifolia. Lin., Moncie monadelphie. Jussieu , famille des Euphorbes. Acalypha foliis lanceolatis , gla- bris, serratis , acuminatis; spicis filiformibus, axillaribus ; caule arboreo. Lamarck, Acalypha foliis oblongis, serratis, caulinis oppositis, rameis alternis; spicis masculinis, late- ralibus. Burm. Amer., p. i65, tab. 172 , fig. 1. Manihot ulmifolio ampliore et angustiorc , Plum. Catal. , p. 20. Tourn. Inst., R. Herb. 658. Caractres gnriques des Ricinelles. Genre de plantes dicotyldones , fleurs incompltes , monoques, comprenant des herbes ou arbrisseaux exotiques l'Eu- rope , feuilles alternes , stipulaces , les fleurs axillaires , disposes en pis. Les fleurs suprieures mles 5 les in- frieures femelles. Fleurs mles. Un calice trois divi- sions profondes 5 point de corolle ; de huit seize tamines monadelphiques leur base. Fleurs femelles. Trois styles 5 une capsule trois coques , trois loges , renfermant cha- cune une semence. Caractres particuliers. Involucres femelles , trs- petits , dents, velus*, pis allongs; feuilles ovales, aigus, dentes en scie, plus longues que le ptiole. 7 //r,i (/,>/f //<;ir/>///-///-. /'/s/.v fi-r<"<- , fieu^p WIVIS&VI& A PETIOLE S DE CHARME ( 2 83 ) Histoire naturelle. Cette plante qu'on trouve sur les bords des forets Hati , la Jamaque et autres les A titilles , y jouit , en rputation , des proprits de la Mer- curiale d'Europe. Cette plante est encore une de celles que les makendals ( sorciers du pays) emploient dans leurs compositions mystiques pour livrer la torpeur leurs initis. Un engourdissement progressif s'empare d'eux, ils prouvent une extase dlicieuse qu'ils regrettent. C'est le cas de dire : Ma tte sur des fleurs tombe avec nonchalance; Et du plus doux zphir je me sens caresser. Ma paupire demi commence s'abaisser... S'abaisse... tout s'teint... tout se tait... Je sommeille. De Font nes. Caractres physiques. La Ricinelle feuilles de charme est une plante ligneuse, dont les branches sont glabres, noueuses , divises en rameaux alternes , effils, garnis de feuilles alternes, ptioles, assez semblables celles du charme, lancoles, plus ou moins larges; les suprieures troites, glabres, acumines , dentes en scie leurs bords, nervures latrales, obliques. Les ptioles sont courts et droits. Les fleurs mles sont disposes en pis grles , presque filiformes, latraux, axillaires, alternes, solitaires, char- gs de trs-petites fleurs blanches sur un pi rouge bril- lant. Les fleurs femelles , de la mme couleur, sont mo- noptales, creuses au centre et rayons flexueux. Elles sont places sur des pis solitaires , terminaux , entre deux rameaux opposs et bifurques , tandis que les autres sont alternes. Ces fleurs sont munies de bractes palmes. ( '.8/, ) Les semences sont anguleuses et renfermes dans des capsules pdoncules , toruleuses , sphriques , sur- montes de six styles et plus, et de cinq loges bivalves. Analyse chimique. Cette Ricinelle offre une odeur fade et nauseuse ; on lui reconnat au got une saveur amre, sale et trs-dsagrable, qui la fait souponner doue de proprits suspectes. Elle contient baucoup de muci- lage d'une odeur repoussante. Proprits mdicinales. On ne doit administrer cette Ricinelle qu'extrieurement, car elle participe des Eu- phorbes 5 on la prescrit ordinairement en cataplasmes , comme fondante et rsolutive, et mme molliente , puisque les Noirs l'appliquent en topique sur les hernies trangles. Son usage le moins incontestable est en la- vemens et en injections , dans le premier cas pour l'hypocondrie , et dans le second contre les affections spasmodiques de l'utrus. Cette dcoction dissout et vacue les matires visqueuses et tenaces qui irritent pniblement les membranes muqueuses de ces parties, et disposent au spleen , l'hypocondrie et aux vapeurs hystriques. On conoit que ce mode d'administration de la plante convient dans l'hydropisie, l'atonie viscrale, la chlorose et l'ischurie spasmodique. Mode d'administration. La dose est d'une poigne de la plante pour deux livres d'eau bouillante. explication de la planche trois cent soixante-dix-neuf. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur naturelle. i . Fleur mle. 2. Fleur femelle. 3. Fruit trigone. ,, / //> /'/ . . >. '', > jTAodorc /)c.tr<>tts-/i/-\ _/'r/>.r- y'iVr'C tJcu> AWEM (XN E BU 31 EXXOTJE ( 285 ) \.\> \\\\V\ VW W> \WV\ WV>'VV\ f. 5. Caractres gnriques. Calice caduc, ordinairement diphylle; corolle communment ttraptale , tamines indfinies ou dfinies ; un ovaire ; un style ou stigmate ; une capsule ou silique; graines attaches aux cloisons de capsule -, tiges herbaces , rarement ligneuses ; feuilles alternes. (Lam.) Caractres particuliers. Etamines indfinies , an- thres , attaches le long des bords des filets ; calice, trois folioles concaves, aigus, caduques; corolle 5 cinq ou six ptales arrondis au sommet ; style ou stigmate obtus; capsule pentagone; une, trois, quatre, cinq ou sept valves ; rceptacles en parois ; feuilles pineuses. Les Argemones, quoiqu'ayant beaucoup de rapport avec ( 286 ) les pavots , en diffrent cependant en ce que leur calice a plus de deux pices ; leur corolle plus de quatre ptales, et leur capsule des demi-battans trs-distincts. Histoire naturelle. Cette jolie plante bisannuelle , qui, selon Lamarck, tire son nom d'aiyema, taie de l'il, est la seule Papavrace que j'aie rencontre aux Antilles o elle fait l'ornement des champs et des chemins , et o on lui donne le nom de Chardon bnit , par loge pour ses diverses proprits mdicales. Son odeur vi- reuse m'ayant fait souponner quelle contenait une vertu narcotique que les voyageurs ne lui avaient pas reconnue, j'eus occasion d'en faire usage , en bains de vapeurs , dans une otite dont un serviteur fidle de madame de Saint-H.... , habitante de Saint-Domingue, tait doulou- reusement tourment. Sa belle matresse voulut elle- mme cooprer au prompt soulagement d'Aza, heureux Ngre ! Pour toi sa main d'albtre et choisit et moissonne L'Urne adoucissante et l'utile Argemone. Tissot. Les douleurs se calmrent comme par miracle : Et le sommeil enfin , suivi du doux repos, Laissa tomber sans bruit ses tranquilles pavots. COLARDEAU. Thunberg (Voyage au Japon) dit que les Indiens, au lieu de mcher l'opium comme les Turcs, forment avec une espce de chapiteau dont ils recouvrent leurs pipes charges de tabac , et qu'ils respirent h longs traits la fume qui s'en exhale , et qui , doublement enivrante , ( 7 ) les jette dans un tat dlicieux d'ivresse et d'tourdisse- ment, mais que si cet usage est trop prolong , leur tat de stupeur est remplac par une fureur qui devient fr- ntique et que les lois savent punir. C'est un stimulant puissant pour les facults morales et physiques puises par des jouissances portes excs. Indpendamment des proprits mdicales de l'Arge- mone que je dcrirai plus bas, les makendals ou magi- ciens des Ngres endorment au milieu de leurs oprations mystrieuses et insenses , les proslytes assez faibles pour croire leurs jongleries dgotantes. ( Voyez mes Voyages d'un naturaliste, T. III, p. 180.) Caractres physiques. L'Argemone est une fort jolie plante herbace dont les racines sont fibreuses. Sa tige droite, cylindrique, rameuse, feuille , garnie de petites pines et remplie de moelle blanche, s'lve la hauteur de quinze dix-huit pouces. Ses feuilles, semblables celles du pavot, sont alternes, amplexicaules, oblongues, dcoupes ou roncines latralement , anguleuses en leurs dcoupures , pineuses sur leurs nervures et en leurs bords , vertes en dessus , tachetes de blanc laiteux sur leurs nervures, et d'une couleur glauque en dessous. Elles ont quatre cinq pouces de longueur sur environ deux pouces de large. Les rieurs sont terminales, jaunes, solitaires sur chaque pdoncule , composes de cinq six grands ptales ar- rondis , soutenus par un calice de trois feuilles concaves. Leur bouton non ouvert prsente son sommet trois cornes droites et pineuses , formes par les pointes de ( 288 ) chaque feuille du calice. Le pistil , qui est accompagn d'un grand nombre d'tamines, devient une capsuedroite, hrisse d'pines jauntres, n'ayant qu'une loge releve de cinq six rotes dans la longueur et qui s'ouvrent par le sommet. Chaque angle est garni d'un placenta troit auquel sont attaches des semences rondes et noires. Cette plante fleurit en janvier, fvrier et mars. Analyse chimique. L'Argemone, ainsi que les pavots, contient un suc laiteux et jaune qui s'coule de toutes les parties de la plante la moindre incision. Ce suc a l'odeur vireuse et la saveur amre de l'opium qu'il rem- place aux colonies. Il est gommo-rsineux; il est soluble dans l'eau et l'alcool. La dcoction de la fleur contient beaucoup de mucilage. Proprits mdicinales. Aprs l'application d'une saigne gnrale ou locale lorsque la peau devient moite, les fleurs d'Argemone , doues de proprits anodines , pectorales et somnifres, produisent des effets salutaires dans les inflammations de la gorge ou de la poitrine, et lorsqu'elles sont associes aux Malvaces dans les pleu- rsies. Son extrait aqueux est secourable jdans les affec- tions ttaniques , dans l'pilepsie nerveuse des enfans, leurs toux convulsives et autres maladies spasmodiques qui rclament des prparations opiaces. Pour l'ext- rieur j'ajoutais des feuilles et fleurs d'Argemone aux injections anodines , propres calmer les douleurs br- lantes et aigus des pustules vnriennes. Les graines sont purgatives et ont, parmi les liabitans des colonies , la rputation d'tre utiles dans les diar- rhes et les dysenteries. Les feuilles contuses et ap- ( *8 9 ) pliques extrieurement apaisent les douleurs cpba- lalgiques et celles des opthalmies. Comme l'Argemone provoque la sueur et le sommeil, on en associe les fleurs aux diaphortiques , et le sirop aux potions calmantes. Le vin de Madre, dans lequel on a laiss en macration l'Argemone, dissipe les taies de la corne et les verrues. Mode d'administration. Les prparations les plus usites de l'Argemone sont : i l'infusion tbiforme d'une pince de fleurs par livre d'eau, qu'on dulcore suivaut les cas ; i le sirop qui se fait en ajoutant du sucre une forte infusion de la fleur et laissant cuire jusqu' consis- tance convenable, la dose est de deux gros une once; 3 l'extrait aqueux qu'on obtient des capsules bouillies dans l'eau qu'on laisse convenablement vaporer. Une once de capsules traite selon l'art fournit un gros d'ex- trait : cet extrait se donne depuis deux jusqu' quatre grains. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT QUATRE-VINGT. Le dessin est rduit moiti de sa grandeur. 1. Capsule entr'ouverte. 2. Graine de grosseur ordinaire. 3. La mme vue au microscope. FIN DU CINQUIEME VOLUME. ( 2 9 ) TABLE DES MATIRES CONTENUES DANS LE CINQUIEME VOLUME. Soixante-dix-septime livraison . Planche p g r - Sommaire des rafrachissantes aqueuses. ... i Courge paslque 3o5 4 Laitue du Canada 3o6 9 Amaranthe olerace 307 j5 Morelle Laman 3o8 17 Soixante-dix-huitime livraison . Cisse Liane eau 3og 21 Vigne cotonneuse 3io a5 chit feuilles larges 3n 29 Phitolacca dix tamines 3ia 52 Soixante-dix-neuvime livraison. Poivrier feuilles obtuses 3i3 37 Amaranthe pineuse 3i4 4i Inga sucrin 3i5 44 Jamboisier pomme-rose 3i6 49 Quatre-vingtime livraison. Pharnace feuilles de pquerette 3i7 53 Calebassier comestible 3i8 57 Hoseau quenouilles 319 61 Amaranthinc globuleuse 520 t>6 Quatre-vingt-unime livraison . Melon sucr vert 3a 1 69 Courge Giraumon verrues 022 74 Courge Giraumon vein 523 79 Courge Ptisson 5a4 82 C 2 9* ) Quatre-vingt-deuxime livraison . Planches. Pages. 85 Courge Calebasse trangle 325 Courge Ppon limbe droit. ...... 3a6 89 Concombre Arada 327 91 Concombre Cristophine 328 94 Quatre-vingt-trois ime livra ison . Concombre sauvage pineux d'Amrique. . . 329 97 Angourie trois feuilles 35o 100 Sicyote lacinie 33i 100 Litchi ponceau 352 106 Quatre-v ingt- q u atrim e livra ison . Carambolier cylindrique 333 no Carambolier axillaire 354 n3 Carambolier fruits ronds 335 116 Mombain fruits rouges 536 119 Quatre-vingt-cinquime livraison. Oranger limon 337 123 Oranger doux de la Chine 338 127 Citronnier doux 339 i3i Couroupite de la Guiane 54o 1 35 Quatre-vingt-sixime livraison . Ananas rouge 54i i4i Ananas jaune 542 i45 Cyroyer 545 i4g Bgone luisante 544 i53 Quatre-vingt-septime livraison. Mlastome hriss ( Groseiller pineux ). . . . 345 167 Sapotiller noir ( contrevent ) 346 160 Coquemollier. 347 *63 Achit trifoli 348 166 Quatre vingt-huitime livraison. Grenadille polyphille 549 169 Grenadille carlate 35o 172 Grenadille Heurs crispes 35 1 175 Raisinier fruits blancs 352 178 ( ?9 2 ) Quatre-vingt-neuvime livraison . Planche*. Page. Sommaire des nnti-spasmodiques 181 Laurier camphrier 355 i83 Valriane paniculc 354 189 Cprier siliques rouges 355 199 Aristoloche odorante 356 196 Quatre-vingt- dixime livraison . Oranger sauvage 557 200 Gui flagcllifonne. . . ' 358 2o4 Courbaril diphylle 35g 208 Myrosperme pdicelle'. 36o 21 3 Quatre-vingt-onzime livraison. Ketmie musque 36i 217 Angrec rouge 36* 221 Conize lobe 363 225 Goyavier aromatique 364 229 Quatre-vingt-douzime livraison. Tilleul argent feuilles arrondies 365 235 Croton feuilles de noisetier (Bois de laurier). . 366 237 Toque de la Havane 367 24o Calabure soyeux 568 245 Quatre-vingt-treizime livraison . Monarde carlate. 56g 246 Camara piquant 070 2 5o Dracocphale cataleptique 371 255 Dracocphale trifolie (Mlisse de Moldavie). . 572 258 Quatre- vingt- q u atorzime livraison . Cprier ferrugineux 573 261 Petivre alliace 574 265 Passiflorejetide 375 269 Pittone feuilles' de Nicotiane. .... . . 376 275 Quatre-vingt-quinzime livraison . Mlongne dore 577 276 Morelle crasiforme 578 279 Ricinelle feuilles de Charme.J 379 282 Argemone des^ Antilles 58o 285 QK225 Descour New York Botanical Garden Lbrary D36 t.5 gen ilz Michel/Flore pittoresque et 3 5185 00135 6177